source : Audélia.B de tsniout.mag du 1er janvier 2012

Pas toujours évident de faire un choix entre ses propres convictions et des êtres proches ou chers. Le temps a passé chacun a grandi dans une bulle différente, vous faites le choix de la Tsniout, radical changement dans votre façon d’agir, d’être, de manger, de s’habiller. Bref vous vous renforcez dans la religion et les proches (familles et amis) ne vous suivent pas toujours dans vos choix.A la croisée des chemins comment ne pas couper les ponts avec le passé  mais surtout sans blesser son prochain ? Ne pas être forcé de changer sa vie pour vivre la torah. Prendre le train en marche sans laisser personne à quai…

Ne pas blesser son prochain : Exprimer le changement c’est une chose compréhensible, il s’agit ensuite d’éviter les maladresses face à l’autre qui vit dans un monde différent du votre. Ainsi, si nous nous approchons de plus près les Ecrits de notre Sainte Torah, nous pouvons apercevoir à plusieurs reprises l’insistance sur le fait de ne pas faire du mal à son prochain par l’acte ou la parole, ou par une remarque désobligeante. Ainsi dans la paracha Behar (‘houmach Sefer Vayikra), on remarque que la blessure morale infligée à son prochain est un véritable préjudice (nezek) pour ce dernier. Aussi, la Torah le rappelle (Paragraphe 25 ; 7, dans Behar) « Et vous ne léserez pas, pas un homme ou un semblable. Tu craindras Elokim : car Je suis Hashem ton D. » Comment expliquer ce point ? Rachi commente : une réflexion désagréable est considérée comme « onaa ». L’interdiction de vexer son prochain et l’interdiction de faire remarquer à l’autre une chose qui serait plutôt recommandable pour nous-même. En d’autres termes, si vous désirez faire teshouva ou, vous renforcer dans la religion veillez à analyser vos propres comportements. N’oubliez pas que religion ne doit pas rimer avec présomption. Et que si aujourd’hui vous êtes différents d’hier, vos amis et votre famille, ont besoin d’un temps d’adaptation.

Vos parents ne sont pas très pratiquants ? Expliquez les choses en douceur ou simplement avec clarté : inutile de tourner autour du pot, mais inutile d’être agressif non plus. Ainsi il est possible de dire  » maman, papa, je vis sous votre toit et je le respecte. Aujourd’hui j’ai décidé de respecter le shabbat, c’est pourquoi pour ne pas vous causer de tort je passerais ma journée chez un ami avec lequel j’étudierais la Torah. Je me joindrais à vous pour les repas si vous n’y voyez pas d’inconvénient ». C’est un bon compromis, car le repas reste familial, mais la journée est consacrée au oneg et aux activités plus spirituelles. Même si vos parents « piquent une crise » et vous traitent « d’instable », ne répondez pas. Car sans le vouloir c’est l’obligation de respecter les parents (kiboud abahem) qui s’en verra offensée. Vous vous rendrez vite compte que devenir religieux et être confronté à des décisions opposées nous mènent parfois sans le vouloir vers la avéra (la faute) (blesser son prochain, manquer de respect à ses parents, manquer d’humilité, etc…) Donc prudence ! Et attention un interdit est un interdit, difficile d’utiliser la pratique de la religion comme « couverture » . Ainsi on ne pourra pas dire  » je l’ai blessé mais j’avais raison, untel est dans le issour (l’interdit) et Moi dans le Emèt (la vérité)  » car à quand bien meme vous auriez raison, vous n’êtes pas mieux qu’un autre, et surtout vous etes en ligne de mire lorsque vous faites un faux pas puisque vous vous revendiquer « pratiquant, religieux ou orthodoxe ». Attention donc au comportement. Aux yeux d’Hashem nous sommes avant tout Juifs. Ensuite il y a ceux qui sont nés dans la religion et sa pratique stricte, il y a ceux qui font un retour vers Hashem et ceux qui ne se sentent pas encore prêt.

Hier encore vous faisiez partie de cette dernière catégorie : ne l’oubliez pas, car les autres eux le savent et vous en feront la réflexion. Il ne faudrait pas que certains de vos amis qui vous appréciaient tant, puissent se dire un jour : « pour qui se prend il (elle) , maintenant qu’il (elle) est devenu religieux, il (elle) se croit au-dessus des autres ! Au contraire si vous prenez sur vous de changer votre vie par la religion, vous devenez un peu une référence pour les autres. Il est préférable d’entendre « c’est beau de le voir prier ainsi bh, j’espère un jour avoir la force d’en faire de même. »

Mais par-dessus tout si la religion vous donne des ailes ne vous en servez pas pour voler au-dessus des autres, car au-dessus de nos tetes Seul Hashem réside. Profitez plutot de cette aile pour prendre quelqu’un en dessous, l’épauler, et lui montrer que les religieux ne sont pas des ‘grands méchants loups remplis de préjugés »… Le monde est divisé en deux parties le bien et le mal, mais nous ne sommes pas si Manichéens. Nous pouvons changer de camp à tout moment.. Il n’y a qu’un pas de la avéra à la mitsva…entre les deux le fil du rasoir : gare à la coupure…

Laisser un commentaire