Ils sont nombreux les olim de France qui se retournent lorsque l’on prononce le nom de Chalom Wach ! Et pour cause, ce militant de l’alyah dirige depuis vingt ans un programme qui a permis à près de 800 familles de s’installer en Israël : l’Alyah de groupe.

Chalom Wach vit en Israël depuis l’âge de 15 ans. Il a fait ses études, l’armée, s’est battu pendant la guerre des Six jours et celle de Kippour. Il a également occupé les fonctions de maire de Kiryat Arba entre 1982 et 1990. Avec sa femme Liat, française d’origine elle aussi, ils ont toujours accordé une importance primordiale à faire venir les Juifs en Eretz Israël. Chalom Wach nous explique les fondements, les objectifs, les réussites de la lumière que lui et Liat apportent à l’obscurité de l’exil.

Le P’tit Hebdo : Comment l’idée de l’alyah de groupe est-elle née ?

Chalom Wach : Depuis que je vis en Israël, je suis resté très attaché au Bné Akiva, à l’idée d’Alyah. J’ai observé les questionnements, écouté les causes de l’indécision et petit à petit, le projet d’Alyah de groupe a germé. Je dois reconnaître que c’est mon épouse Liat qui en a eu l’idée. Cette formule est destinée prioritairement et quasi-exclusivement aux familles avec des enfants scolarisés. Pour nous, elle est la seule qui permette d’encourager les familles à faire leur alyah.

Lph : Pourquoi ? Qu’a-t-elle de spécifique ?

C.W. : Le programme Alyah de groupe est un véritable plan d’accompagnement dans toute la démarche qui mène à l’Alyah et même après. Nous donnons aux familles une structure, des formations, une préparation spirituelle, un soutien. Elles n’ont pas le sentiment qu’elles doivent se débrouiller toutes seules.

Lph : Comment cet accompagnement se traduit-il concrètement ?

C.W. : Nous effectuons un travail en amont, en France. Je m’y rends environ quatre mois par an. Je reçois chaque personne individuellement, selon des horaires très souples. Je me déplace dans de nombreuses villes de France pour rencontrer un maximum de personnes. Ceux qui s’inscrivent dans notre programme suivent un séminaire de préparation aux défis qui les attendent en Israël avec un accent mis sur l’aspect spirituel à la base de la démarche de l’alyah : qu’est-ce que le peuple ? Qu’est-ce qu’Eretz Israël ? Qu’est-ce que l’exil ? Quelle est la signification de l’espoir de la Rédemption ? Et bien d’autres sujets fondamentaux traités entre autres par Yoel Benharrouche et le Rav Aviner.

Un voyage d’études de sept jours en Israël est aussi prévu dans la phase de préparation. Pendant cette semaine, les personnes visitent les endroits dans lesquels elles pourront s’installer, les écoles où elles pourront scolariser leurs enfants, prennent des rendez-vous professionnels, rencontrent les communautés, les anciens olim et reçoivent toutes sortes d’informations.

Lph : Une fois sur place, existe-t-il un suivi de l’intégration de ces familles ?

C.W. : En général, elles s’installent dans la même région. Elles vont la plupart du temps dans la région du Binyamin ou vers Hadera, Natanya et même Jérusalem. Pour celles qui veulent habiter la ville, nous les mettons en contact avec des agents immobiliers. Nous leur proposons aussi de s’installer dans des villages dans lesquels une maison leur sera réservée. Quoi qu’il en soit, nous préparons leur arrivée : ces familles sont attendues sur place, à l’école, dans les synagogues, elles disposent d’une véritable communauté d’intégration.

Lph : On dit pourtant que c’est difficile pour une famille de faire son alyah.

C.W. : Je ne le crois pas. Sur 800 familles qui sont montées par le biais de l’Alyah de groupe seule une quinzaine sont reparties, ce qui fait une réussite de 98 % ! L’Alyah de groupe est une plaque porteuse, la formule par excellence pour les familles de France. C’est la preuve que tous les Juifs peuvent et doivent monter en Israël et réussir leur intégration.

Lph : Que répondez-vous à l’Agence Juive qui a décidé de ne plus encourager l’alyah des familles de France et de se concentrer sur la jeunesse célibataire ?

C.W. : Pour moi, l’Agence Juive porte une lourde responsabilité. Leur discours revient à dire que les Juifs de France, passé un certain âge et ayant un certain statut sont « fichus » ?! Ils ne peuvent plus rêver d’Eretz Israël ?! Leur réaction est infantile, fausse et même cruelle ! La preuve, c’est que nous réussissons à faire monter des familles qui réussissent très bien leur intégration. L’Agence Juive ne s’est jamais distinguée que par sa capacité à faire des campagnes de publicité ou organiser des salons en France. Cela fait 25 ans qu’ils n’encouragent pas l’alyah de façon militante et  »agressive ». Le sionisme a commencé avec l’exil : nous devons faire revenir tous ceux qui rêvent de Sion et de Jérusalem.

Lph : Vous ne coopérez pas du tout avec l’Agence Juive ?

C.W. : L’Agence Juive en France ne nous soutient plus depuis longtemps. En revanche, nous collaborons avec le bureau central de l’Agence Juive à Jérusalem. Nous sommes aussi subventionnés par le ministère de l’Intégration et nous avons des contrats avec l’Organisation Sioniste Mondiale.

Lph : Combien de personnes travaillent-elles pour le programme  »Alyah de groupe » ?

C.W. : Nous sommes trois ou quatre personnes à porter ce projet. En France, je suis presque seul. Mais il faut souligner le rôle militant des anciens de notre programme qui nous épaulent partout dans le pays. Nous faisons très peu de publicité, la bonne parole des anciens et leurs témoignages suffisent. Nous disposons aussi partout d’un représentant du ministère de l’Intégration.

Lph : Comment l’alyah de France se porte-t-elle aujourd’hui ?

C.W. : En ce qui concerne mon programme, je peux vous annoncer que cette année, nous aurons deux fois plus de familles qui monteront que l’année passée. Ce sont 60 familles qui se préparent à faire leur alyah ! Alors que depuis vingt ans nous organisons deux groupes d’alyah par an, cette année nous nous posons la question d’un troisième groupe.

Lph : Les Juifs de France montent-ils pour des raisons  »positives » ou par crainte ?

C.W. : L’alyah de France a toujours été positive. Le problème est que les Juifs de France sont gâtés, donc un peu longs à se décider. Des événements comme le drame de Toulouse ou la situation économique difficile en Europe réveillent les consciences endormies mais ne sont pas les raisons principales de l’alyah. Ceux qui ne quittent pas la France pour des raisons positives ne vont pas en Israël, ils vont au Canada ou aux États-Unis.

Lph : En cette veille de Hanoucca, voyez-vous votre action comme la lumière qui chasse l’obscurité ?

C.W. : Depuis que nous sommes revenus en Israël, nous vivons Hanoucca différemment. Nous allumons les bougies selon la halakha : nous les voyons partout, le miracle se propage réellement. Hanoucca prend tout son sens en Israël. Lorsque les Maccabim ont rallumé le  »ner tamid » dans le Beit Hamikdash, lorsqu’ils ont rallumé la Menorah, cela venait sonner la fin de tous les événements, de toute l’histoire de Hanoucca : la She’hina était de retour en Eretz Israël. Souvenons nous : quelques centaines de Juifs se sont levés contre l’Empire le plus puissant du monde et l’ont fait crouler. Le miracle de Hanoucca est symbolisé par la lumière, mais en réalité, le miracle ce sont toutes ces batailles, le miracle c’est que le peuple Juif a pris en main sa destinée ! Se battre n’est pas le contraire de la foi : si les efforts que l’on fournit sont conformes à la volonté de D’ieu alors à la fin une lumière brillera. L’Alyah de groupe c’est cela : des gens qui se disent « J’ai peur, mais je prends l’initiative, je surmonte ! », et Hachem les regarde avec beaucoup d’amour allumer cette nouvelle lumière.

Pour plus de renseignements : www.alyadegroupe.com

 Guitel Ben-Ishay
http://www.leptithebdo.net/

 

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