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Le « Harlem Shake » enflamme la Tunisie

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Le « Harlem Shake » enflamme la Tunisie

Le débat autour de la danse cocasse « Harlem Shake » n’est pas près de s’arrêter en Tunisie.

Alors que des jeunes étudiants se préparent pour une représentation du spectacle en face du ministère de l’éducation ce vendredi 1er  mars, cette controverse se poursuit et témoigne d’une profonde division de la société tunisienne.

Des jeunes Tunisiens ont prévu une mise en scène du buzz planétaire « Harlem Shake » devant le ministère de l’éducation, ce vendredi 1er  mars. Une danse qui fait scandale. Elle est devenue en quelques jours un sujet central de querelle. Les islamistes la dénoncent comme indécente mais la jeunesse laïque milite pour sa liberté d’expression.

Tout a commencé mercredi 27 février par un échange d’invectives et de coups dans une école de Tunis, l’Institut des langues Bourguiba de la cité El Khadra. Étudiants et salafistes se sont affrontés autour de la mise en scène d’un « Harlem Shake ». « Dégage, dégage ! », ont scandé plus de 200 étudiants dans la cour de l’Institut. Leur cible, une dizaine de salafistes venus les dissuader d’exécuter cette danse qu’il qualifie de « haram », c’est-à-dire interdite par l’islam.

Pour les enseignants de l’école, cette opposition entre jeunes laïcs et tenants du puritanisme, témoigne des tensions actuelles dans le pays.« C’est un échantillon de ce qui se passe en Tunisie. Une minorité est prête à avoir recours à la violence pour imposer ses lois », relève Manoubia Ben Ghadahem, professeur de français. « La danse est un moyen d’expression et ce genre de mises en scène ne fait mal à personne ! », explique sa collègue Imen Gamoudi.

« HARLEM SHAKE », UNE DANSE « INDÉCENTE »

Le « Harlem Shake » représente une danse faite par un groupe de personnes souvent vêtues de costumes, se dandinant de manière loufoque sur le morceau « Harlem Shake » du compositeur de musique électronique américain, Baauer. En février 2013 une vidéo sur le site YouTube d’un groupe d’amis interprétant la chorégraphie est devenu un phénomène mondial. Depuis, un grand nombre de versions existent, cumulant des dizaines de millions de vues.

Si le « Harlem Shake » suscite tant de résistance auprès des islamistes, c’est que, dans différentes versions tunisiennes, des jeunes y dansent en sous-vêtements et d’autres simulent des actes sexuels. La mouvance radicale a commencé à se mobiliser dans la rue, comme sur les réseaux sociaux, contre la danse en raison de son caractère « indécent ».

Une vidéo avait déjà poussé dimanche 24 février le ministre de l’éducation, Abdellatif Abid, à ordonner une enquête dans un lycée de Tunis. Une initiative qui lui a valu les critiques de la blogosphère et le piratage du site ministériel. Toujours dans la même semaine, à Sousse dans l’est du pays, des adolescents, en colère car interdit de se mettre en scène par leur proviseur, ont affronté les forces de l’ordre, blessant deux policiers.

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