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Dov Maïmon, le stratège de l’alyah française

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Dov Maïmon, le stratège de l’alyah française

Ce chercheur en prospective est à l’origine d’une étude sur le déclin du judaïsme européen et d’un « plan massif » pour les Juifs de France

« Qu’a fait Joseph quand Pharaon l’a nommé Premier ministre ? Il lui a donné un business plan ! ». Cette phrase résume bien Dov Maïmon, l’un des chercheurs en chef du JPPI.

« Ici on travaille sur l’avenir du peuple juif » lance-t-il : le décor est planté… Nous sommes au Jewish People Policy Institute, un think-tank [groupe d’experts] de chercheurs en prospective sur le monde juif, au milieu des divers bâtiments qui composent l’Université hébraïque de Jérusalem à Givat Ram.

« J’ai tout fait pour ne pas être médiatisé, » avoue-t-il. Mais par la force des choses, Dov Maïmon l’est un peu devenu. En particulier après son passage à « Complément d’enquête », l’émission de France 2. On a pu y voir le chercheur (mais est-ce bien le mot adéquat ?) présenter ses recherches de prospective sur l’avenir des Juifs en Europe devant un public parisien conquis, mais sans doute aussi très inquiet.

Il en est désormais parfaitement convaincu : « Nous nous approchons doucement de la fin du judaïsme européen ».

L’événement majeur qui se profile, c’est une immigration française massive en Israël qui correspond selon les termes de Maïmon à une « opportunité historique ». Il a donc écrit un « plan » pour les Juifs de France qu’il a même présenté à Benjamin Netanyahu.

Maïmon se dit convaincu qu’en se battant dans toutes les directions, l’Etat d’Israël pourra faire venir des dizaines de milliers de Juifs de France « avec leur capacité et leur dignité » – il le martèle – à la différence de ceux qui ont quitté et bien souvent fui l’Afrique du Nord il y a cinquante ans.

« Rosh Gadol »
Derrière sa barbe poivre et sel, sa kippah noire et son regard malicieux, Dov Maïmon, 53 ans, a plus d’une corde à son arc. Rosh Gadol… en hébreu « tête pensante ». Avec un parcours étonnant où l’idéalisme se mêle à l’éclectisme.

Descendant d’une famille de rabbins tunisiens, élevé dans une famille religieuse mais ouverte sur le monde, il décide après ses années à Yavné et au Betar de s’installer en Israël, dans « ce pays qu’il fallait créer pour mettre fin à 2 000 ans d’errance, » pour reprendre une phrase de Natan Sharansky [directeur de l’Agence juive en Israël] qu’il affectionne particulièrement.

Années studieuses dans des yeshivot de Jérusalem, service militaire puis le Technion de Haïfa « parce qu’il fallait bien labourer la terre. Comme un pionnier, je voulais assécher les marais et construire le pays. »

Avec son idéalisme pur sucre, Maïmon devient ingénieur en génie rural, spécialiste du développement rural et de l’assèchement des marais. Mais son talent il va l’exercer surtout à l’étranger en ouvrant des portes en Europe et en Afrique à des entreprises israéliennes.

« Comme un pionnier, je voulais assécher les marais et construire le pays ». Il part au Canada puis aux quatre coins du monde : « Je voulais créer des opportunités et des emplois pour Israël. J’étais tout le temps dans des avions. Et chaque jour en dehors de mon pays était une souffrance ».

Malgré tout, il reviendra quelques mois en France pour rejoindre la crème des businessmen internationaux en faisant un MBA à l’Insead et devenant un spécialiste de la gestion de projets.

Un homme de passerelles : Selon la formule de Maïmon, « le nouveau pionnierisme à partir des années 1990, ce n’était plus d’assécher des marais mais de créer des entreprises, des start-ups ».

Mais un événement, l’assassinat de Rabin en 1995, marque un tournant dans sa carrière et dans sa vie : « On a décidé de vivre sur le mode de l’être et non plus sur celui de l’avoir. On s’est installés dans un 40m2 à Mekor Baruch [un quartier orthodoxe situé derrière le marché de Mahané Yehuda] et c’est là que sont nés nos huit enfants ».

Quant au traumatisme ressenti en Israël à ce moment précis, il l’explique en termes métaphysiques : « On avait construit le corps du pays, il fallait désormais construire son âme ».

Fini les avions et les voyages. Fini le rôle de super VIP de la technologie israélienne. Dov Maïmon se recentre cette fois sur l’enseignement dans les universités – à Jérusalem et à Beer Sheva – et en particulier sur la vie associative.

« On avait construit le corps du pays, il fallait désormais construire son âme »

Avec l’association Yessodot [« Fondements »] qu’il met en place, il s’aventure sur le terrain du dialogue interculturel, crée des séminaires sur « religion et démocratie » et en fait le sens de son engagement sioniste : « Israël, ça reste un aquarium. Il faut réussir à passer de la mitoyenneté au vivre-ensemble, à accepter l’autre dans sa différence ».

Une démarche qu’il met en place entre Juifs israéliens en créant le concept étonnant de « yeshivot hiloniot » [yeshivot laïques] : « Parce qu’il fallait réussir à créer des joint-ventures entre laïcs et religieux, » explique-t-il dans son langage de businessman, mais aussi et surtout dans le dialogue judéo-arabe qui lui tient à coeur.

Les groupes de dialogue entre rabbins et imams, le travail avec des enseignants et des directeurs d’écoles arabes le mènent tout droit au JPPI où il s’occupe de la « stratégie du peuple juif envers l’islam » ainsi que des relations Israël-diaspora.

Celui qui se présente comme un hassid de Ziditchov a également fréquenté quelques cheikhs dans la Vieille Ville de Jérusalem : « La hassidout et le soufisme disent la même chose » assure-t-il.

Armé de cette conviction et surtout nourri de l’enseignement de plusieurs maîtres de la Kabbale et de la mystique musulmane, ses réflexions mises par écrit aboutiront à une thèse soutenue à la Sorbonne en 2005 sur les « Confluences entre mystique juive et mystique musulmane dans l’Egypte du 13ème siècle ». Un travail qui recevra le prix du Chancelier des universités qui récompense le meilleur doctorat français de l’année…

Le businessman de l’alyah

Côtoyant des députés de la Knesset ainsi que des rebbes hassidiques, autant à l’aise avec le Talmud qu’avec les matrices du BCG, Dov Maïmon a enfourché depuis quelques mois son nouveau cheval de bataille : son plan pour l’alyah des Juifs de France.

« 100 000 personnes ont contacté l’Agence juive en un an, » assure-t-il, « 40 000 personnes ont participé à des réunions et à des soirées d’information, et finalement on va arriver à 6 000 olim, ce qui fait un taux de conversion de 6 %. C’est pas mal mais on peut faire beaucoup mieux ! »

« Si on arrive à faire venir des centaines de milliers de Juifs français en Israël, ça voudra dire qu’on pourra commencer à faire venir les Juifs américains aussi ! »

L’alyah, il en parle en termes de business… Mais quand il doit réussir à « vendre » son plan à l’establishment israélien, il assure que c’est Naftali Bennett, le président de Habayit Hayehudi, qui se serait montré le plus intéressé.

Malgré les chiffres encourageants, il va même porter la bonne parole dans Haaretz : « C’est une compétition entre les Etats-Unis, le Canada et nous ! On ne peut plus accorder la priorité uniquement aux pays où les Juifs sont en situation de détresse » écrit-il dans le quotidien de la gauche israélienne.

Maïmon voudrait réinventer le sionisme du XXIème siècle. On lui dit, et en particulier certains dirigeants de la communauté juive française : « Dov, tu es complètement fou, tu es en plein délire ! » mais lui n’a de cesse de faire grimper les chiffres. « Si on arrive à faire venir des centaines de milliers de Juifs français en Israël, ça voudra dire qu’on pourra commencer à faire venir les Juifs américains aussi ! ».

Pour Maïmon, non seulement il y a urgence mais cela est renforcé par le fait que « les Juifs ne sont jamais capables de penser l’inconcevable ». Comme dans la Haggada de Pessah, ils ont toujours dû partir dans la précipitation.

Un peu à la façon dont les centres mondiaux du capitalisme se sont déplacés tout au long de l’histoire – comme le montre Fernand Braudel – le centre de gravité du monde juif, lui, se déplace inexorablement vers Jérusalem.

Il le rappelle à la manière d’un professeur : l’immigration reste le sang neuf du pays, elle demeure plus que jamais un facteur de croissance en Israël. Et se référant à l’alyah russe, le chercheur affirme que celle-ci n’a pas fait augmenter le chômage mais qu’elle a au contraire permis la croissance du PIB israélien.

« 60 % des enfants juifs à travers le monde vivent déjà en Israël, » confie-t-il avec les yeux qui pétillent, « ça s’appelle un sourire divin ! ».

http://fr.timesofisrael.com/

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