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Le financement du culte et ses référents symboliques originels dans la tradition juive

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Le financement du culte et ses référents symboliques originels dans la tradition juive

La formulation même de cet intitulé en souligne le décalage actuel au regard de ses références hébraïques initiales. « Financement » est un terme récent qui ramène le verbe « financer » à sa composante exclusivement monétaire et matérielle. Quant au mot « culte », il se rapporte aussi à une définition datée, institutionnelle et même administrative, de la pratique religieuse. De ce point de vue, le financement du « culte juif » en France, en Europe, et dans l’Etat d’Israël, est assuré selon la législation et la réglementation des pays concernés et selon leur degré de « laïcité », conviviale ou non. On y retrouve des rubriques comparables: financement public lorsqu’il est autorisé, financement selon le droit associatif en vigueur, financement par le biais de fondations, dons et legs, le tout contrôlé selon, là encore, les législations en question.. Il n’est pas sûr que cette approche, pour ainsi indispensable qu’elle soit en droit positif, rende complètement compte des causes et de la manière dont le peuple hébreu – les Bnei Israël – affectait une part importante des ressources de ses membres au fonctionnement du Temple de Jérusalem et des institutions qui lui étaient attachées, ainsi qu’au soutien et à l’entretien de la tribu de Lévi d’où étaient issus les cohanim, les prêtres et, au sein de ceux – ci, les grands prêtres, les cohanim guedolim, d’où le grand prêtre, le cohen gadol était issu lui même. Pourtant, reprendre cette formulation mais en la replaçant dans le contexte, comme l’on dit, des institutions bibliques, pour employer cette expression dans son sens le plus large qu’il faudra préciser chemin faisant, n’a pas qu’un intérêt documentaire éclairant un pan sans doute instructif mais à la fois archaïque et exotique de l’histoire des religions. Cette reformulation, engageant une recherche soucieuse de comprendre le concepts originaux et les pratiques singulières du monde hébraïque en ce domaine, contribuera sans doute aussi à mieux éclairer non seulement le sens des deux vocables utilisés en cette formulation initiale: « financement » et « culte », mais, plus largement encore, de mieux saisir comment une collectivité humaine invigore sa propre transcendance par la manière dont elle veille à ses relations avec son Dieu: relations d’hospitalité et d’accueil, validées par la façon dont elle se comporte vis à vis du groupe sacerdotal en charge de cet accueil, et cela sans interruption et sans intermittence. Ce qui conduit aux deux interrogations qui constitueront l’essentiel de cette investigation.

En premier lieu, ce groupe sacerdotal, pour le désigner par le terme le plus utilitaire et le plus neutre qui soit, constitue t –il réellement une « caste », à la charge du peuple tout entier dont il serait, sans aucun euphémisme, le prébendier et le parasite [2]? Ensuite, si tel n’est pas le cas, comment le groupe des lévites et des cohanim restitue t-il au peuple ce dont celui-ci lui a fait dévolution? Car est telle est la différence la plus notable entre la tribu des leviim et une caste, au sens dépréciatif qui affecte ce terme dans le vocabulaire courant: c’est bien un échange qui se produit entre ces deux parties du peuple des Bnei Israël selon les modalités et pour les raisons que nous aurons à examiner. Et l’on comprendra qu’en réalité, à travers la relation entre léviim, cohanim et israélim c’est une certaine conception de la société dans ses relations avec l’économique et la transcendance qui se propose à l’analyste.

I. L’institution « cultuelle » dans les institutions bibliques hébraïques.

 La notion de culte est si fortement sur-impressionnée par celle de caste ou d’appareil ecclésiastique qu’il faut en tout premier lieu reconnaître la spécificité de la tribu de Lévi, la tribu sacerdotale par excellence, instituée de parole divine (Nb, 18). Quelle est la généalogie de cette institution? Il faut noter avant tout qu’elle n’est pas originelle mais dérivée, et dérivée à partir d’un gravissime accident du peuple d’Israël: l’adoration du Veau d’Or, survenu tout juste après la libération de l’Egypte esclavagiste. Dérivée et dérivée seulement car initialement c’est le peuple tout entier, et en tant que tel, que Dieu – pour le désigner par son nom dans le récit biblique – institue comme entité sacerdotale, face au Sinaï, et en préparation au don de la Thora, du Décalogue: « Et désormais, si vous êtes attentifs à ma voix et si vous gardez mon Alliance, vous serez pour moi trésor parmi tous les peuples car toute la terre est mienne. Et me serez une souveraineté de pontifes et un peuple saint.. » (Ex, 19, 5, 6). C’est bien le peuple tout entier, et aux conditions prescrites, qui fait l’objet du choix divin et de cette dilection sacerdotale, cela aux conditions prescrites dont la principale d’entre elles et qui collige toutes les autres est l’observance de l’Alliance, déclinée dans les dix Paroles du Décalogue avec les règles positives, les michpatim, destinées à les mettre en pratique. Ce qui signifie, qu’aux termes de ce récit, Le peuple des Bnei Israël devient pour ainsi dire le pontifex de l’humanité, voué à y diffuser la connaissance du Dieu Un, du Dieu unifiant, celui qui créa l’Humain en corrélation avec lui (Gn, 1, 26). Cette institutionnalisation n’implique aucune des connotations parasitaires du mot « caste » puisqu’il est rappelé, en même temps, que la terre appartient à Dieu et à Dieu seul. Et c’est par l’exercice d’un tel sacerdoce que cette appartenance se verra reconnue et consacrée ou plutôt sanctifiée[3].Dans quelles circonstances et pour quelles raisons la tribu de Lévi se verra t-elle distinguée au sein de ce peuple? Et cette distinction la constitue t-elle en caste? Il faut revenir au récit biblique du Veau d’or.

Cet accident spirituel, à comprendre comme une gravissime régression idolâtrique, se produit alors que Moïse se trouve sur le Sinaï où Dieu l’a appelé afin de lui transmettre la Thora. Certes les dix Paroles ont fait déjà l’objet d’une révélation collective préalable. Néanmoins, Moïse a été appelé directement auprès de Dieu afin de se voir enseigner comment appliquer ces dix Paroles principielles, pour les faire passer de l’idéal dans la réalité, afin de les rendre effectives. Cependant quelques heures à peine avant le retour prévu de Moïse, le peuple se trouve saisi dans un raptus d’impatience qu’il ne peut maîtriser. Un tel raptus se traduit, de manière comminatoire, auprès d’Aharon, le frère de Moïse, issu comme lui de la tribu de Lévi: qu’il confectionne une effigie qui tienne lieu aux émeutiers de Dieu guidant et tutélaire ! Et c’est sous le coup de cette menace, après avoir usé de tous les moyens dilatoires possibles en attendant le retour assuré à ses yeux de Moïse, qu’Aharon confectionne cette effigie, sous la forme d’une figurine compacte, celle d’un Veau d’or.Et le peuple s’adonne à l’« hilarion » régressif[4], comme si quelques semaines à peine auparavant, face à la proposition divine concernant la Thora, il n’avait pas répondu d’une seule voix: « Nous ferons et nous écouterons ». Moïse en est averti et la suite est connue: la descente – l’on dirait presque l’atterrissage du Sinaï, la brisure des tables, la pulvérisation de l’idole, et le jugement du peuple. Mais avant ce jugement Moïse avait incité chacun à se déclarer sans ambiguité: « Moïse se posta à la porte du camp et il dit: « Qui est à Dieu soit vers moi. Et tous les enfants de Lévi s’adjoignirent à lui » » (Ex, 32, 26).Dans ces circonstances, la tribu de Lévi n’est pas distinguée a priori, de manière discriminatoire. En somme, c’est le reste du peuple, pourtant convoqué de manière collective, qui l’a distinguée par défaut. Il reste à comprendre les raisons de ce choix, les mobiles de cette attitude. La comparaison des deux bénédictions dont cette tribu est la destinataire dans le récit biblique y contribuera.

La première se trouve dans la bénédiction à la fois générale et individuelle que Jacob, au seuil de la mort, adresse à ses fils enfin réunis, ensemble, et à chacun d’eux personnellement (Gn, 49).Arrivé à Lévi, indissociable de son frère Siméon, il prononce ces paroles sans ambages: « Siméon et Lévi, digne couple de frères, leur armes sont des instruments de violence: ne t’associe point à leurs desseins ô mon âme ». En matière de « bénédiction » l’on se fût attendu à de tout autres propos. Ceux de Jacob se justifient néanmoins par le massacre des habitants de Sichem auquel deux frères s’étaient livrés après que leur sœur Dinah eût été violée et traitée comme une prostituée par le fils du roi de Sichem. D’aucune manière leur père ne prend à son compte cette violence, sans déjuger absolument les intentions qui y avaient conduit ce binôme ombrageux s’agissant de la dignité de leur sœur. Et c’est pourquoi Jacob ajoute cette phrase que nous retrouverons, mais dégagée de ce contexte là – et il importe de traduire ici au plus prés: « Je veux les répartir (ah’alkem) dans Jacob, les disséminer en Israël » (Gn, 49, 5, 6, 7). La vocation des deux frères, une vocation qui sera assumée finalement par Lévi seul, est donc bien cette dispersion non pas hasardeuse mais d’ensemencement au sein des autres tribus, comme s’ils devaient en devenir le sel ou le levain.

La transformation de ce que Lévi incarne se reconnaîtra, des siècles plus tard, après la libération d’Egypte et la traversée du désert, au moment d’entrer en terre de Canaan dans la bénédiction, en forme de viatique spirituel, de Moïse cette fois: « Uniquement fidèle à ta parole, gardien de ton Alliance ils enseignent tes lois à Jacob et ta Thora à Israël ; présentent l’encens devant toi et la liturgie de cohésion (kalil) sur ton autel » (Dt, 9, 10), ce qui les désigne d’ailleurs à la vindicte de leurs ennemis, autrement dit de ceux qui dénient ce sacerdoce. De l’une à l’autre bénédiction l’on est conduit à comprendre que la tribu de Lévi n’est pas distinguée ontologiquement ou génétiquement de l’ensemble du peuple qu’au contraire elle représente et élève au niveau qui est devenu le sien. Comment ce niveau a t –il été atteint? Non par mutation imprévisible ou par commutation magique mais à la suite d’un considérable travail sur soi ; d’une profonde, intense, large et communicative prise de conscience qui a conduits les leviim à l’élaboration psychique et morale de cette violence impulsive, quels qu’aient pu en être les motifs légitimes ; un travail intime qui les prémunit désormais contre les emportements destructeurs ou les enthousiasmes rétroversifs. La tribu de Lévi sera celle de la fidélité et de la constance ; celle qui sait assumer un engagement et soutenir une promesse. Ce sera la tribu balancier des Bnei Israël. Elle ne cèdera pour autant à aucun arrivisme parce qu’elle ne s’estime pas parfaite mais veille à son perfectionnement. Elle même n’est pas à l’abri d’une régression à des états qu’on aurait cru dépassés comme l’atteste le coup de force tenté contre Moïse et Aharon par d’autres léviim, ceux issus de Korah’et de ses affidés, lesquels précisément estimaient qu’il en était « assez » de Moïse et d’Aharon car le peuple en général avait déjà atteint le degré de la sainteté complète, individuellement et collectivement. En quoi ils seront durement déjugés et sanctionnés (Nb, 16, 32).

C’est en ce sens que les léviim dont sont issus, répétons le, les cohanim, assument une mission proprement sacerdotale au seins des Bnei Israël. Les actes, liturgies et fonctions qui leur sont dévolus à cet effet et que nous aurons à examiner ne trouvent leur véritable signification qu’au regard et dans le constant rappel de cette mission qui ne cède à aucune mystagogie. Le caractère proprement sacerdotal de cette tribu se reconnaît à son exemplarité. C’est à ce titre qu’elle doit être répartie et disséminée au sein du peuple et non pas s’y constituer en enclave ni en citadelle mystérieuse. Les léviim confèrent aux Bnei Israël l’aspiration à l’élévation qui les anime eux mêmes. Ils sont le giron des cohanim dont ils deviendront les desservants au sein d’un peuple dont ils ne se dissocient nullement puisqu’ils sont commis à sa sollicitude et dépendent de sa solidarité. Les rabbins d’aujourd’hui en seraient les équivalents.

En quoi consiste plus spécifiquement le cohénat? Selon les processus cognitifs sollicités par l’exégèse hébraïque, ce terme s’éclaire par les lettres formant le nom qui les désigne: CHN. La lettre médiane, le hei, est symbolique de la présence divine, de ce qui se nomme aussi la Chékhina. Elle est encadrée par les lettres caph et noun, qui reliées, signifient l’affirmation, le « oui », la confirmation et la validation.Ce terme valide dans le récit de La Genèse les phases successives de la Création. Autrement dit, et sous cette forme algorithmique, la mission des cohanim, au sein de la tribu de Lévi, est d’accueillir la présence divine au sein, dans le tokh, des Bnei Israël en lequel cette tribu on l’a dit a été répartie et disséminée. Cet accueil revêt une gravité particulière le jour de Kippour, appelé de ce fait « Le jour » (yoma). Ce jour là, il appartient au cohen gadol, au grand prêtre et à lui seul, de pénétrer dans le Saint des Saints pour y prononcer, ce qui relève de sa seule autorité et de sa seule responsabilité, mais à ses seuls risques aussi, le Nom explicité de Dieu: le Chem Hamephorach afin d’obtenir le pardon des fautes et manquements éventuels du peuple tout entier dans lequel il se compte intrinsèquement, duquel il ne s’excepte pas. Et c’est également sous cet angle de vue que peut mieux se comprendre la fonction du Temple et le service qu’y accomplissait la tribu de Lévi, du moins pour ceux de ses membres qui y étaient spécifiquement affectés, le reste, se trouvant disséminé sur tout le territoire d’Israël.

II. La synagogue et le Temple.

De nos jours, le financement dont il est question concerne ce qu’il est convenu d’appeler les synagogues, terme de consonance hellénique sinon d’esprit grec qui signifie: enseignement et mode de vie commun. Toute synagogue envisagée en ce sens est indissociablement un lieu de prière (beth knesset) et un lieu d’études (beth hamidrach). Ces institutions ne constituent pas des entités autonomes. Elles sont pour ainsi dire homothétiques au Temple de Jérusalem, appelé Beth Hamikdach, « la Maison du Sanctuaire », ou encore Beth Habéh’ira, « la Maison du choix », et lui sont reliées.Auxtemps où la Judée était indépendante et souveraine, à chaque synagogue locale comme au Temple de Jérusalem était attaché le tribunal où chacun avait l’obligation de faire juger ses différents avec autrui, juif ou non[5].Autant dire que, depuis, toute construction et tout aménagement de synagogue doivent s’accomplir conformément à la construction du Sanctuaire dans le désert d’abord, des deux Temple de Jérusalem ensuite, en attendant le troisième Temple de la vision prophétique d’Ezéchiel.

L’architecture du Sanctuaire initial et des deux Temples ont donné lieu à de nombreux commentaires. Il faut en saisir l’esprit général et les intentionnalités. Elles commandent bien sûr la construction et la gestion des synagogues d’aujourd’hui, du moins en France et selon le droit français – lequel fait toute sa part au droit de la Communauté européenne, comme on le constate avec les débats relatifs à la circoncision ou à l’abattage rituel. Pourquoi et comment a été construit le Sanctuaire du Désert? Le (contre) sens commun l’attribue à la volonté d’édifier une demeure pour la Présence divine, dans l’intérieur de laquelle celle –ci résiderait, pourrait être consultée et, pourquoi pas, se rencontrer, au moins spirituellement, si ce n’est de manière extatique. Telle n’est pas l’intention générique du Sanctuaire, puis celle des deux Temples de Jérusalem, suivant le principe selon lequel Dieu est libre de se manifester et de se révéler au lieu de son choix. S’il a fait prédilection de Jérusalem c’est, selon les caractéristiques d’une géographie biblique de la sainteté, et sans pouvoir entrer plus avant dans les détails, parce que ce lieu est réputé à la médiatrice de l’univers dont il constitue le point d’équilibre générique.

Dans le récit de L’Exode, les instructions concernant la construction, le montage puis l’édification du Sanctuaire, obéissent à l’invite suivante: « Ils ne feront un Sanctuaire et je résiderai au milieu d’eux (betokham) (Ex, 25, 8). Les commentateurs de la Tradition juive l’entendent ainsi: « Ils me feront un sanctuaire afin que je réside non pas dans ce sanctuaire mais dans leur propre intimité, individuelle et collective ». Encore faut –il avoir construit ce « eux », ce site d’accueil intérieur, d’hospitalité humaine pour la présence divine. En l’occurrence, la mise oeuvre du Sanctuaire est au moins aussi importante que son aboutissement, précisément parce qu’elle incarne une oeuvre accomplie par un ensemble humain, par un peuple, un âm, digne de ce nom. Un véritable working through de la propension idolâtrique.Ce qui renouvelle la question précédente? Pourquoi, poursuivant la libération des Bnei Israël de la maison d’esclavage pharaonique, ce projet a t-il été rendu indispensable? On a commencé d’y répondre: à cause de la régression du Veau d’or dont l’une des multiples causes gîte dans la mentalité d’esclaves dont les Bnei Israël ne s’étaient pas encore complètement délestés. Le façonnage de cette effigie massive et opaque a été le fait d’une foule ameutée contre Moïse et son frère[6].L’ordre sans réplique en a été donné à Aharon: « Fais nous un Dieu qui marche à notre tête ».S’ensuit la reconstitution fallacieuse de l’histoire pourtant immédiate puis le culte orgiaque d’un simulacre de métal, tandis que l’« hilarion », comme on l’a vu, consomme la perte de conscience et la déchéance morale de ceux et celles qui s’y livrent. Jusqu’au moment de la sanction. Elle laisse le peuple désemparé, « découronné », avant que Moïse, confirmant le pardon divin qu’il avait sur le champ sollicité, n’obtienne les secondes tables de la Loi. Or c’est précisément du lieu où celles ci – doivent être déposées, de manière tout aussi symbolique, dont il est surtout question avec le projet et le plan de construction du Sanctuaire dont la construction de tout lieu de culte juif doit s’inspirer.

Comment les matériaux en seront-il réunis? Non par impositions et prélèvements obligatoires mais par offrandes et dons volontaires, accomplis avec l’intention de l’esprit ouvert et la volition du cœur. En réalité il s’agit d’opérer à rebours des actes et des intentions qui ont conduit au Veau d’or. L’or seul n’y suffira pas. Tous les autres minerais et matériaux devront y concourir, de sorte que l’ensemble des éléments de la Création y soient représentés.

Toutefois, et si naturellement le travail requis à cette fin doit e être confié à un maître d’oeuvre doté du savoir indispensable à cet effet, Bétsalel pour ne pas le nommer, on relèvera, au regard de nos développements précédents, que celui –ci n’appartient justement pas à la tribu de Lévi, qu’il est issu de celle de Juda, pour bien signifier que ce Sanctuaire ne sera pas l’apanage d’une tribu démarquée des autres encline à se constituer en caste. Par ailleurs, si Bétsalel (Ex, 31, 2) est bien le maître d’oeuvre et le chef de chantier, l’oeuvre aboutissant au Sanctuaire devra être confiée à quiconque dans l’ensemble du peuple, hommes et femmes, s’y trouve disposé par cette qualité essentielle: la sagesse de cœur. La terminologie même d’un tel travail en indique l’esprit puisque, et entre autres, les assemblages de panneaux et de tentures se feront selon le vocabulaire de la fraternité (Ex, 36, 29).Cette symbolique et cette terminologie sont celles qui prévalent jusqu’aujourd’hui lorsqu’il s’agit de construire une synagogue nouvelle ou d’en réaménager une préexistante, afin d’inspirer les comportements des officiants et de leurs fidèles.

Quant aux éléments symboliques qui seront disposés à l’intérieur du Temple il convient de ne pas commettre non plus de confusion et de contre sens.En s’approchant de plus en plus de ce qui se nomme le Saint des Saints (Kodech hakodachim), l’on reconnaître d’abord l’Autel des sacrifices, qu’il vaudrait mieux appeler pour les raisons que nous allons voir, l’Autel des « liturgies de rapprochement »: des korbanot. Puis dans un lieu moins découvert, plus intime, trois éléments principaux doivent être disposés selon trois des quatre points cardinaux qui sont aussi des directions de l’esprit: le Chandelier à sept branches représentant les sept facultés principales de la conscience humaine en mesure de percevoir et d’accueillir la Présence divine ; les Tables accueillants les « pains de visage » (leh’em panim) que l’on peut considérer comme symboles éloquents du lien social, et l’Arche sainte où étaient déposées les secondes Tables de Loi avec les fragments des premières [7], ces deux types de Tables se correspondant et formant structure.A propos du Candélabre, il faut souligner que s’il devait être quotidiennement illuminé, cet allumage revenait aux membres du peuple et non pas aux cohanim ou aux léviim lesquels étaient exclusivement chargés de préparer cette montée de lumière, individuelle et collective dont on comprend mieux la finalité.Quant au quatrième point cardinal, quant à l’Est, la direction de l’origine, de l’Antérieur, et d’où l’on entrait, selon les procédures requises, dans le Temple, il devait rester complètement libre et ouvert, ce qui aussi se passe de commentaire. Quant au Saint des Saints, où seul le Cohen Gadol était autorisé à pénétrer le jour de Kippour, pour les raisons que l’on sait, il devait demeurer non pas vide, au sens négatif mais libre, disponible, correspondant à l’espace d’accueil de la présence divine, homologue à celui que le Créateur avait su ménager pour que la Création elle même puisse avoir lieu.

Telles sont jusqu’aujourd’hui les règles présidant à l’édification et à l’aménagement des synagogues et les moyens matériels requis à cette fin doivent en être inspirées. On peut alors se demander à quel endroit a été translaté le Saint des Saints? Est ce dans l’ékhal, dans le lieu où sont désormais déposés les Sifrei Thora, les rouleaux de la Loi, homologues au Tables du Décalogue? Ou bien sur la bama, sur l’estrade ou ces rouleaux sont déroulés puis lus? Sans doute en ces deux endroits, sans oublier le trajet qui mène de l’un à l’autre.

Quelles sont ainsi les fonctions particulières dévolues à Moïse puis à Aharon? Moïse avait pour mission – ce mot est préférable à celui de « charge »- de veiller d’abord à l’adéquation de l’oeuvre en cours avec le schéma divin qui l’avait inspiré, puis d’effectuer l’assemblage de ses éléments et enfin d’en assurer le montage avant l’édification conclusive, chaque phase comportant ses risques spécifiques. Le livre de L’Exode relate ces différentes étapes et la manière dont Moïse s’en acquitta jusqu’au moment de la surabondante consécration divine (Ex, 40, 34).

Quant à Aharon, sa mission, que les leviim affectés au Sanctuaire assisteront, est qualifiée de âvodat hakodech, de « service saint ». Pour le dire en termes forcément cursifs, elle consiste à accomplir les korbanot précités, et à bénir le peuple selon des modalités bien particulières. Les korbanot ne sont pas des sacrifices au sens habituel. Le mot korban est construit sur la racine KRB qui désigne le rapprochement, la réduction d’une fracture, l’accourcissement d’une distance physique, psychique, affective et spirituelle. La nomenclature et la typologie précises de ces korbanot – dont l’un était qualifié de tamid, de perpétuel – pour marquer la continuité de l’histoire d’un tel peuple et l’esprit de suite qualifiant ses états de conscience – se trouve dans les traités correspondants du Talmud et dans le « Michné Thora » de Maïmonide. Leur logique interne n’est pas inaccessible et peut se comprendre comme suit: à chaque incident heureux ou malheureux de l’existence individuelle ou collective et dans le deuxième cas surtout lorsqu’un éloignement ou une cassure pouvait en résulter, les protagonistes avaient deux obligations. La première, si un conflit était déjà déclaré, celle de le porter devant un tribunal. Le Sanhédrin, à la fois cour suprême et parlement, siégeait à Jérusalem, ce siège jouxtant, matériellement et symboliquement, le Temple. L’autre les incitait à se rendre au Temple proprement dit afin d’y rencontrer un lévite ou un cohen et s’entretenir avec lui des raisons de cette venue, d’élucider en cas de besoin les causes extra-judicaires du différent ou du conflit en cours et de décider parmi tous les korbanot celui dont l’accomplissement permettrait de recouvrer ses esprits et si possible de retrouver les voies de la réconciliation avec une nouvelle quiétude de l’esprit. Il faut d’ailleurs relever que dans son ordre propre telle était la finalité du procès proprement juridictionnel.

Depuis la destruction du Temple de Jérusalem et l’impossibilité d’accomplir ces korbanot, selon leurs modes opératoires particuliers, les fonctions correspondantes n’ont pas été abandonnées et ne sont pas tombées en désuétude. Elles ont été transférées dans la liturgie synagogale et ses prières afférentes. Tous les jours y sont méthodiquement remémorées ces korbanot de sorte que leur esprit, si l’on peut ainsi le qualifier, se retrouve non seulement dans les fonctions actualisées des dites synagogues mais aussi dans le comportement des fidèles, ce qui explique, notamment, que les synagogues fussent également des lieux d’étude, et d’une étude qui ne soit pas « académique ».En y étudiant la signification des liturgies et les gestes consacrés correspondant à l’accomplissement des dits korbanot l’on s’engage également à comprendre également les causes des conflits inter- individuels ou sociaux, éventuellement celles des cassures et des clivages en cours, de sorte à en prévenir les prorogations et les itérations. C’est en ce sens que l’aménagement, le fonctionnement et la gestion des synagogues se profile dans l’espérance jamais renoncée de la construction du troisième Temple et de la ré- instauration de ces liturgies de rapprochement dont ceux accomplis lors de la fête de Souccot à destination de l’ensemble des autres nations de la terre et du genre humain. On mesure mieux les conséquences de la réunion du « Sanhédrin » par Napoléon en 1807, dans l’intention de contraindre les Juifs de l’Empire à se désister de cette espérance qui n’était certainement pas ethnocentrée. Il faut rappeler que l’accès du Temple de Jérusalem était autorisé aux étrangers, du moins à ceux qui respectaient les lois noachides, et que ceux ci pouvaient y accomplir des korbanot adéquats. Ce qui conduit à éclairer maintenant les conditions matérielles de fonctionnement du Temple de Jérusalem qui inspirent ou doivent inspirer celle de la moindre des synagogues d’Israël et de diaspora.

III. Eléments de gestion sacerdotale

Les cohanim et les léviim, comme on l’a dit, étaient chargés de l’entretien et du fonctionnement du Temple de Jérusalem. Comme ils ne pouvaient dans ce cadre exercer d’autres fonctions, comment était- il pourvu à leur existence quotidienne? Celle-ci était commise à la solidarité des autres membres de la collectivité. Cependant, il s’agissait non d’une forme de parasitisme mais d’un échange de biens – s’il faut conserver ce terme à propos de « biens de l’âme » – assurant le mouvement incessant du matériel au spirituel, du donné brut, ou à peine travaillé, à sa « sublimation ». Il appartenait en effet au cohanim d’assumer la liturgie de la kétoret, de l’encens, qui peut également se comprendre comme l’étape sublimatoire des phases qui l’on précédée.

Sans pouvoir détailler les modalités de cet entretien, les cohanim avaient droit, avant tout, aux offrandes nommées téroumot, de même nature que celles ayant servi à la construction du premier Sanctuaire dans le désert, et selon la même intentionnalités. Les téroumot ne sont pas de simples dons mais des offrandes dédiées à la sanctification de leur auteur, à leur élévation spirituelle au degré où le cohen est censé se trouver. Comment caractériser de degré là? On ne retiendra qu’un seul critère: le cohénat implique un déliement de quoi que ce soit qui serait lié à la mort, à la morbidité ou à la rupture et à la cassure. Il incarne le choix décisif de la vie dans un champ existentiel où un choix inverse et adverse reste concevable. Lui en coûterait-il affectivement, un cohen n’est pas autorisé à pénétrer dans un cimetière, y compris pour l’inhumation des ses parents proches. Le cohen doit demeurer l’incarnation de la vie. Une seule exception est possible: lorsque nul n’est en mesure de veiller à l’inhumation décente, au raccompagnement à sa dernière demeure –l’accompagnement, physique, social et affectif apparaît comme l’une des conduites les plus caractéristiques du lévitisme – d’un défunt qui serait privé de famille ou de toute autre forme d’assistance. Pour les mêmes raisons, il est interdit à un cohen d’épouser une femme déjà divorcée, une femme qui a connu la rupture et certainement le déchirement, lui qui sera chargé de reconstituer le lien social et de précéder aux réconciliations intra – et intersubjectives, sachant que son épouse sera légalement et spirituellement autorisée à consommer les téroumot. L’exemplarité ne va pas sans l’exigence de la cohérence. Autrement, elle s’avère fictive et s’expose à la dérision. Au demeurant, et au moins pour cette dernière interdiction, ces règles restent aujourd’hui valables pour tous les Juifs s’appelant « Cohen », puisque ce terme qui désignait à l’origine la fonction ici présentée est devenu un nom de famille, un nom dont la généalogie a été validée de siècle en siècle, particulièrement depuis le premier exil à Babylone et la première dispersion, au sens sociologique et historique, du peuple d’Israël. Encore de nos jours, lors des montées à la Thora, quiconque se nomme « Cohen » y précèdera quiconque se nomme Lévi, avant que n’y soient appelés les fidèles portant d’autres noms. Cet ordre de passage ne correspond à aucun « privilège » plus ou moins suranné. Il reconstitue l’ordre des fonctions qui avaient cours au Temple de Jérusalem..Par cette voie il rappelle à toute synagogue et même à tout oratoire de moindre importance son imprescriptible homothétie dans le temps et dans l’espace avec la matricielle Maison de sainteté à Jérusalem.

Précisions que le mot TeRouMa est significativement construit sur une racine RM qui signifie « élever » – on la retrouve dans le nom d’AbRahaM, l’incarnation de la sollicitude humaine à l’exemple de la sollicitude divine. Les téroumot proviennent de la part obligatoirement prélevée sur les biens produits par l’ensemble du peuple et affectés par la même à une autre destination que celle de l’immédiate consommation, à l’instar de cette portion nommée h’alla prélevée par la femme pétrissant son pain et rappelant que l’humain ne se nourrit pas exclusivement de ce pain, dont par ailleurs, et naturellement il ne saurait manquer matériellement. Aux téroumot, et en dehors d’elles, s’ajoutaient les autres dons ou affectations volontaires de biens regroupés sous le qualificatif de h’ekdech, dévolus également au bon fonctionnement du Temple, des biens « consacrés » ou plutôt « sanctifiés » dés lors qu’il satisfaisaient, dans leur nature et leur mode initial d’acquisition, aux conditions requises pour cet usage et à cette fin.

En outre les cohanim, dans toute bête pure dédiée au korbanot devaient en recevoir des portions bien déterminées, parties de droite ou de gauche, selon ces deux directions correspondant à deux des attributs les plus essentiels de la Présence divine: l’attribut de justice à gauche et l’attribut de compassion à droite, ces deux attributs devant rester étroitement corrélatifs de sorte qu’en cas de besoin et selon la prière des cohanim la symbolique de droite l’emporte sur la symbolique de gauche. Encore fallait-il que le cohen s’implique à son tour personnellement, par sa prière intime, dans cette liturgie, surtout lorsqu’elle s’orientait vers une demande de pardon. L’intercession ainsi entendue et pratiquée requerrait une parfaite ductilité de la pensée, la non opacité du cœur, le souci d’autrui dont les gestes et les opérations de la liturgie proprement dite n’étaient que la manifestation externe et publique. C’est cette séquence sacerdotale que le dénommé Korah’ tentera de dénigrer dans sa tentative de « putsch » contre Moïse et Aharon (Nb, 16) en les accusant précisément de parasitisme et d’exploiter la crédulité d’une collectivité humaine présumée d’ores et déjà totalement sainte à ses yeux, assertion violemment démagogique que son propre comportement démentait à la lettre.

Les leviim affectés au Temple de Jérusalem recevaient des subsides sous forme de parts destinées directement à leur usage et de dons volontaires. C’est dans ce même esprit qu’ils avaient droit au produit des deux premières dîmes, la troisième, nommée la « dîme du pauvre » étant spécialement affectée à soutenir les êtres nécessiteux, quels qu’ils fussent, parmi le peuple d’Israël. Une observation analogue à celle concernant les cohanim les concerne. Les leviim, on y a déjà insisté, ne constituent pas un groupe séparé, enclavé dans une population aux crochets de laquelle ils subsisteraient. Il faut rappeler quelle était la triple mission des descendants de Lévi. Durant la Traversée du désert, ils avaient pour mission, lors des déplacements du peuple, de transporter les éléments du Sanctuaire qu’eux seuls pouvaient démonter, transporter puis remonter afin d’en assurer l’intégrité et d’en respecter la symbolique profonde dans l’esprit dont ils surent faire preuve lors de la crise du Veau d’or et de ses suites. Le Sanctuaire est à l’image du peuple: il n’est pas d’une pièce. Il se configure dans un ensemble cohérent et articulé. Démonter en vue de se déplacer ne revient pas à disloquer. Ceux là mêmes qui n’ont pas participé à la dislocation du peuple durant la crise précitée auront pour mission d’incarner cette unité mais selon deux modalités.

Si les leviim affectés au Temple de Jérusalem devaient ensuite assister les cohanim dans l’exercice de leurs fonctions, ils avaient également pour mission singulière cette fois d’y assurer le service du chant, et notamment de chanter les Psaumes de David, un pour chaque jour de la semaine, et un plus particulier pour le jour du chabbat. Cette mission là ne doit pas être confondue avec celle d’un simple accompagnement musical. Au Temple de Jérusalem, chanter les Psaumes c’était d’abord en rappeler le contenu, lequel se rapportait aux enseignements du Roi David ou de ceux qui s’en réclamaient au regard de la relation à Dieu et des expériences personnelles, inter-humaines, du roi-oint, du Melekh Hamachiah’, du Roi-Messie, ainsi que des épreuves qui avaient mis cette relation parfois à dure épreuve.

Les autres léviim, ceux qui étaient dispersés dans le reste du peuple n’y constituant pas une population mendiante. Une grande partie d’entre eux était dévolue aux villes refuges, aux ârei miklat, où devaient obligatoirement se rendre les auteurs de meurtres accidentels, non prémédités, afin d’être soustrait aux impulsions vengeresses, lorsqu’elles étaient à craindre, de la parentèle de leurs victimes. Ces villes ne se réduisaient pas à de simples cités asilaires. Un meurtrier, eût-il commis son acte par simple inadvertance – quoi qu’il en soit un acte irréversible et en tant que tel irréparable – doit s’interroger sur les causes de celle –ci, tacher d’en élucider les causes psychologiques mais également morales, afin qu’aucune récidive ne soit, elle, prévisible. Les autres léviim disséminés partout ailleurs s’ils ne constituaient pas un ordre mendiant ne figuraient pas non plus un ordre contemplatif. N’ayant pas de propriété personnelle au sein de ce peuple, ils y étaient voués aux actions de soutien social, aux guémilout h’assadim, donnant par leur propre manière d’être l’exemple de la disponibilité et du désintéressement. Ils formaient pour ainsi dire la part mobile et mobilisable de ce peuple, sans le délester de ses propres devoirs de solidarité mais prêchant d’exemple pour qui était encore moins bien pourvus qu’ils pouvaient l’être, pour les visites aux malades, le réconfort des prisonniers en attendant leur libération, pour le « dernier devoir » vis à vis des défunts sans familles. C’est pourquoi l’attribution du produit de la dîme leur revenait de droit. Contrairement à l’idée reçue la signification éminente de la dîme n’est pas fiscale mais sociétale et interhumaine.L’opération de la dîme biblique ne consiste pas à prélever le dixième d’un troupeau ou d’une somme monétaire mais de constituer des ensembles de dix éléments, en hébreu des minianim, propédeutiques de la constitution d’ensembles humains de cette dimension, propices à l’accueil de la présence divine.

Telles sont synthétiquement présentées les références originelles, spirituelles et symboliques, pour ne pas dire métaphysiques, commandant le fonctionnement et l’entretien du Temple de Jérusalem, et servant désormais de repère au financement actuel des lieux du culte juif. Comme on l’a dit en introduction, de nos jours et dans les sociétés concernées, à condition qu’elle satisfassent aux exigences de ce qu’il est convenu d’appeler un Etat de droit, les règles de ce financement obéissent aux législations générales et aux réglementations spécifiques en la matière, puisque le plus souvent il s’agit des lois et règlements relatifs à des associations qualifiées de cultuelles ou culturelles. Ces règles -là prennent toutefois leur sens des lois et règlements (takannot) qui avaient cours au Temple de Jérusalem de sorte qu’en dépit de la perte de l’indépendance politique, surtout à partir du premier siècle de l’ère chrétienne, une translation quasiment terme à terme y soit assurée dans chaque lieu de prière et d’étude, mais aussi dans chaque habitat juif, toute table familiale étant considérer comme « sanctuaire réduit » (mikdach méât), une table – autel où tout repas doit être en principe accompagné de paroles de la Thora, de sorte que la présence divine puisse y être accueillie.

Aucun financement, aucun mode de gestion ne peuvent s’apprécier in abstracto[8]. En rappeler la généalogie c’est aussi en assurer la meilleure adéquation à leur objet actuel.

Raphaël Draï.

Professeur émérite à la faculté de droit et de science politique d’Aix en Provence.

Aix-Marseille Université

[1] L’étude ci jointe vient de paraître en traduction anglaise dans l’ouvrage collectif publié sous la direction de Francis Messner: « Public Funding of Religions in Europe », Ashgate, 2015.
[2] Cf. Louis Dumont, Homo Hierarchicus, Essai sur le système des castes, Gallimard, 1979.
[3] Sans opposer radicalement le sens de ces deux termes, on les distinguera comme suit: le sacré met à distance ; le saint appelle l’approche, mais graduelle, cf. Rudolf Otto,Le sacré, PBPayot, 1969.
[4] Philippe De Felice, Foules en délires, extases collectives.Essai sur quelques formes inférieures de la mystique, Albin Michel, 1947.
[5] S.Safrai and M.Stern (edit), The Jewish People in the First Century. Historical Geopgraphy, Political History, Social, Cultural and Religious Life and Institutions, Van Gorcum Fortress Press, 1974.
[6] Cf. Michel Gad Wolokowicz et alii(edit), La psychologie de masse aujourd’hui, Shibboleth /Actualité de Freud, Les Editions des Rosiers, 2012.
[7] Sans oublier cette fois non plus les ossements de Joseph, mémorial de l’Egypte en ses visages contrastés et celui de la nécessité imprescriptible de s’en libérer justement par les moyens de la Loi.
[8] Cf. René Savatier, Le droit comptable au service de l’homme, Dalloz, 1969.

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