OULPAN INTENSIF AU KIBBUTZ MASHABEI SADE, témoignage d’une ola hadacha d’Ashdod

Depuis un moment, nous avions envie, mon mari et moi de tenter l’expérience d’un stage intensif d’hébreu : lui car, de par ses obligations professionnelles, il n’a pas eu encore l’occasion de faire l’Oulpan, et moi car malgré l’Oulpan où j’ai accumulé beaucoup de savoirs, j’ai du mal à m’exprimer dans la vie quotidienne.

Donc nous avons saisi l’opportunité offerte par l’Espace Francophone, une association d’Ashdod à savoir : 5 jours de stage en immersion complète au kibboutz Mashabei Sadeh.

Ce Kibboutz, situé sur la route Beer Shéva, près de Mitzpé Ramon, est spécialisé dans l’enseignement de l’hébreu en intensif. Il organise tout au long de l’année des sessions en résidentiel, d’une durée de 3 à 8 semaines, et des séminaires spécifiques à la demande, comme celui que nous allons suivre.

Nous sommes 16 personnes inscrites par l’intermédiaire de l’Espace Francophone, mais nous retrouverons sur place 6 autres personnes d’âges et d’horizons géographiques divers (Norvège, Equateur, France, Suisse…), qui suivent la session du moment, en immersion au kibboutz.

A notre arrivée, Iftah, membre du Kibboutz depuis un peu plus de 50 ans et responsable de l’Oulpan nous accueille sur une petite place bucolique et ombragée. Après quelques mots sur l’histoire du kibboutz, il nous explique le déroulement du stage, à partir du lendemain, à savoir : 5 h de cours le matin, en deux groupes de niveau (débutants et avancés), l’après-midi découverte du kibboutz et du Néguev, « café-ivrit » le soir.

L’après-midi du 1er jour, après le déjeuner dans la salle à manger communautaire, sera consacrée à la présentation de nos deux enseignantes, Inbal et Rinat, à la constitution des groupes de niveau et au premier cours sur un thème d’actualité de la semaine en cours, Tou Bichvat. La pédagogie est très interactive, et même ceux qui n’ont pratiquement aucune connaissance de l’hébreu, commencent à dire leurs premiers mots. Après la constitution des groupes, nous nous séparons en deux classes pour le démarrage effectif des cours, qui sera axée pour le groupe avancés sur une présentation des participants (en ivrit, évidemment…) et à une aide à la lecture des journaux (compréhension des titres et sous-titres) et préparation des jours suivants.

Voici maintenant un peu plus de détails sur les différents aspects de ce séminaire intensif.

  1. Déroulement des séances de cours dans le groupe avancés :

En général, notre enseignante débutait par des apports et rappels assez généraux. Ensuite, chaque séance était basée sur une rencontre avec une personnalité du kibboutz. Rinat, notre « morah », nous préparait d’abord à cette rencontre, avec une règle simple : l’intervenant ne fait pas d’exposé, il ne parle que si nous lui posons des questions. L’objectif est d’abord de nous faire parler. Donc pendant la première partie de la matinée, nous travaillions sur le thème qui sera abordé par notre invité et sur les questions que nous souhaitions lui poser. Ensuite nous le recevions et entamions la discussion, avec l’aide active de Rinat, qui expliquait les difficultés et recentrait la conversation au fur et à mesure. Après le départ de la personne invitée, notre enseignante faisait le bilan avec nous. Nous avons pu ainsi rencontrer :

  • Rivka, une historienne qui nous a raconté l’histoire du kibboutz, son arrivée au moment de la guerre du Sinaï en 1956. Elle nous a également fait l’historique de la fête de Tou Bichvat et son importance au kibboutz et en Israël, tant dans la population religieuse que dans la population laïque.
  • Le lendemain nous avons rencontré un écrivain, Ouri Yozer, sur des questions de politique israélienne, le problème palestinien, le terrorisme,….Le débat fut assez passionné, mais toujours courtois, et bien sûr en ivrit !!
  • Notre 3ème rencontre sera avec Adi, elle aussi membre du kibboutz depuis plus de 50 ans. A travers notre discussion, nous avons pu comprendre le fonctionnement du kibboutz, comment se fait la répartition du travail : « on travaille, là où il y a du travail », et l’évolution dans le temps de la philosophie du kibboutz, notamment par rapport à l’utilisation de main d’œuvre salariée.
  1. Dans le groupe débutant, l’enseignement a consisté en l’acquisition des principes de base et de différents « kits de survie » en hébreu, avec là aussi une pédagogie très interactive. Et aux dire de mon mari qui était assez hermétique à l’hébreu, le « déclic » a eu lieu !
  2. Les après-midi étaient consacrés à la détente (piscine du kibboutz ou les thermes de Névé Midbar), à des visites du kibboutz et du Néguev. Avec notamment une visite très intéressante d’un nouveau village, composé actuellement de 15 familles (moitié familles laïques, moitié familles religieuses) qui ont décidé de fonder ce village dans le désert. Nous avons été reçus par une jeune femme, membre du village, qui nous a expliqué en hébreu (avec traduction) le fonctionnement du village. Là aussi nous avions préparé des questions en hébreu.
  3. Les soirées étaient consacrées, après le repas, au « café-ivrit ». Là encore, l’opportunité d’écouter, de comprendre et de parler l’hébreu, même si c’était parfois (souvent) laborieux. Nous avons eu l’occasion d’y rencontrer des adolescents du kibboutz, des volontaires israéliens, un peintre, Striko, dans sa galerie, deux membres fondateurs du kibboutz dans le petit musée local, etc.

Toutes ces activités, visites et rencontres ont été enrichissantes, animées, émouvantes et ont contribué au succès de ce séminaire. Aux dire des participants, il a été positif et a permis à chacun de faire des progrès à son niveau.

  1. Pour finir, un point important à aborder dans le cas d’un séminaire en résidentiel, celui de l’hébergement. Bien que les chambres ou les petits appartements (2 pièces) soient propres et assez correctement équipés, l’hébergement est, disons le franchement, assez spartiate. Pour un séjour de courte durée comme le nôtre, la grande majorité des participants a estimé que cet aspect était un peu secondaire. Mais pour un séjour plus long, il pourrait être préférable de choisir de séjourner à l’hôtel du kibboutz.

Si vous êtes intéressé par cette formule, vous pouvez vous adresser au kibboutz Mashabei Sadeh. 00972 8 656 54 22

Le kibboutz n’a pas de site internet, mais a une page Facebook

Joëlle P.

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