PARASHAT REEH 2018 : Shabbat du 11 Août – ROSH HODESH ELOUL 💡19:08 Allumage bougies – 20:09 fin

LA MOITIE DU VERRE PLEIN OU VIDE ? Question d’optique !

La Sidra de cette semaine commence par un verset assez énigmatique ; en effet, HaShem prévient le peuple : « Vois » (au singulier)  » JE mets devant vous (pluriel) aujourd’hui la bénédiction et la malédiction. Deutéronome, XI, 26.

Ces sept mots ont donné naissance à de multiples commentaires répondant aux questions suivantes  :

1)  Pourquoi la péricope commence-t-elle par le verbe « voir » alors que par la suite c’est le verbe « entendre » qui est utilisé ?

2)  Pourquoi l’Eternel parle-t-IL au singulier pour ensuite s’adresser au pluriel à tout le peuple ?

Pourquoi, dans ce verset, HaShem en Se désignant utilise-t-IL le pronom personnel ANOKHI au lieu d’employer la tournure simple de ANI ?

Pourquoi, dans ce verset, met-IL l’accent sur le complément de temps : HAYOM que l’on retrouve encore dans les deux versets suivants 27 et 28 ?

Voici donc un aperçu des explications aux singularités relevées ci-dessus :

En nous appuyant sur les midrashim ou sur différents autres textes empruntés à différents traités de Guemara, nous savons qu’en cas de témoignage la vision prévaut l’ouïe. C’est un peu dans ce sens que nous avons pu lire qu’au moment de la promulgation de la Torah les Bené Israël ont « vu »les paroles d’HaShem.

Nous avons souvent développé le fait que chaque individu du peuple d’Israël constitue un microcosme et que l’ensemble des microcosmes forme le macrocosme qui est le Peuple d’Israël. Chaque individu possède son libre arbitre et donc, libre à lui d’agir comme il l’entend à condition toutefois qu’il soit conscient du fait que toute action –bonne ou mauvaise – s’inscrira dans la mémoire du macrocosme. Ce qui signifie, en clair, que chaque être humain et ses actions a une responsabilité dans le sort commun qui sera celui de toute la communauté juive. C’est la raison pour laquelle le Créateur s’adresse à chaque Juif en particulier pour que chacun se sente concerné mais, en même temps pour motiver la communauté tout entière.

Dans quatre parashioth (Nitsavim) chapitre XXX verset 15, se trouve un verset presque semblable dans lequel, pourtant, HaShem n’emploie pas le pronom personnel « JE » dans sa forme emphatique ANOKHI mais tout simplement c’est le JE tout simple conjugué au passé qui est utilisé :

רְאֵה נָתַתִּי לְפָנֶיךָ הַיּוֹם, אֶת-הַחַיִּים וְאֶת-הַטּוֹב, וְאֶת-הַמָּוֶת, וְאֶת-הָרָע

La présence, dans le verset de la sidra REEH, du mot ANOKHI est voulue pour rappeler les Dix Paroles gravées sur les Tables de Pierre, car la première de ces DIX paroles commence par ANOKHI, ces mêmes paroles qui, d’après la Tradition contiennent les 613 commandements de la Torah.

L’accent porté sur le mot HAYOM fait allusion, nous dit le « Kli Yakar », sur la durée de la circonvolution solaire. Tout se passe comme si l’homme auquel S’adresse le Créateur n’avait en sa possession que peu de temps pour corriger sa vision ou plutôt son optique. Tout se passe comme si D disait à Sa créature : voici que tu as, aujourd’hui du lever au coucher du soleil pour choisir le bien ou le mal, la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction.

Or, HaShem dit « VOIS » et il est question de bénédiction ou de malédiction. VOIS ce sont les yeux. La bénédiction et/ou la malédiction c’est la bouche de celui qui les prononce et les oreilles de ceux qui les entendent.

Lorsque les Bené Israël ont « vu » au pied du Sinaï les « voix » d’HaShem l’esprit de chacun d’eux manifesta sa présence par la volonté d’observer ces paroles divines, MALGRE la personnalité de chaque individu. En hébreu, malgré se dit « af âl pi » אף על פי   (אע »פ) ces trois lettres font allusion aux trois organes cités plus haut : les yeux (eynayim) la bouche (pé) et les oreilles (oznayim) ce qui signifie que  bien que chacun entende, voie et parle, notre volonté doit nous entraîner vers le bien. Notre vision doit nous entraîner à considérer le bien qui est en lui.

Lorsqu’HaShem ordonne de dénombrer le peuple IL insiste pour que le dénombrement se fasse, de façon à ce que tout individu soit considéré comme un être à part et non pas comme un objet. Que chacun soit considéré comme un joyau, comme quelque chose d’important et pas, comme un brin de paille qui n’a aucune particularité ni aucune valeur.

Bien au contraire, chaque être humain a reçu un rôle bien précis à remplir dans ce monde ci et, s’il ne le remplissait pas sa mission aurait échoué.

La mission confiée au moment de la conception consiste à faire en ce bas monde quelque chose qui se reproduira dans le monde futur c’est la raison pour laquelle l’on enseigne que pour celui qui sauve un homme  l’on considère qu’il a sauvé un monde tout entier et également, lorsque quelqu’un meurt on dit qu’il est « niftar lebeyt ôlamo » c’est-à-dire, en quelque sorte, qu’ il a rejoint « son monde » (beyt ôlamo) le mot niftar est la tournure passive du verbe dispenser c’est-à-dire qu’il est dispensé (de faire les mitsvoth).

Par la suite, les Bené Israël, reçoivent l’ordre, en entrant sur cette terre promise de détruire tous les lieux d’idolâtrie et de s’installer pour faire régner en terre d’Israël  la Sainteté et la Pureté.

Moïse, en suppliant tant HaShem de le laisser entrer sur ce sol promis à Abraham, Isaac et Jacob, désirait de toute son âme détruire tous ces lieux impurs que l’Eternel exécrait (exècre toujours).

La section hebdomadaire poursuit ses conseils avec la générosité avec laquelle on doit agir vis-à-vis des proches parents et encore de penser à éloigner du cœur de l’homme toute pensée qui pourrait entraîner à agir de manière malhonnête comme quelqu’un qui contracterait une dette dans l’espoir de la voir s’effacer à l’approche de l’année shabbatique. Ou quelqu’un qui, au contraire refuserait son aide à un nécessiteux à cause d’un problème de recouvrement de la dette.

Caroline Elishéva REBOUH

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