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Les apprentis ont leur championnat du monde

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Un millier de jeunes du monde entier se sont affrontés dans une compétition qui valorise les métiers manuels.

Berufe-Weltmeisterschaft
Une compétition sportive en bonne et due forme, mais avec des contrats de travail à la clé! Près de 1000 jeunes de moins de 23 ans, venus de 53 pays, ont participé de mardi à dimanche aux 42es Olympiades des métiers, organisées à Leipzig en Allemagne. Cette manifestation, qui a lieu tous les deux ans, rassemble les meilleurs apprentis et artisansexerçant leurs talents dans une cinquantaine de secteurs allant de la coiffure à la maintenance aéronautique en passant par la mécanique, la couture, le fraisage, la maçonnerie et les technologies de l’information. Comme aux Jeux olympiques, les vainqueurs remportent des médailles d’or, d’argent et de bronze. «Cette manifestation montre que les métiers manuels et l’apprentissage ne sont pas des voies de garage mais qu’ils assurent un avenir», explique ­Michel Guisembert, président de WorldSkills France qui organise les sélections dans l’Hexagone.

La France, qui souhaiterait organiser les Olympiades en 2019, a envoyé à Leipzig la plus forte délégation avec 45 champions en contrat d’apprentissage et de professionnalisation, à la fac ou déjà salariés en entreprise. «Je suis titulaire d’un CAP et d’un brevet professionnel», crâne fièrement le fleuriste Pierre Leray, 21 ans, qui travaille dans un magasin à Saint-Lô. Leur point commun? Tous aiment leur métier ou futur métier et se donnent à fond. Et parfois de manière inattendue… «J’ai découvert la peinture automobile en quatrième. Mon père carrossier m’a proposé de gagner un peu d’argent un été en travaillant sur un camion que j’ai poncé», avoue Sophie Munch, 20 ans, qui termine fatiguée sa journée d’épreuves malgré le soutien de ses parents et amis venus en minibus du Sud-Ouest pour l’encourager.

Le Brésil envoie Lula

Les candidats ne doivent pas seulement exceller sur le plan technique, ils doivent aussi être capables de gérer la pression: travailler pendant une vingtaine d’heures sous le regard de 150.000 visiteurs et de 10.000 enfants des écoles primaires de la région qui ont défilé dans les allées du parc des expositions de Leipzig. Un bon entraînement pour la vie active

Mais leurs efforts sont récompensés. De grands groupes comme Samsung et Volkswagen ont sponsorisé la manifestation dans l’espoir de découvrir de nouveaux talents. D’autres professionnels sont également à l’affût. «Je suis venu repérer un ou deux serveurs en salle. Je peux choisir entre les meilleurs du monde», explique Julien Gardin, manageur assistant au restaurant britannique The Fat Duck, dans la banlieue de Londres, désigné meilleur restaurant du monde en 2005.

Alors que la France a longtemps dédaigné l’alternance et mise ­toujours sur les emplois aidés et les contrats de génération pour ­combattre le chômage des jeunes, d’autres pays parient sans ­sourciller sur l’apprentissage. La Corée du Sud rémunère ainsi ­pendant deux ans les participants aux Olympiades pour leur ­permettre de s’entraîner dans ­l’espoir de remporter le maximum de prix. Elle verse même un ­pactole de plusieurs dizaines de milliers d’euros à ceux qui ­décrocheront l’or.

Le Brésil, qui accueillera les ­prochaines Olympiades, a envoyé son ex-président Lula. L’ancien ouvrier tourneur est venu vanter les mérites de la formation professionnelle pendant une heure ­devant plus de 300 représentants de l’industrie et de l’éducation. La France, elle, s’est contentée d’envoyer un membre du cabinet de Michel Sapin, le ministre du Travail.

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