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Un accord sans précédent : Assuta renoncera à ses services privés à Ashdod, mais combien recevra t-il de l’Etat ?

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Les ministères de la santé et des finances s’apprêtent à signer dans les prochains jours un accord sans précédent, selon lequel l’Etat transférera au centre hospitalier Assuta la somme de 370 millions de NIS, répartis sur 5 ans, en contrepartie de la renonciation au permis de mise en opération de services médicaux privés à hauteur de 25% des activités du nouvel hôpital d’Ashdod.

Le ministère de la santé délivrera aussi à Assuta Ashdod des permis médicaux qui n’étaient pas inclus dans l’accord initial d’établissement de l’hôpital, afin de permettre notamment la création d’un service de cancérologie comprenant 2 accélérateurs linéaires, l’acquisition d’une machine IRM, et la création d’un service de cathétérisme cardiaque et d’un service de Fécondation In Vitro. 4 services généralement considérés rentables par les hôpitaux. Des fonds seront alloués sous forme de primes afin d’attirer les médecins.

Selon les conditions de l’appel d’offre pour la construction et la mise en service du centre hospitalier Assuta à Ashdod, ce dernier bénéficie d’un permis de mise en place de services médicaux privés à hauteur de 25% de ses activités. Ce permis aurait érigé le nouveau centre hospitalier au rang de seul hôpital de la région du centre autorisé à proposer ces services, qui sont déjà mis à disposition à Jérusalem, dans les hôpitaux Hadassa et Shaarei Tzedek. Cet avantage a été inclus dans l’accord afin d’aider le nouvel hôpital à attirer des médecins, et notamment des médecins réputés – Certainement le plus grand défi lors de l’établissement d’un nouvel hôpital.

L’accord stipule que les fonds transférés à Assuta seront principalement alloués aux primes données aux médecins employés du centre, afin de compenser en quelque sorte les avantages liés aux services privés. L’ouverture des nouveaux services d’oncologie, de cathétérisme, de FIV et d’IRM, devrait également générer des revenus supplémentaires, « indemnisant » ainsi le centre hospitalier pour les pertes associées aux services médicaux privés.

Les parties, constituées de membres du personnel du ministère de la santé, du département budgétaire du ministère des finances, et de la direction d’Assuta et de Maccabi, mènent à cet effet depuis plusieurs mois des négociations intenses, sous l’aile du Ministre des finances, Moshé Kahlon, et du Ministre de la santé, Yaakov Litzman.

Employer des immigrants français

La critique du permis délivré à Assuta n’est pas récente, et a en réalité commencé dès la publication de l’appel d’offre pour l’établissement de l’hôpital. Ce permis avait alors été ajouté à l’accord initial, après que l’Etat ait réalisé la rareté des prétendants à l’établissement d’un nouveau centre hospitalier.

Le ministère des finances ne souhaitait pas que la main mise relative de l’état sur la création de ce nouveau centre hospitalier le transforme de facto en hôpital gouvernemental ; de là est née l’idée d’une mise en place de services médicaux privés, qui auraient rentabilisés la mise en service de l’hôpital, et auraient permis à Assuta d’engager des médecins originaires du centre du pays. Assuta était par ailleurs le seul prétendant à l’appel d’offre, après le retrait d’un groupe dirigé par Clalit.

Cependant, cette idée n’a pas plu à tout le monde. Notamment après la crise de l’hôpital Hadassah, suivi du rapport de la commission Gabay, qui ont démontré que les services privés peuvent être destructeurs.

En 2012, l’Association pour les droits du citoyen, Médecins pour les droits de l’homme, et le Centre Adva, ont fait appel de la décision de proposer des services médicaux privés dans le nouvel hôpital, soutenant que la mise en place de ces services dans le cadre d’une option médicale payante mènerait à une atteinte à l’égalité des droits à l’accès aux services de santé, et à un affront fait aux personnes qui n’ont pas les moyens financiers d’accéder aux services médicaux privés.
L’appel, qui a été rejeté pour cause de dépassement du délai raisonnable, n’a toutefois pas calmé la critique et l’insatisfaction liées à ces services privés. Dans le rapport de la commission German publié en 2014, la majorité des membres de la commission, qui ont débattu du sujet pendant des dizaines d’heures, ont conseillé que les Ministères de la santé et des finances « s’appliquent à modifier l’accord signé avec Assuta », en reconnaissant néanmoins qu’une telle modification nécessiterait « une autre compensation qui permettrait l’établissement du centre hospitalier et sa mise en service ».

Le centre hospitalier Assuta Ashdod devrait ouvrir ses portes l’année prochaine, une ouverture qui devrait conclure l’aboutissement du projet phare du Groupe Assuta, et dans une certaine mesure, de sa société mère, les Services de Santé Maccabi. Le nouvel hôpital a reçu de l’état un engagement d’allocation d’une aide de 527 millions de shekels, qui s’ajoutent donc aux 370 millions de shekels prochainement versés, finançant donc la réalisation de l’hôpital à hauteur d’un total de 900 millions de shekels. Selon des sources proches du dossier, Assuta investit également ses capitaux propres dans l’établissement du futur hôpital.

Cet hôpital, construit après un long combat des habitants de la région, est le premier hôpital général construit depuis 3 décennies en Israël. Il succède à l’hôpital gouvernemental Wolfson, inauguré en 1980, à l’hôpital public-privé Maayané Yehoshua, inauguré en 1990, et à l’hôpital pédiatrique Schneider des Services de Santé Klalit, en 1991.

Le nouveau centre hospitalier s’étendra sur 7 hectares, et comprendra dans un premier temps 300 lits, un nombre qui à l’avenir devrait atteindre 1000 lits. L’hôpital fonctionnera selon un modèle conjuguant services hospitaliers et communauté. Assuta a déjà commencé à recruter des médecins, infirmiers, et autres membres du personnel hospitalier, notamment parmi les immigrants français.

Un débat houleux a récemment surgi au sein d’Assuta, après la surprenante destitution du PDG d’Assuta, Pinhas Tsruya, par le Conseil d’Administration de la société. Selon des sources proches de Maccabi et d’Assuta, il n’existe aucun lien entre cette destitution et l’accord d’annulation des services médicaux privés et de compensation à Assuta. Assuta avait alors annoncé que les parties « ont conclu cordialement à sa destitution, au vu des différences d’opinion concernant le futur d’Assuta ».

Adaptation Ashdodcafe.com
source Ashdodnet

 

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