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Psychologie et judaïsme : question d’humilité par Hanna Lachkar Haddad, Psychologue – Psychothérapeute

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L’humilité est la forme la plus aboutie de la connaissance de soi. Elle suppose une conception claire et lucide de ce que l’on est réellement et de la place que l’on occupe dans le monde.

Pour la psychologie :

Pour I.Najar, psychanalyste, être humble suppose que nous posions un regard neutre  sur nous  avec un certain recul et aussi la capacité de se regarder avec humour. L’humilité c’est aussi la capacité de favoriser la prise de conscience des principes d’impermanence (tout est en constante évolution) de toutes choses et d’interdépendance entre les êtres. Ceci se manifesterait par le fait d’accueillir la critique  argumentée et respectueuse, d’examiner ses actes, ses choix  et son comportement. Tout cela entraînerait une remise en question, facteur de progrès. C’est le cas  quand  on ose dire tout simplement « je ne sais pas » lorsque c’est le cas sans se justifier. Aussi quand on demande de l’aide, des conseils à son entourage privé ou professionnel et en entretenant des relations égalitaires, enrichissantes et que l’on reconnait ses erreurs, ses fautes et que l’on sait s’excuser ou demander pardon, on fait preuve d’humilité.

Cet effort pour résister à la pression pour devenir humble pourrait au moins trouver deux justifications :                                                                                                                                                  – – La première  serait motivée  par  l’amour de la vérité dictée par notre nature profonde. Puisque l’orgueil est mensonge et illusion, il est de notre devoir éthique de travailler pour être plus humble, de façon à sortir de ce mensonge et de nous rapprocher de la vérité de ce que nous sommes.                                                                                                                                                      – La deuxième justification est d’ordre plus psychologique, car l’orgueil est à la source de la majorité de nos souffrances  psychiques. La vie vient nous rappeler que nous ne sommes, ni le centre ni le sommet de l’univers. Construisons-nous des stratégies qui nous permettent de denier cette endurance?  Nous essayons de colmater les brèches  pour maintenir coûte que coûte cette illusion quand nous faisons preuve :

  • de mauvaise foi (refus de remise en question)
  • nous sommes jaloux  (comment se fait-il que l’autre reçoit alors que je suis au centre ?)
  • nous frimons (se créer une identité extérieure et superficielle).
  • nous pouvons jouer aux timides (vivre  dans la peur de faire face a la réalité), se trouver « nul »  (être déçu de se voir si bas alors que l’on est sure de valoir plus).

Alors comment en sortir ?
Il faudrait tout d’abord prendre conscience de sa propre valeur, cessé de juger et de dévaloriser autrui.  Mais surtout se taire quand nous avons envie de frimer, de montrer notre supériorité, de donner des leçons, de montrer que nous avons raison. Alors nous pourrons accepter les critiques, étudier les justifications et en tirer leçon.  Il sera temps alors de s’accepter avec ses manques et ses insuffisances. Il en résultera un sentiment de sérénité et de plénitude, fondations idéales pour pouvoir aller de l’avant, et pour développer et réaliser ses projets.

Pour la Thora :

L’homme juif doit toujours garder en tête l’origine de son autorité. Dans la pensée juive l’arrogance est le pire des traits de caractère tandis que l’humilité est le plus méritoire. Dans la paracha Bamidbar il nous est démontré que l’humilité est la condition du Don de la Thora. En effet, si un homme fait de lui-même un désert,  il pourra recevoir la Thora. L’homme doit donc se vider de son savoir, de ses préjugés, faire table rase et ainsi la Thora lui sera donnée. Il s’agit de faire preuve de simplicité et d’humilité face à l’infini du message divin qui nous est donné dans la Thora, et ce, quel que soit le degré de connaissances qu’on a pu acquérir ailleurs. L’homme  »désert » c’est la capacité qu’a celui de s’arracher à son paysage naturel et rassurant et de se retrouver face a face avec l’infini du désert, inquiétant et en même temps fascinant.
Lorsque la Thora veut faire l’éloge de Moise,  elle le décrit lui et lui seul, comme le plus humble de tous les hommes (Les nombres 12.3). Cette qualité représente la forme la plus élevée et la plus authentique du charisme. Il faut savoir que l’humilité n’équivaut pas à l’absence d’estime de soi mais est l’acceptation du fait qu’il existe des choses plus importantes que mes propres besoins ou envies. Plus un leader est humble, plus il est grand aux yeux de D.
L’honneur, le pouvoir, et l’auto-glorification ne présentent aucun intérêt. Dans la loi juive le peuple n’est pas au service du roi mais c’est le roi qui est au service du peuple.                                    L’arrogance conduit rapidement à la médiocrité, l’humilité en revanche ouvre la voie à la grandeur. Et ce n’est pas par hasard si la Thora considère Moise « le plus humble de tous »   comme étant l’être humain le plus grand qui ait vécu sur la terre.

SOURCES: F.Mazelin « cinq règles monastiques a adopté au quotidien ».
La grandeur de l’humilité Aish.com. Commentaires paracha Bamidbar. Essence de la Thora Rav M.Chriqui et Dr A.G.Morali.

Cet article vous a interpellé ou vous souhaitez poser des questions : N’hésitez pas à me faire partager vos réflexions en écrivant sur ma messagerie facebook – Anne Lachkar Haddad. Merci pour l’intérêt que vous porter à cette rubrique.

Hanna Lachkar Haddad
Psychologue, psychothérapeute.
Enfants, adolescents et adultes.
0526525534 / 088642814

 

 

 

 

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