La police israélienne adapte désormais le niveau de contrôle de chaque radar à la dangerosité de la route. Sur certains axes, quelques kilomètres-heure au-dessus de la limitation pourraient suffire pour recevoir une amende.
Les automobilistes israéliens vont devoir redoubler de vigilance. La division de la circulation de la police israélienne a annoncé une modification prochaine des seuils de déclenchement des radars automatiques fixes de type A3 installés sur les routes et aux carrefours du pays.
Cette nouvelle politique ne modifie pas les limitations de vitesse indiquées par les panneaux. Elle change en revanche le seuil à partir duquel un dépassement pourra être photographié et donner lieu à l’envoi d’une contravention.
Un seuil différent selon la dangerosité de chaque route
Jusqu’à présent, de nombreux conducteurs pensaient bénéficier d’une certaine tolérance au-dessus de la vitesse autorisée. Désormais, il ne sera plus possible de se fier à une marge supposée identique sur l’ensemble du réseau routier.
La police a procédé à une évaluation individuelle de chaque radar et de chaque tronçon concerné. Plusieurs critères ont été examinés :
- la configuration et les caractéristiques de la route ;
- la densité de la circulation ;
- le nombre d’accidents enregistrés ;
- le nombre et la gravité des victimes ;
- la présence de carrefours ou de zones particulièrement sensibles ;
- les facteurs de risque propres à chaque secteur.
À l’issue de cette analyse, le chef de la division de la circulation, le commissaire Haïm Shmueli, a décidé d’adapter les paramètres de contrôle aux conditions réelles de chaque axe routier. La police israélienne confirme que la mise à jour entrera en vigueur dans les prochains jours.
Des contrôles renforcés dans les zones les plus dangereuses
Sur les routes considérées comme particulièrement accidentogènes, les radars pourront être déclenchés beaucoup plus rapidement, même lorsque le dépassement de la vitesse autorisée est relativement faible.
À titre d’exemple, sur une route limitée à 70 km/h et présentant un niveau de risque élevé, une infraction pourrait être constatée dès 75 km/h, alors que le radar pouvait auparavant être réglé pour se déclencher à une vitesse plus élevée. Cet exemple a été présenté dans la presse israélienne pour illustrer le nouveau dispositif ; il ne constitue toutefois pas une règle générale applicable à toutes les routes. Ynet détaille le durcissement envisagé sur certains axes.
À l’inverse, certains radars installés dans des secteurs considérés comme moins dangereux pourraient conserver une marge de déclenchement plus importante, voire voir leur seuil relevé.
La localisation des changements ne sera pas publiée
Point important pour les automobilistes : la police ne prévoit pas de rendre publique la liste des radars concernés ni les nouveaux seuils appliqués sur chaque route.
Un conducteur ne pourra donc pas savoir à l’avance si le radar devant lequel il passe a été réglé de manière plus stricte. La seule référence fiable demeure la limitation de vitesse affichée.
Il faut également rappeler qu’une éventuelle marge technique ne constitue ni une autorisation de dépasser la vitesse maximale ni un droit accordé aux conducteurs. Elle correspond notamment aux contraintes de mesure et aux paramètres internes du dispositif de contrôle.
Une mesure qui pourrait entraîner davantage de contraventions
La conséquence la plus immédiate pourrait être une augmentation du nombre de procès-verbaux pour de faibles dépassements de vitesse, notamment dans les secteurs considérés comme dangereux.
Les radars A3, reconnaissables pour la plupart à leur boîtier orange installé sur le bord des routes ou à proximité des intersections, fonctionnent automatiquement. Lorsqu’une infraction est enregistrée, le véhicule est photographié et la contravention est ensuite adressée au propriétaire.
La police insiste néanmoins sur le fait que l’objectif de cette réforme n’est pas d’augmenter les recettes liées aux amendes, mais de modifier le comportement des automobilistes avant même qu’une infraction ne soit constatée.
Réduire la mortalité sur les routes israéliennes
Cette décision intervient alors que les accidents de la route ont causé, au cours de l’année écoulée, la mort de plusieurs centaines de personnes et fait des milliers de blessés en Israël.
Selon la police, même un dépassement limité à quelques kilomètres-heure peut avoir des conséquences importantes : la distance de freinage augmente, le temps disponible pour réagir diminue et la gravité d’une collision peut être considérablement aggravée.
« La vitesse autorisée n’est pas une recommandation, mais la limite fixée pour protéger la vie de chacun », a rappelé le commissaire Haïm Shmueli. Il estime qu’un procès-verbal qui n’est pas dressé parce qu’un automobiliste a choisi de ralentir constitue, pour la police, une réussite.
Ce que les conducteurs doivent retenir
À partir de l’entrée en vigueur des nouveaux réglages, il faudra considérer que tout dépassement de la vitesse autorisée est susceptible d’être constaté, même s’il paraît minime.
La recommandation est donc simple : respecter strictement la vitesse indiquée, y compris sur les trajets habituels et sur les routes où les automobilistes pensaient jusqu’ici connaître la marge de déclenchement des radars.
La police appelle les conducteurs à ne pas attendre la présence d’un radar ou d’une patrouille pour ralentir : la responsabilité commence dès la prise du volant.
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