À Ashdod, l’artiste de rue Dudi Shoval a découvert une inscription accusant Israël de « génocide ». Alors que le documentaire « NAZA » provoque une vive controverse en Israël et à l’étranger, il a décidé de transformer entièrement le mur pour en faire sa propre œuvre de protestation, visant les réalisateurs Yuval Abraham et Rachel Szor.
Un mur d’Ashdod sur lequel avait été inscrit en anglais « No pride in genocide » (« Aucune fierté dans le génocide ») a complètement changé d’apparence ces derniers jours.
L’artiste graffeur d’Ashdod Dudi Shoval, qui avait découvert cette inscription, a décidé de ne pas la laisser en l’état. Il l’a recouverte et intégrée à une nouvelle fresque aux couleurs bleu, blanc, noir et rouge.
Sur cette œuvre apparaissent les portraits de Yuval Abraham et Rachel Szor, les réalisateurs du documentaire « NAZA », accompagnés du mot « traîtres ».
Une réponse à la polémique autour de « NAZA »
Cette initiative intervient alors qu’une importante controverse entoure le documentaire, récompensé ce week-end par le Prix spécial du jury au Festival du film de Venise.
Le film s’appuie sur les témoignages anonymes de 24 soldats et membres des services de renseignement israéliens, dont les visages et les voix ont été modifiés afin de préserver leur identité. Ils y formulent notamment de graves accusations concernant les méthodes de sélection des cibles et les pertes civiles durant la guerre à Gaza.
Tsahal rejette catégoriquement les accusations
Le documentaire a suscité de très vives réactions en Israël.
Tsahal a rejeté catégoriquement les accusations présentées dans le film, soulignant que l’anonymat des témoins ne permet pas de vérifier leur identité, leurs fonctions ni leur degré réel d’implication dans les événements qu’ils décrivent.
L’armée affirme également avoir relevé des contradictions et un usage qu’elle considère erroné de certains termes juridiques. Selon elle, certaines affirmations sont attribuées à des personnes qui, compte tenu des fonctions décrites, ne devraient pas disposer des informations qu’elles prétendent connaître.
Le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, s’est également opposé aux affirmations du documentaire. Concernant notamment l’allégation selon laquelle une frappe susceptible d’entraîner la mort de centaines de civils aurait pu être autorisée, Tsahal a qualifié cette affirmation de fausse.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a lui aussi vivement condamné le film, le qualifiant d’« incitation choquante ».
Les réalisateurs défendent leur démarche
De leur côté, Yuval Abraham et Rachel Szor maintiennent les accusations présentées dans leur documentaire. Ils affirment que leur objectif est de mettre en lumière ce qu’ils décrivent comme des mécanismes ayant conduit à des pertes civiles massives dans la bande de Gaza.
Abraham et Szor figuraient également parmi les créateurs de « No Other Land » (« No Other Land – Aucune autre terre »), récompensé aux Oscars l’année précédente.
À Ashdod, Dudi Shoval choisit le graffiti pour répondre
Face à cette polémique, Dudi Shoval a choisi de réagir à sa manière.
Dans une vidéo montrant la réalisation de sa fresque, on le voit effacer certaines parties du slogan initial avant de peindre sa nouvelle œuvre.
Pour l’artiste d’Ashdod, ce « mur de la honte » constitue une réponse directe à ceux qui accusent Israël et Tsahal de crimes de guerre et de génocide.
Une intervention artistique qui, à son tour, ne manquera probablement pas de susciter le débat dans un contexte où le documentaire « NAZA » continue de provoquer de fortes réactions en Israël comme à l’étranger.
AshdodCafé
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