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Cantique des Cantiques: Le Narcisse du Sharon et la fleur de Lys

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«אֲנִי חֲבַצֶּלֶת הַשָּׁרוֹן, שׁוֹשַׁנַּת הָעֲמָקִים »le narcisse du sharon et la fleur de lys

«Je suis le narcisse du Sharon, le narcisse [ou le Lyss] des Vallées » (Cantique des Cantiques 2, 1)

«יְשֻׂשׂוּם מִדְבָּר וְצִיָּה וְתָגֵל עֲרָבָה וְתִפְרַח כַּחֲבַצָּלֶת»

«Que le désert et le sol brûlé se réjouissent! Que la plaine aride exulte et fleurisse comme le narcisse! » (Isaïe 35, 1)

 

חֲבַצֶּלֶת הַשָּׁרוֹן/ ‘HaBaTSeLett HaSharon (Pancratium maritimum) est généralement identifiée à la plante appartenant à la famille des Narcissesחֲבַצֶּלֶת הַחוֹף / ‘HaVaTSeLett Ha’Hof fleurissant sur le littoral d’Israël à partir du mois de Av (Juillet-Août) jusqu’en octobre. Ses six grands pétales d’une éclatante blancheur lactée prennent toute leur ampleur sur fond de mer et de ciel bleus.  Les reflets des rayons solaires au crépuscule lui procurent une teinte bleue-blanche qui n’est point sans rappeler les deux couleurs du drapeau national de l’état d’Israël. De plus, une fine et agréable odeur, proche du jasmin, émane du narcisse du Sharon.

Le nom חֲבַצֶּלֶת (‘HaVaTSeLett) serait construit à partir de la racine  trilittère ב. צ. ל. )B. TS. L.) signifiant «oignon» ou «bulbe». Le mot «bulbe» (BaTsaL) ((בָּצָל peut aussi se lire בַּצֵּל (BaTseL), «à l’ombre de»: en effet, cette plante composée d’un bulbe,  classée parmi les plantes géophytes ou cryptophytes, repose endormie, cachée sous les sables de la région du Sharon (Centre d’Israël) et de la Shefela (plaine côtière) où abondent les pluies durant tout l’hiver.

Dans le contexte du Cantique des Cantiques, le narcisse du Sharon symbolise la pudeur (plante enfouie sous terre) et la pureté virginale de l’amante (blancheur des pétales) qui, malgré les conditions difficiles du monde extérieur, (brûlures du sel marin et la forte chaleur d’été) s’offre dans toute sa parure à son bien-aimé. Le narcisse du Sharon qui fleurit dès TouBeav, la fête de l’amour, possède six pétales qui ne sont point sans rappeler la couronne de la fiancée bien-aimée, future mariée, dont la beauté intérieure et les effluves enivrants de son noble corps ajoutent à son attrait naturel. Erets Israël, la Bien-aimée de Dieu, se réjouit aux premiers signes de refleurissement du désert se parant tout de blanc comme une mariée disposée à la rencontre nuptiale tant attendue. Nous devons remarquer le jeu phonétique de la source biblique: יְשֻׂשׂוּם מִדְבָּר – (YeSsouSsoum Midbar: Isaïe 35, 1); les deux consonnes Sine (שֻׂ שׂ) du verbe «se réjouir» (dont la racine est: שֹישֹ) accolées l’une à l’autre rappellent les deux SHine (שׁשׁ) signifiant «six», autrement dit, les six pétales du narcisse ou du lys. L’anthropomorphisme de la terre d’Israël par le poète du Cantique des Cantiques a pour but de montrer le lien vivant entre l’épouse (Erets Israël) et son Bien-aimé, Dieu, qui comble sa bien-aimée d’amour.

De plus, gardons-nous de confondre, sur le plan botanique et physiologique, le narcisse du Sharon et le שֹׁושָׁן הַצָּחוֹר (SHoSHaN HaTsa’HoR), la fleur de Lys qui ornera les emblèmes royaux de France, appartenant à la famille des lys (liliacées).  La fleur de lys n’apparaît qu’à partir du mois de mai, soit trois mois avant celle du narcisse de Sharon et ne s’épanouit que sur les Monts du Carmel (Au Nord d’Israël) et non pas sur la plaine côtière.

Quant à la Shoshanat HaAmaqim – שׁוֹשַׁנַּת הָעֲמָקִים, composant la seconde partie du verset du Cantique des Cantiques (2, 1), on l’identifie ou bien au narcisse des Vallées (Narcissus tazetta) ou bien à la fleur de Lys qui disparaît quasi-totalement d’Israël après que les Croisés, s’inspirant de la symbolique théologique catholique, selon laquelle l’ange Gabriel serait apparu à Marie tenant une fleur de Lys, en arrachent les bulbes afin de les exporter en Europe.

Quoi qu’il en soit, de nombreuses versions bibliques traduisent improprement ces mots: «Shoshanat HaAmaqim» – «שׁוֹשַׁנַּת הָעֲמָקִים»par «rose des vallées». En effet,  comme son nom hébraïque l’indique clairement, la SHoSHanat HaAmaqim comporte les deux consonnes שש (SH-SH = SHeSH = 6 – שֵׁשׁ) rappelant les six pétales de la fleur.

«אֶהְיֶה כַטַּל לְיִשְׂרָאֵל יִפְרַח כַּשּׁוֹשַׁנָּה וְיַךְ שָׁרָשָׁיו, כַּלְּבָנוֹן»

«Je [Dieu] serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lys et enfoncera ses racines comme [le cèdre] du Liban» (Osée 14,6)

http://blog-fr.eteacherbiblical.com

Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

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