Accueil L'Actu Le portrait robot de l’expatrié français est en pleine mutation !

Le portrait robot de l’expatrié français est en pleine mutation !

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Le profil du Français qui part s’installer à l’étranger ne se résume plus simplement au cadre soucieux de booster sa carrière ou au fonctionnaire en goguette. De plus en plus de jeunes diplômés et de retraités sautent les frontières en quête d’un job ou, tout simplement, d’un meilleur niveau de vie.

Combien sont les expatriés français ?

Chaque année, ils seraient entre 100.000 et 115.000 Français à tenter l’aventure de  l’expatriation. Le ministère des Affaires étrangères ne réalise cependant aucun recensement officiel de tous nos compatriotes installés à l’étranger. « Seuls ceux qui sont immatriculés sur le Registre mondial des Français établis hors de France sont comptabilisés précisément, soit 1,6 million de ressortissants, alors que le nombre d’expatriés est estimé à 2,5 millions », commente Hervé Heyraud, fondateur du site d’informations Lepetitjournal.com , destiné aux expat. Un chiffre qui évolue peu. La population française établie à l’étranger n’a progressé que de 3% à 4% ces dix dernières années, rappelle la Maison des Français de l’Etranger dans son étude annuelle.

Qui sont ces Français qui s’expatrient ?

L’expatrié français a moins de 35 ans, est employé par une entreprise locale. Contrairement aux idées reçues, seuls 18% sont détachés par une entreprise basée en France. Un tiers est cadre, 24,6% fonctionnaires, 9,4% exercent une profession libérale, 5,8% sont chefs d’entreprise. La plupart (43%) partent pour le travail. Seuls 3% s’installent à l’étranger pour des raisons fiscales.

Cependant, de nouveaux profils plient bagages depuis quelques années. A commencer par les jeunes diplômés qui quittent l’Hexagone pour fuir un marché du travail plombé par le chômage. « Il n’existe aucune statistique officielle, mais beaucoup d’étudiants débutent leur carrière professionnelle à l’étranger après un échange universitaire ou un stage hors de France », constate Hervé Heyraud. Le volontariat international en entreprises (VIE) remporte d’ailleurs un succès grandissant : 5.600 en 2012 et 9.000 d’ici fin 2013. Ce contrat permet à des jeunes, âgés de moins de 28 ans, d’effectuer une mission professionnelle à l’étranger durant 6 à 24 mois, rémunérée de 1.200 à 3.200 euros par mois, selon les pays.

Une population plus inattendue est prête à s’envoler pour des contrées plus douces : les retraités. Les plus de 50 ans seraient ainsi plus de 800.000 à vouloir quitter l’Hexagone, mais seulement 80.000 auraient vraiment fait leurs valises, selon le site lhirondelle.info, une agence qui vient justement à leur rescousse pour organiser leurs vieux jours à l’étranger. Au total, retraités et étudiants représentaient chacun 5% de nos compatriotes établis à l’étranger, selon la Maison des Français de l’Etranger (MFE).

Combien gagnent-ils ?

Ce ne sont ni des nababs aux revenus mirobolants, ni des routards sans le sou. 36% des expatriés interrogés par la Maison  des Français de l’Etranger (MFE) gagnent entre 30.000 et 60.000 euros net par an. Seuls 19,7% empochent plus de 60.000 euros annuels. D’autres (16,3%) vivotent avec moins de 15.000 euros par an.

S’ils gagnent plutôt bien leur vie, beaucoup négligent toutefois leur couverture sociale. 35% n’ont pas de protection sociale, ni pour eux-mêmes, ni pour leur famille. Un tiers bénéficie d’une couverture financée par leur entreprise, 14% cotisent auprès d’une assurance privée.

Quelle est leur destination de prédilection ?

Là aussi, la géographie des expatriés français a évolué ces dernières années. Si l’Europe reste la principale destination (31% des expatriés), de plus en plus de Français posent leurs bagages en Asie, qui accueille 27% des expatriés. « La population française à Shanghai a triplé en moins de 15 ans estimée à 16.00 personnes selon le consulat local, soit les Européens les plus représentés localement », relève Hervé Heyraud du site Lepetitjournal.com. Vient ensuite l’Amérique du Nord, qui attire désormais autant que le continent africain, puis l’Amérique du Sud (10%). Le Proche et le Moyen-Orient restent pour l’instant peu courtisés (4%).

Quelles langues parlent-ils ?

Anglais, espagnol, allemand, voire même chinois… 63% des expatriés affirment maîtriser, bien ou parfaitement, la langue du pays où ils résident. 28% d’entre eux s’estiment bilingues. Seuls 5% ne peuvent pas du tout s’exprimer dans la langue de leur pays de résidence, principalement en Afrique du Nord et en Europe de l’Est

Quel est leur niveau de diplômes ?

 

Les Français qui vivent à l’étranger disposent d’un bon niveau d’études. A 74%, le taux d’expatriés diplômés de l’enseignement supérieur (niveau bac+3 ou plus) est largement supérieur à celui de la population française métropolitaine (10,4% selon les données de l’Insee). Plus de la moitié affiche un niveau équivalent au master ou au doctorat, un autre tiers dispose d’un bac+3.

Quelle est leur situation familiale ?

Une majorité (65%) vit en couple, contre 58% pour le reste de la population française. Plus de deux expatriés sur cinq partent avec leurs enfants. Ceux qui suivent leur conjoint, en majorité des femmes, n’exercent pas d’activité professionnelle (53,8%), selon la MFE.  Autre constat : nos compatriotes coupent rarement les ponts avec l’Hexagone. Ils sont 86% à rentrer au moins une fois par an en France, principalement pour rendre visite à leur famille et leurs amis. Pour les autres, il s’agit de régler les affaires comme les impôts, la gestion de leurs biens immobiliers, souligne l’étude réalisée par MyExpat, qui propose justement ses services pour éviter ces déplacements « purement administratifs » à ceux – et ils sont nombreux – qui gardent un pied à terre dans l’Hexagone.

Sandrine Chauvin © Capital.fr

 

 

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