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Le mikve ou bain rituel par Caroline Rebouh

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Le Mikvé d'Assaf Ohayon - juillet 2013

Le fait de se laver minutieusement est évoqué à plusieurs reprises dans la Torah surtout dans une optique de purification car, il va sans dire que tout comme nous obéissons à nos instincts naturels pour boire, manger, dormir, il va sans dire que nous devons aussi nous laver (d’un point de vue hygiénique) mais, quel rapport y a-t-il entre se laver, procéder à sa toilette dans un but purement hygiénique et le fait de se « baigner » pour se purifier ?

Le Talmud comporte des traités agrémentés de schémas pour évoquer et expliquer tous les points qui pourraient toucher de très près ou de très loin au fait de se purifier.

Certaines femmes s’exclameront : « aujourd’hui, ne sont pas rares les personnes qui possèdent chez elles des baignoires-piscines avec des jets d’eau chaude dirigeables et autres petites merveilles de la technologie aussi pourquoi devrais-je aller au mikvé alors que j’ai 100 fois mieux chez moi et pour moi toute seule ??!!! »

Les 613 mitsvoth de la Torah ont été relevées et classées dans le Talmud selon 6 « ordres »[1] d’intérêt général et selon  la fréquence avec laquelle l’usager peut se trouver confronté à un problème appartenant à l’un de ces 6 « sedarim ». Ce n’est donc pas pour rien que le Talmud contient un traité entier sur les mikvaoth (pluriel du mot mikvé) – bains rituels. En effet les moindres détails sont consignés sur les dimensions minimales et la contenance d’un bain rituel ainsi que sur la provenance de l’eau et la façon d’approvisionner un mikvé.

La raison d’être d’un mikvé n’est pas l’expression d’un souci de préserver la propreté car, il faut savoir que quiconque doit se tremper dans un mikvé doit être très propre préalablement.

Il existe trois sortes de bain rituel : à l’usage des hommes, à l’usage des femmes et à l’usage des ustensiles.

Le Zohar, à propos de la faute d’Adam et Eve d’avoir consommé le fruit de l’arbre de la connaissance enseigne, que lorsque le premier homme mordit dans ce fruit qu’il lui était interdit de manger,une sorte de cataclysme se produisit, le monde entier se retrouva imprégné d’impureté à l’exception de l’eau[2] qui conserva sa faculté et son rôle originel : purifier.

La qualité de l’eau à utiliser pour la purification se doit d’être une eau naturelle non puisée[3]. Dans certaines contrées ou il y a des amas de neige, l’eau provenant de la fonte des neiges est également une eau permise pour se purifier.

Bien que je répugne à faire appel à des rapports scientifiques pour étayer des raisonnements spirituels, il est édifiant de savoir que, bien que des personnes se soient plongées dans un même bassin, une analyse devant statuer sur la qualité de l’eau montra que le liquide analysé  était de qualité et de pureté équivalente à une eau potable ordinaire !!!

Oui mais…. La personne devant utiliser ce bassin d’eau « purificatrice » devra se baigner dans la même eau que d’autres qui l’auraient précédées et la raison de ne pas s’y présenter serait le dégoût… cela peut se comprendre jusqu’à ce que l’on ait pris conscience qu’en été, et pas seulement, mais toute l’année, la même personne n’hésitera pas à s’immerger dans une piscine dans laquelle se baignent en même temps des dizaines de personnes dont personne ne garantit ni la propreté ni le bon état physique/dermatologique….

Dans le plein exercice de ses fonctions, le Cohen Gadol doit procéder à une immersion rituelle à plusieurs reprises….

Mais, pour prendre ses fonctions, après qu’il ait reçu  l’onction qui confirme qu’il est « choisi » pour être Cohen Gadol, et après l’immersion et seulement après, il pourra revêtir les vêtements sacerdotaux et prendre ses fonctions parmi lesquelles il sera le SEUL ETRE HUMAIN AU MONDE à pouvoir pénétrer dans le Saint des Saints car, l’immersion va lui conférer une position spirituelle la plus élevée concédée à un être humain en le faisant accéder à un degré de sainteté unique et c’est ainsi, qu’il créera par sa personne agréée par le Saint béni soit IL un lien indissoluble entre les sphères de ce monde-ci et la sphère la plus élevée qui soit : KETER. C’est cette proximité qui fera de lui quelqu’un qui ne devra et ne pourra pas se mettre dans l’impureté pas même pour son père ou sa mère ou quiconque.

Le Cohen Gadol devient en quelque sorte « inséparable » de HaShem et il ne pourra, écrira à ce sujet l’auteur du Sefer HaHinoukh, plus ressentir dorénavant de lien « humain » avec les autres hommes !

L’eau a permis à l’homme d’accéder à ce stade de sainteté. L’eau est l’agent qui permet à l’homme de se transcender[4]. L’eau  de la tevila[5] rend l’homme ou la femme consacré/e à son conjoint car le foyer juif est en ceci exceptionnel qu’il comprend la présence de D entre eux pour qu’y règne l’harmonie, l’amour et le respect[6].

La tevila avant laquelle est prononcée une bénédiction place donc cet acte bien au-delà d’une simple toilette hygiénique.[7]

Caroline Elishéva REBOUH

 

[1]Shishasedarim : Zeraîm (cultures), Moëd(fêtes), Nashim(mariages, divorces etc..), Nezikine(Dommages), Kodashim(sainteté), Taharoth(pureté à tous points de vue).

[2] Ici se trouve l’un des motifs du Déluge : purifier le monde par l’eau.

[3] Mer, lac, rivière, fleuve, chute d’eau ou bassin de récupération des eaux de pluie.

[4]La condition est que l’immersion se fasse sans qu’aucune séparation n’empêche la perfection de l’acte? Ne serait-ce qu’un cheveu détaché, un pansement, une couche de vernis sur les ongles.

[5] Bain rituel.

[6] Les détails figurant dans les différentes règles de la pureté familiale, font que les retrouvailles du couple après l’immersion atteignent un niveau de perfection.

[7] En dehors du fait que les recherches scientifiques reconnaissent le bienfait incontestable de l’observation de la circoncision d’une part et de la pureté familiale d’autre part dans l’apparition de très graves maladies chez l’homme et la femme au niveau génital.

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