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PARASHAT PINHAS 5780- Shabbat du 11 juillet 2020 – horaires Ashdod entrée    19 h 29 – sortie 20 h 31

L’ACTE DE BRAVOURE DE PINHAS

La Torah cite le père et le grand-père de Pinhas pour rappeler que dans les gènes du héros de cette sidra se trouvent des traits de caractère déjà exceptionnels : lors qu’eut lieu l’épisode du viol de Dina, fille de Jacob, Lévy, futur chef de tribu, organisa une expédition punitive à Shkhem (Naplouse) de manière à venger l’honneur bafoué de la jeune sœur.

Dans la section précédente de Balak, a été évoqué l’acte de bravoure, (acte hérétique ?) de Pinhas, pourquoi  s’étonneront les exégètes  n’a-t-il pas été question au même moment de la récompense de ce « fou de D » ?

La « faute des shittim » telle qu’elle est désignée a déclenché une épidémie qui a provoqué la mort de 24,000 personnes ! Le fléau s’arrêta dès que Pinhas brandit les corps de Zimri ben Salou et de Kozbi fille de Tsour.   La colère divine fut interrompue par cet acte de bravoure car, il eût pu se produire une réaction violente de la part de Zimri : en effet, se voyant attaqué il aurait pu brandir sa lance contre Pinhas et le tuer ainsi qu’il est dit : הבא להרוגך השכם להורגו ! ou : si quelqu’un veut te tuer, dépêche-toi de le tuer (shemot XXII, 1 et Sanhédrine 72a).

Les deux grands-pères de Pinhas étaient des hommes célèbres puisque du côté paternel, il s’agissait du Grand-Prêtre Aharon et du côté maternel, le grand-père était Yithro qui, s’était converti avant même que ne soit promulguée la Torah. Néanmoins, il est vrai que les délateurs qui se trouvaient dans le peuple auraient pu, lors de l’incident des Bené Israël entraînés à faire des sottises par les filles et femmes de Moav, reprocher à Pinhas de vouloir faire des excès de zèle.  Alors, qu’en réalité, Pinhas s’était laissé emporter dans son mouvement par son désir inébranlable de Paix, comme Aharon qui était « ohev shalom verodef shalom ». Le mot « shalom » est l’expression de l’un des noms de D qui permet de fusionner dans une certaine combinaison les attributs de miséricorde et de justice.

Cet élan d’amour et d’attachement à l’Eternel vaudra au zélateur une récompense immense : la descendance de Pinhas s’illustrera par des Grands Prêtres et ce n’est pas tout : il jouira d’une longévité exceptionnelle car, d’après le Tanakh (Bible) il vivra près de 400 ans ou jusqu’au Juge Yftah ! et non seulement cela, mais la Tradition enseigne qu’ Eliahou Hanavi (Prophète Elie) n’est autre que la réincarnation de Pinhas auquel cas celui-ci est toujours vivant et sa tâche sera, le moment venu, d’annoncer la venue du Mashiah !

Cependant, Pinhas ne sera pleinement accepté et agréé par l’ensemble de la communauté, que lorsqu’il réussira, par la suite à faire régner cette paix complète au sein du peuple tout entier et son Créateur.            Car, si la plupart des commentateurs s’accordent à trouver une certaine ressemblance entre Pinhas et le patriarche Isaac, il n’en demeure pas moins que Pinhas a prouvé qu’il était prêt à aller jusqu’au bout dans ses convictions pour l’Amour de D, Isaac l’exprimant de façon introvertie en acceptant d’être immolé alors que Pinhas a aimé D de façon extravertie en allant jusqu’à tuer pour que D soit aimé et respecté et que revienne sur le « camp d’Israël » la crainte de D. Les deux personnages se ressemblent tant que la valeur numérique de leurs noms est la même (208) !

Le comportement de Pinhas et d’Elie dont la colère s’enflamma à tort sur les enfants d’Israël au sujet de la circoncision est assez voisin et tendrait à prouver que seuls des anges peuvent se conduire en démontrant d’une telle violence et d’un tel zèle. Selon d’autres opinions, le fait que Zimri ait publiquement profané le nom divin dans cet acte de débauche avec une païenne ne concordait pas avec l’acte de violence dont fit preuve Shimôn et Lévy après que leur sœur ait été violée : Shimôn n’a-t-il pas dit à cette époque « traitera-t-on notre sœur comme une prostituée ? » Zimri n’a-t-il donc pas eu conscience de l’importance de son acte ?

Il ressort de cette lecture que les ennemis d’Israël sont toujours à même de fourbir leurs armes et de fomenter des plans pour faire échouer le peuple juif .. Amalek ou Bile’am  s’entendront toujours contre le peuple de D.. Cependant, Les Anciens de Moav et de Midyane n’ont pas attaqué ou n’ont pas guerroyé contre Israël ; ils ont usé d’une ruse ou d’un subterfuge en utilisant leurs plus jolies femmes comme appât. Les Enfants de Jacob n’ont pas su gagner la guerre contre le Yetser Harâ ou le mauvais penchant ! Ils se sont laissé attirer par les vieux instincts de la chair.

Lors de la sortie d’Egypte un autre homme se démarqua du reste de la population par un acte de bravoure et de foi extrême : ce fut Nahshon ben Aminadav ! Lui aussi était lié à Aharon : étant son beau-frère. Il n’était pas ressortissant de la tribu de Lévy mais de la tribu de Yéhouda. Voyant le peuple récriminer et hésiter, dans un acte de foi magistral, il se lança dans les flots de la Mer des Joncs et c’est après cet acte que les flots se fendirent pour laisser passer le peuple. Sa récompense fut la promesse de voir sa descendance s’illustrer des Rois David et Salomon mais le Mashiah descendra de la tribu royale de Juda !

Dans cette sidra, seront citées des personnalités hors du commun puisque Serah « fille d’Asher » est encore vivante, elle, n’a pas connu la mort puisqu’elle a survécu à tous ses contemporains, au moment où l’on parle d’elle dans cette lecture, elle est encore vivante nous dit Rashi et que tous les exégètes soutiennent à son propos, qu’elle est entrée vivante au Gan Eden, n’ayant jamais connu la mort !

Dans cette parasha est évoquée la personnalité de Yokhéved qui fut la 70ème âme des 70 qui sont descendues en Egypte : Conçue par ses parents en Canaan, elle naquit en Egypte où un destin peu ordinaire l’attendait. En effet, elle fut la mère d’Aharon, de Myriam et de Moïse ! Elle fut Shifra l’une des deux sages-femmes (Shifra et Pouâh[1]) qui sauvèrent les bébés mâles hébreux qui naissaient. Elle eut le grand malheur (ה’ ישמור que D préserve) de perdre ses trois enfants de son vivant. Elle entra dans le pays – alors qu’aucun de ses illustres enfants n’aura pu le faire – et vécut 250 ans. A  Tibériade, elle est enterrée avec Tsipora, Bilha et Zilpa.

Cette péricope parle de cinq femmes d’exception en la personne des cinq filles de Tsélofhad.

Qui était-il ? Et qui étaient ses filles ? D’après la généalogie citée dans le texte, Tselofhad était un descendant de Menashé. Lequel était fils de Joseph. En ce cas pourquoi ne pas le citer et, pour quelle raison la généalogie s’arrête-t-elle à Menashé ?

Au moment où Jacob décède, il fait promettre à ses enfants de l’enterrer au Caveau des Pères à Hébron/Kyriat Arba. En dehors de Joseph, aucun des onze autres fils de Jacob ne fit promettre à ses frères d’être enseveli en Israël (ils l’ont tous été de toute façon) mais le seul des 12 fils de Jacob a été Joseph à formuler officiellement son désir de reposer en terre des patriarches.  Et, pendant toute la traversée du désert les Bené Israël ont toujours voulu regarder en arrière et retourner en Egypte et renoncer même au partage des terres au-delà du Jourdain mais ces 5 filles-là, ont réclamé une part de terrain pour s’y établir. A cette époque, l’appartenance à la lignée de Jacob était patrilinéaire et les terrains se transmettaient de père en fils pour la simple et bonne raison qu’une fille pouvait être amenée à être épousée par un homme issu d’une autre tribu et de cette façon les terrains restaient la propriété de la tribu paternelle. Tselofhad décéda sans laisser de fils. Son héritage allait être perdu pour sa famille et, le plaidoyer qu’elles avancèrent fut convainquant puisqu’il était basé sur le fait que la valeur d’un personnage n’est pas déterminée ni par son sexe, ni par son appartenance à une quelconque famille mais uniquement par ses actions et par son attachement à D et à Sa Torah.

Une fois encore les noms de ces femmes étaient significatifs : Mahla (qui pardonne), Noâ (qui est mouvante), Hogla (perdrix), Milka (une petite reine) et Tirtsa (c’était le nom d’une ville importante en Canaan et devint ville juive par la suite).

Moshé ne sut comment répondre à la requête de ces cinq sœurs et il interrogea HaShem qui répondit en acquiesçant à la condition que ces filles ne se marient qu’avec des hommes de la même « famille » (des cousins). Rashi souligne que dans la faute du veau d’or, les femmes n’ont pas participé directement. Il leur appartenait de réparer les erreurs de leurs maris/frères/fils.

Au contraire elles offrirent leurs bijoux et leurs biens les plus précieux pour l’érection du  Beith HaMikdash. Les filles de Tselofhad, en tenant absolument à sauvegarder l’avoir de leur père venait d’une volonté de réparer les fautes commises et de donner des preuves d’attachement au pays que D désirait donner aux Enfants de Jacob.

Ce cas fit jurisprudence pour la suite du droit des successions.

Tselofhad était un homme qui n’avait pas voulu se plier aux lois et s’était approché de trop près du Mont Sinaï pour ramasser du bois enseigna Rabbi Akiba et, il était mort pour sa propre faute mais n’avait pas entraîné d’autres fauteurs avec lui. Ses actes n’ont entraîné que lui vers sa propre perte.

Caroline Elishéva REBOUH

[1]Shifra était Yokhéved et Pouâh était Myriam. Elles disaient au Pharaon que les femmes hébreues étaient si vigoureuses que lorsqu’elle et Poâh arrivaient, l’accouchement s’était déjà déroulé.

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