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Psychologie et judaïsme : accepter ce que l’on ne peut changer par Hanna Lachkar Haddad :

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Nous sommes tous confrontes a des réalités incontournables. Comment pouvons-nous apprendre à les accepter plutôt que d’essayer de les maitriser ?

 Avoir le courage de changer ce qui peut l être, accepter avec sérénité ce qui ne le peut pas et posséderez discernement nécessaire pour faire la différence entre les deux.

Pour la psychologie :

Selon David Richo, psychothérapeute californien chacun affronte tôt ou tard cinq réalités terrestres :

    • l’imprévu
    • Le manque d’amour ou la déloyauté.
    • La souffrance.
    • L’injustice
    • L’impermanence ou la finitude.

Les choses ne se déroulent pas toujours selon nos plans. Avoir la sensation de ne plus maitriser sa vie est profondément anxiogène, Surtout dans notre culture, ou la dimension du sacre a été gommée au profit exclusif de sa conception matérielle .En revanche si l’on accepte l’idée que l’existence elle-même est soumise aux lois de l’univers notre désir si humain de toute puissance sen trouve relativise.

Les gens ne sont pas toujours aimant. Une demande d’amour contemporaine est une demande de reconnaissance identitaire. Si elle reste sans réponse c’est le sens, même de notre vie qui nous échappe. La déloyauté renvoie a la négation de soi…Etre trahi cela signifie voir sa confiance ses droits et ses besoins ignores voir bafoues. La trahison brise le contrat tacite qui prévaut dans tous les échanges humains équilibres.

Lorsque il y a rupture violente du contrat c’est non seulement la confiance en l’autre qui est abimée mais aussi notre confiance en nous même (Qu’est ce que je vaux pour être traite avec si peu d’égards ?). Une relation est toujours une co-création. Pour avancer et éviter de répéter un schéma erroné, il est nécessaire d’interroger lien et la façon dont nous lavons nourri. Quand nos projets ont été contraries cela nous a prive de la satisfaction de leur réalisation. De quel manque souffrons-nous ? Quelle est la satisfaction que nous attendons réellement ? C’est en identifiant notre attente déçue que nous pourrons réfléchir à d’autres moyens de les satisfaire.

La souffrance fait partie de la vie :

Les sources de la douleur sont aussi diverses que leurs impacts .Elles varient   en fonction de l’environnement émotionnel dans lequel nous avons grandi .Si nous avons eu la chance d’avoir des parents qui nous ont aide à développer une culture de l’émotion. (Ressentir, nommer, accepter)    .Alors la douleur  pourra être plus tard non pas évitée mais traversée dirigée. En revanche, si les premières émotions sont déniées, mal accueillies, refoulées, la souffrance face à l’épreuve n’en sera que plus intense. Sil est inévitable de souffrir on peut se  mettre a  une juste distance   de la souffrance.  Ceci en par commencer à s’immerger dans son ressenti physique, afin de l’identifier clairement et de la nommer. Ce processus chasse les pensées erronées et les émotions  parasites.

La vie n’est pas toujours juste :

Le sentiment d’injustice vient de l’intolérance à la frustration .Aussi il vient du sentiment  d’impuissance face a une situation qui nous est personnelle ou qui concerne autrui.

Pour l’accepter il faudrait changer le mot accepter par l’expression «  prendre en compte ». Le ressentir de notre sentiment d’injustice est il réel ou légitime ? Demandons-nous Que puis je faire de juste donc de bon pour moi pour répondre a l’injustice ? Cela nous permettra de ne pas rester coince dans l’amertume ou dans l’esprit de vengeance. On doit avant tout identifier les émotions que injustice a fait naitre, car ils ont un effet toxique sur l’estime de soi.  Une injustice doit toujours être nommée et travaillée pour ne pas la garder en soi.

Prendre conscience de la finitude de la vie :

La vie est un eternel renouvellement. En observant autour de soi  l’inéluctable de l’évolution et son cote positif et comprendre que la vie est éternellement cyclique. Quand le changement est subi et non choisi il est important de se placer dans une double dynamique. En identifiant et en accueillant l’émotion qu’il provoque (peur, tristesse, colère) puis en s’interrogeant sur les opportunités qu’il peut offrir. Quand on fait l’expérience de la perte affective s’investir dans un projet, envisager de nouvelles perspectives est un moyen efficace de neutraliser sa peur de l’inconnu.

Pour le judaïsme :

L’essentiel des prières du peuple juif se résument à cela : Demander d’avoir la force de changer ce qui peut l’être et d’accepter ce qui ne peut pas l’être.                                    Notre statut ou identité de juif est inchangeable. Nous avons une vie pour comprendre ce que cela signifie.

Voici ce qu’en dit le Rav Aviner dans son livre Fleur de feu à propos de la paracha ki tavo :

« Le peuple juif est indissociable des lois de la Thora, qui loin d’être un livre histoires ou abstrait représente un véritable code de vie et constituer un  engagement qui doit permettre la réalisation de l’identité juive. Avant même d’être gravée sur les pierres, la Thora était ancrée au plus profond de nos cœurs. Elle a marque la nature profonde de nos âmes depuis les origines du peuple juif, depuis nos patriarches, Abraham, Isaac et Jacob. Certes nous sommes un peuple élu, comme les textes nous le rappellent : « Et D. te choisis pour être pour Lui un peuple. »(Deutéronome 26).

Mais, loin de nous octroyer des droits supplémentaires ou préférentiels, cette élection nous impose au contraire des devoirs particuliers qui impliquent un effort constant pour tendre vers une conduite morale idéale.

En effet, s’il suffit a l’ensemble de l’humanité de se conformer au code des lois de Noé qui ne comporte que sept préceptes de morale universelle, les Juifs sont tenus, quant a eux, de respecter les six cent treize mitsvot de la Thora, et les diverses dispositions supplémentaires qu’y ont ajoute nos Sages. Il s’agit d’un système de valeurs  intrinsèques  qui doit guider notre conduite en tout temps, et dont le non-respect risque de nous mener au désastre. D’après le célèbre midrash rapporte par nos Sages (traite shabbat88/a), l’Eternel aurait renverse la montagne sur les enfants d’Israël, au moment du don de la Thora, et aurait profère cette angoissante menace ; « Si vous acceptez la Thora, très bien, sinon, cet endroit sera votre tombeau. »En d’autres termes la Thora représente une source vitale ‘puisque sans elle nous pouvons perdre la vie. »

Quant au philosophe Levinas il écrit dans son livre : difficile liberté : « la parole de D. la Thora implique une obéissance et non une servitude. Elle doit être le principe d’amour et d’union des hommes.la bible ne vise pas la vrai connaissance de D. mais uniquement l’enseignement dune règle pratique de vie, inspirée par l’amour désintéressé de D.  Connaitre D. comme le dit Jérémie, c’est pratiquer la justice et la charité. En soi il existe ni choses ni mots sacres. « Est sacre la conduite des hommes inspirée par la justice et l’amour ».Quant aux mots sils sont disposes de façon a formuler un discours susceptible d’exciter la vraie piète dans les cœurs des gens, on peut dire qu’ils sont vraiment sacres.   Les vérités  éternelles de la foi se perçoivent comme des commandements de D.et constituent pour le croyant la voie du salut Elles expriment une évidence perceptible par tout esprit sain.

Ces vérités comportent une intériorité a elles : la parole du prophète trouve un écho dans le cœur des hommes.  L’obéissance et non connaissance, telle est l’attitude qu’appelle la parole de D. Qui ne peut séparer les hommes, la parole de D. est éthique.

Elle n’est pas que cela, objets de foi, les préceptes sont commandes et doivent être obéis mais les mobiles de l’obéissance ne sont pas d’ordre rationnel. Ce sont des mobiles d’ordre affectif, tels que crainte, espoir, fidélité, respect, amour. Obéissance et hétéronomie, mais point servitude, car le croyant ne sert pas les intérêts du maitre, mais a une espérance intime. L’obéissance ne vient pas dune contrainte mais d’un élan intérieur et désintéresse Commandement et amour ne se contredisent pas.lla ferveur religieuse se manifeste par des actes et jamais uniquement par des paroles. Obéissance, sincérité, ferveur, amour et joie, toutes ces notions sont indissolublement liées à la foi. »

A l’aube des fêtes de tichri  passez une bonne et belle techouva !

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Anne Lachkar Haddad. Merci pour l’intérêt que vous porter à cette rubrique.

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