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Les « Signes » – Le Séder de Roch Ha-Chana

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« Le signe est déterminant »
Il est enseigné dans la Guémara Kéritott (6a), ainsi que dans la Guémara Horayott (12a):
« On doit toujours s’habituer à « voir » en signe de bon augure à Roch Ha-Chana, la courge, le poireau, les blettes et les dattes. »
Rachi explique que ces espèces sont un bon signe, car elles poussent plus rapidement que les autres espèces de fruits ou de légumes, et c’est un bon signe de les voir à Roch Ha-Chana.
Cependant, la version de ce même enseignement tel que le rapporte la Guémara Kérotott stipule qu’il faut « consommer » ces espèces et pas seulement les voir.
Telle est la tradition du peuple d’Israël comme rapporté dans le TOUR et le Choul’han ‘Arou’h (chap.583) de consommer ces espèces à Roch Ha-Chana.
Le Kol Bo ajoute que l’on a l’usage de dire une formule de « Yéhi Ratson » sur chaque espèce, selon le nom de l’aliment (comme édité dans les Ma’hzorim).

C’est pourquoi, nous avons l’usage de consommer les 2 soirs de Roch Ha-Chana « Roubya » (les haricots, qui se nomment « Loubya » en arabe), « Kera » (la courge), « Karti » (le poireau), « Silka » (Les blettes ou épinards), « Timra » (les dattes), « Rimmonn » (la grenade), « Tapoua’h Bidvach » (la pomme dans le miel), « Roch Kevess » (la viande de tête de mouton).

A quel moment précis doit-on procéder au Séder de Roch Hachana?
Nous avons déjà écrit dans le passé qu’une personne qui consomme des fruits ou des légumes avant le repas, s’introduit dans une situation douteuse:
À savoir, cette personne doit-elle d’abord réciter la bénédiction finale sur ces aliments avant de débuter son repas, ou bien le Birkat Hamazon inclura non seulement le repas, mais également les aliments consommés juste avant?
Or, puisque l’on ne doit pas s’introduire à priori dans une situation de doute sur une bénédiction, il est recommandé de procéder au Séder de Roch Ha-Chana au milieu du repas, après le Motsi, après avoir consommé au moins une quantité de Kazaït (27g) de pain. C’est ainsi qu’agissait notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l.

Doit-on réciter les bénédictions alimentaires sur les aliments du Séder?
Lorsque nous consommons au milieu du repas (après Motsi), des légumes ou des aliments cuits, comme les haricots, la courge, le poireau, les épinards, ou la tête de mouton, nous ne récitons aucune bénédiction alimentaire, c’est-à-dire Boré Péri Ha-Adama ou Chéhakol, car la bénédiction de Ha-Motsi les en acquitte, et cela, même si on les consomme sans pain, car l’usage est d’accompagner ce type d’aliments avec du pain.
Par contre, les fruits comme la datte, la grenade, ou la pomme trempée dans le miel, nécessitent une bénédiction, puisqu’en général, ils ne s’accompagnent pas de pain, la bénédiction de Motsi ne peut donc pas les inclure.
Quand doit-on dire le « Yéhi Ratson »?

Quand doit-on dire le « Yéhi Ratson »?
Certains ont l’usage de dire d’abord le « Yéhi Ratson », et ensuite de réciter la bénédiction et consommer. Cet usage est rapporté dans le livre Matté Moché (chap.790), ainsi que dans d’autres ouvrages.
Cependant, puisqu’il n’est pas juste de formuler d’abord notre demande personnelle avant de bénir et de glorifier Hachem, l’usage préférable est de réciter d’abord la bénédiction, de goutter, et ensuite de dire le « Yéhi Ratson, et de consommer de nouveau. Tel était l’usage de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l.
Une preuve est citée à cet usage préférable, à partir de l’enseignement de la Guéméra Nédarim (32b) au sujet de Chem fils de Noa’h qui est Malki Tsédek roi de Chalem, qui sorti à la rencontre de Avraham Avinou et lui offrit du pain vin et du vin.
Il le bénit et lui dit: « Béni soit Avram pour le D.ieu Très haut, qui a créé le ciel et la terre. » Ensuite, il lui dit: « Et que soit béni le D.ieu Très haut qui a donné tes ennemis dans tes mains. » Avraham lui dit: « Est-il juste de devancer la bénédiction d’un serviteur à celle de son maitre?! »
Il en est de même dans notre sujet, il est plus juste de devancer la bénédiction propre au fruit, de goutter, et seulement ensuite de dire la prière du « Yéhi Ratson » qui est une demande de miséricorde pour nous. (voir aussi ‘Hazon Ovadia-Yamim Noraïm page 94 et suivantes).

Le jour et la nuit
Notre maitre le ‘HYDA écrit (Ma’hzik Béra’ha chap.583) qu’il est d’usage de réaliser de nouveau le Séder de Roch Ha-Chana le 2ème soir.
Le Ben Ich ‘Haï écrit (Nitsavim) qu’il est d’usage de le faire également lors des repas des 2 journées de Roch Ha-Chana.
Dans la pratique, l’usage le plus répandu est de le faire uniquement lors des repas des 2 soirs de Roch Ha-Chana.
Tel était l’usage de notre maitre le Rav z.ts.l.

Chacun pour lui-même
Chacun des membres du foyer peut réciter les bénédictions pour lui-même, ainsi que les « Yéhi Ratson », et on n’est pas tenu de s’acquitter du chef du foyer.
En chaque endroit on agira à sa guise sur ce point.

L’ordre dans lequel il faut procéder dans le Séder
Voici l’ordre dans lequel nous consommons les « Signes », les soirs de Roch Ha-Chana:

  • Pour commencer, il faut prendre une datte et réciter la bénédiction de Boré Péri Ha’ets. Si les dattes sont nouvelles, on doit aussi réciter la bénédiction de Chéhéhé’yanou (mais il faut veiller à ne pas les placer sur la table au moment du Kiddouch lorsqu’on récite Chéhéhé’yanou, afin de ne pas les acquitter par le Chéhéhé’yanou du Kiddouch et perdre par cela le Chéhéhé’yanou sur le fruit, il faudra donc les retirer de la table lors du Kiddouch, ou bien les recouvrir).

Ensuite, on goûte un peu de la datte, et on dit: « Yéhi Ratson Milefanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Cheyitamou Oyévénou Vésson’énou Véh’ol Mévakché Ra’atenou » (« …que nos ennemis disparaissent… »).

  • Ensuite, on prend de la grenade et on dit: « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chénihyé Méléim Mitsvot Karimon (« …que nous soyons remplis de Mitsvot comme la grenade), puis on consomme.
  • Ensuite, on prend la pomme dans le miel et on dit: « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chétith’adèch ‘Alénou Chana Tova Oumétouka (« …que se renouvelle pour nous une bonne et douce année)
    (lorsqu’on récite la formule du « Yéhi Ratson… », il faut la dire avec mention du Nom d’Hachem, ainsi que sa Royauté (Chem OuMalh’out)
  • Après avoir goûté de la pomme dans le miel, on prend des haricots et on dit: « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyirbou Za’houyoténou… (« …que nos mérites se multiplient »)
  • Ensuite, on prend de la courge et on dit: « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyikara’ Roa’ Guézar Dinénou, Véyikaréou Léfanéh’a Zah’iyoténou (…que soit déchiré notre mauvais décret et que soient lus devant Toi nos mérites) (certains ont l’habitude de consommer de la carotte avec la courge car on prononce le mot « Guézar » dans le Yéhi Ratson, et il ressemble au mot Guézer qui veut dire « carotte »)
  • Ensuite, on prend du poireau et on dit: « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyikartou Oyévénou Vésson’énou Véh’ol Mévakché Ra’aténou (« …que soient retranchés nos ennemis »)
  • Ensuite, on prend des épinards ou des blettes et on dit: « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyistalékou Oyevénou Vésson’énou Véh’ol Mévakché Ra’aténou (« …que soient retranchés nos ennemis)
  • Ensuite, on prend de la tête de mouton et on dit: « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chénihyé Léroch Vélo Lézanav. En souvenir du bélier d’Itsh’ak Avinou, le fils d’Avraham Avinou (« …Que nous soyons à la tête, et non à la queue et ceci est en souvenir du bélier qui fut sacrifié à la place d’Itsh’ak Avinou)

Chana tova oumetouka

Sources : Torah Box et halachayomit.co.il

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