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Religion :  »Ce fut au commencement » par Caroline Elisheva Rebouh Ben Abou

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Depuis la nuit des temps le sujet concernant la création du monde occupent tous les esprits. Les physiciens, les  scientifiques de tous ordres ont tenté de donner un âge à cette planète sur laquelle le genre humain et tout ce qui l’entoure évolue.

Toutes sortes d’opinions ont été énoncées, des âges fantastiques atteignant des milliards d’années alors que la vie de l’homme  peut être déjà tellement significative en moins d’un siècle.

D’après le récit de la Torah, le monde est monde depuis 5778 ans et en cet espace de 58 siècles, nous avons déjà du mal à nous souvenir de ce qui s’est passé il y a seulement 3 siècles  et le monde scientifique veut nous contraindre à penser que ce calcul n’est pas exact. Savoir qu’une roche existe depuis des milliards  d’années, cela va-t-il avoir une importance sur notre vie présente ?

Les grands philosophes grecs eux-mêmes ont pensé qu’il était parfaitement impensable que le monde eût été créé ex nihilo (à partir de rien) mais à partir d’un point précis qui existait déjà. Ils n’ont rien inventé en fait mais ils emploient des définitions et une terminologie  inappropriées.

Le grand Cabaliste de Safed, le Ari (Rabbi ItshaqLouriazal)[1] remarque  dans son livreEtzHaHayim, que la Torah rapporte que le 1er jour de la Création la lumière fut. De quelle lumière s’agit-il donc ?  Il ne s’agissait pas de la lumière générée par les grands luminaires  (soleil ou lune) car ceux-ci n’ont été créés que le 4ème jour ! Le Ari nous apprend, donc, les principes suivants, en termes que notre cerveau humain peut comprendre sans faire « exploser » notre intellect.

Lorsque Moïse  demanda à D de Se dévoiler à lui, D lui répondit qu’il ne pourrait apercevoir la Divinité et continuer à vivre. Quelle en est la raison ? C’est que, d’une part, cette conception humaine d’une lumière-clarté infinie est immense et il n’existe pas de vocables pour la décrire ou en exprimer une sensation. D’autre part, même les « capacités » physiques-sensitives-intellectuelles de l’être humain pour percevoir cette sorte de phénomène, ne sont pas suffisamment résistantes pour permettre à l’homme de voir sans que ne lui soit causé un dommage.

Cette divine « clarté » est si immense qu’elle ne laisse de place à l’humain qu’à la condition que le Divin opère sur Lui-Même une sorte de « rétrécissement » sur Sa lumière pour permettre à l’humain d’être créé et de se développer  dans un environnement  envahi d’une « lumière intense et infinie » (or eynsofאור אין סוף-) bien que dans une moindre mesure.

En conséquence, quel est l’âge du monde ?

La Torah décrit la situation de manière très claire : sur terre règne un désordre indescriptible. C’est alors que D ordonne à la lumière d’apparaître et c’est aussi ainsi qu’en faisant une différence entre le soir où règnent les ténèbres où rien n’est distinct que le monde connaît son premier soir puis son premier matin. Cependant, les astres ne sont pas encore fixés dans leur orbite et les nuits comme les journées ne sont pas encore définis comme tels que nous les voyons aujourd’hui.

Le soir s’appelle êrev (ערב)  ce qui désigne le mélange (להתערב = se mêler) alors que l’idée qui se cache derrière le vocable matin =boker (בקר) est l’examen ou ביקורת  ce qui signifie que le soir, lorsque, par manque de lumière, tout est flou, confus, au contraire, le matin, tout est clair et tout peut reprendre sa place.

Avant qu’au 4ème jour ne soient créés les grands luminaires et que chacun se voie attribuer une fonction précise, la notion de jour ou de nuit était confuse. Lorsqu’au sixième jour l’homme est créé avec sa femme,  commença le compte des années pour l’humanité entière, car lorsque Adam HaRishon est créé, il contient en lui des particules microscopiques de tous les milliards d’hommes (et Eve avec toutes les particules de tous les milliards de femmes) qui seront créés au fil des milliers d’années qui suivront, tout comme,  les six jours de la création seront une « essence » des 6000 années d’existence du monde. De même, l’arbre de la connaissance  (עץ הדעת) contient une « essence » des 613 commandements.

Albert Einstein dans sa Théorie de la relativité a touché du doigt ce problème de l’âge du monde en fixant le fait qu’avant la création de l’homme, le monde allait selon une vitesse et un rythme qui nous sont inconnus[2] alors que depuis le premier vendredi de la création le monde poursuit sa course selon le rythme des heures, des nuits et des jours imposés par les grands luminaires. En conséquence, si, en effet,  depuis que l’homme est sur terre le monde a 5778 ans cependant, il n’est pas interdit de penser que les roches, les mers et les océans, les continents sont peut-être en effet âgés de 13,700,000,000 d’années.

La science tend aujourd’hui à se rapprocher plus trop lentement mais sûrement de ce que nous enseigne la Torah

Caroline Elishéva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

 

 

[1] 1534-1572  Rabbi ItshaqLouria Ashkenazi ben Shlomo

[2] Peut-être selon les années lumières : (300,000 kms à la seconde).. ???

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