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Le bon, le bien et le beau par Rony Akrich

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Au temps du retour, du rassemblement sur notre terre ancestrale, dans le concert des nations, sur la scène de l’Histoire, il est de bon aloi de mieux s’enquérir de nous-mêmes.

Les battements de nos cœurs doivent dorénavant rythmer notre quête incessante de l’amour incandescent, de la fraternité toute communicative, du vouloir vivre en plus grande intelligence, ensemble. Il nous faut engager les visages pluriels de l’Hébreu en ce sens et ne jamais désespérer d’y voir un jour se refléter l’image Divine, c’est-à-dire, cette identité morale de l’être Hébreu.
Le triomphe est maintenant à portée de main, il suffit de nous montrer dignes et reconnaissants d’une telle mutation, nous voici devenus les héritiers légitimes de «l’Hébreu».
Au sortir des méandres les plus ténébreux de notre Histoire, celle-ci nous offrait un présent inimaginable, un rêve devenu réalité. Nous retrouvions une place de choix pour nos squelettes décharnés, déchus, appauvris et condamnés, nous reprenions enfin corps, allure, forme et visage de l’homme au reflet le plus juste de son image toute angélique.

Retournez, venez, retournez et vivez.
Soyez une nation.
Soyez un peuple saint et une nation divine, comme vous étiez censé l’être dès le début. Trouvez par vous-même la profondeur de la grandeur de qui vous êtes.
Élevez-vous à votre propre grande force.
Ne craignez pas la critique de l’homme.
Ne soyez pas bouleversés par les rêves des absurdes. Élevez l’enseigne divine sur toutes choses, l’étendard qui sera enrichi par la nation élue de Dieu, le Dieu créateur du tout. (Orot Hakodesh I, p. 223 Rav A.I.H. Kook)

Manœuvrer l’amertume vers la délectation, l’obscurantisme vers la connaissance et guider l’Histoire déshonorée vers la sublime poésie du présent, voilà donc le devenir. Seule une vie retrouvée et reconquise, par soi, en soi, insuffle en nous les élans du vrai vouloir, d’une pensée, d’un verbe et d’une action consacrés à ce perfectible de l’homme et du monde.
Ces gens-là, bien aimés de la création, sont les points d’exclamation et d’interrogation des créatures, ils ont le regard curieux, l’oreille attentive, un odorat infaillible, ils perçoivent la réalité des vivants avec beaucoup moins de subjectivité. L’univers transparait, chez eux, comme une aquarelle où les couleurs de la sérénité, de l’amour, du devoir et de la paix se mélangent en une totale et féérique harmonie. Ils sentent et hument, corps et âme, l’impulsion vitale de ces soifs qui promènent l’existence vers la maturité et l’équilibre, la quiétude et la félicité.
Ces Hommes souhaitent devenir libres, protégés et encouragés par les masses populaires afin d’exhorter l’ensemble de la communauté humaine vers une unité et une quiétude abondantes. Ils nous incitent à la randonnée vers le for intérieur, une quête effrénée vers le dévoilement de soi car l’homme aspire à une meilleure cohérence, à une plus grande reconnaissance. Si les paliers obscurs de l’âme persistent à nous renvoyer au face à face avec l’occulte, ils nous conduisent inlassablement vers une forme de solitude. Il faut donc persister à élever notre imagination, approfondir notre pensée et libérer notre esprit, notre âme se révélant alors à nous au travers d’un rayon de lumière diffuse.
Nous voici soudain conviés, tous et tout un chacun, à évaluer et bonifier notre vérité intérieure, exprimer fidèlement et sincèrement l’appel de notre âme, lui permettre de concevoir et de créer au creuset de la matière inerte et de l’esprit vagabond.

Soutenir l’idéal, ambitionner le plus éminent des possibles, les grands rêves doivent rester et demeurer la charpente du monde. Le réalisme de la vie quotidienne, totalement immergée dans les méandres du matérialisme, peut ôter au monde son génie du rêve. Il se convulse et se recroqueville sur lui-même, malmené par des douleurs intimement liées à la nocivité de toxines opposées à la vie.

Pourvues de la luminescence du rêve, l’imagination libérée de ses carcans, il nous faut prendre le chemin de la révolte contre une réalité dogmatique, conformiste et limitée. Cela, et seulement cela, correspond réellement à une vérité des plus substantielles de l’existence. Cessons de nous laisser gaver d’illusions consuméristes et éphémères!

Je me demande, souvent, si nous sommes réellement capables de mesurer et d’apprécier les ‘instants’ de notre présent et non point ce que nos anciens pourraient dire à propos de ce ‘temps’ présent.
Nous pouvons, et je le crois sincèrement, être et devenir par notre force de caractère et notre trop plein d’autonomie, ceux qui refusent tout réductionnisme de la pensée, pourtant si généreuse car multiple, à nos seules émotions religieuses pour certains et nationalistes pour d’autres.
Nos Hébreux, philosophes, possèdent une telle ouverture d’esprit concernant la dualité entre le raisonnable et le sensible, que toutes références à leurs différentes obédiences et opinions me paraissent inutiles. En clair, nul besoin de vouloir constamment évoquer, imaginer l’appréciation, le jugement du temps d’avant, notre présent révolté sied au mieux de notre contemporain révolutionnaire.

«L’essence intérieure de l’âme doit avoir une liberté intérieure absolue, elle éprouve sa liberté, qui est la vie, par l’originalité de sa pensée» (Orot HaKodesh).

Ce présent nous transporte au-delà du simple éclairage de nos quotidiens récurrents et passables vers une toute autre lumière où l’aventure de l’existence singulière, plurielle se veut plus idéale, plus palpitante chez le commun des Hébreux. Nous contribuons, au long cours de nos écrits, de nos paroles, de nos pensées, à la mobilisation de quiconque quête pour une compréhension plus profonde de l’éventail des sagesses du savoir, de la connaissance et de l’intelligence de la nature comme de la création dans son ensemble.
Les idéalistes, les essentialistes, les existentialistes actuels, les esprits cultivés, les passionnés du monde, tous et peu nous importe leurs origines, leurs perspectives, sentiront, aujourd’hui ou peut-être demain, un vif intérêt pour l’enseignement sage et holistique de l’Hébreu retrouvé.

« Les Juifs sont d’origine hébraïque. Ils ont risqué d’oublier leur origine, il y a eu le risque d’une identité seconde, une identité de diaspora se connaissant comme sui generis et découvrant avec étonnement, dans la contemporanéité que nous vivons, qu’une partie du peuple juif redevenu hébreu leur pose un problème d’identité, c’est-à-dire l’Israël des Israéliens. Les Israéliens sont des Juifs redevenus Hébreux, et sont des Hébreux d’origine juive. » (‘Abraham l’hébreu ou l’espérance de fraternité’ Rav L.Y. Ashkenazi)

Nous poursuivons tous ensemble un seul et même objectif: affronter la gageure absolue de participer à l’élan vital du monde. Il nous faut le parfaire, le remettre en bonne et due forme, restaurer l’ordre premier de la Création, lutter contre un désordre méprisé par l’homme. En sondant ce mouvement de perfectionnement on doit connaitre les forces positives en présence : le bon, le bien et le vrai sont ce qu’il y a de plus puissant dans l’existence.
Notre plein et entier dévouement, conséquent d’une abnégation sans faille à la cause, est notre meilleur et plus fort moyen de gagner le pari du devenir humain.

C’est le ‘bien’ auquel j’aspire, ses vastes étendues demeurent à jamais en mon sein, ses contours, ses reliefs, je les étreins fort contre mon corps, sa seule évocation m’encense. Le ‘bien’, sans limite, sans dénouement, sans constriction ni frontière, un ‘bien’ jamais dissocié de la nature vivante de l’âme humaine, un ‘bien’ empli d’un amour réparateur.

Il est bon pour moi, bon pour nous, bon pour tous, bon sans mal et sans peur, bon plein de plaisir, plein de tranquillité, de quiétude. Bon pour demain, bon pour le moment, bon pour tous les peuples et toutes les nations, pour tous ceux qui s’évertuent au bien et non au mal, à la lumière et au délice….

Rony Akrich pour Ashdodcafe.com

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