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Qui passe à l’heure d’hiver ce week-end dans le monde ?

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Nous y sommes, le fameux passage à l’heure d’hiver ! Samedi soir, nous pourrons faire la fête ou dormir un peu plus en France. Mais au fait, connaissez-vous l’Histoire du changement d’heure ? Qui va décaler ses horloges ce weekend dans le monde, et pourquoi ?

Chaque année, le dernier weekend d’octobre, à trois heures du matin, les horloges de plusieurs pays du monde remontent le temps, à deux heures du matin. L’objectif initial du changement d’heure est de faire correspondre les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement, afin de limiter l’utilisation d’énergie. Histoire et tour d’horizon du principe de changement d’heure, de plus en plus remis en question.

La petite Histoire du changement d’heure dans le monde 

La première fois que la théorie du changement d’heure est évoquée remonte à 1784, par Benjamin Franklin. L’idée de l’ambassadeur des Etats-Unis en France est d’économiser de l’énergie. Mais le pays, très agricole, n’est pas prêt. Ailleurs dans le monde, l’hypothèse de faire bouger l’heure est aussi proposée, comme en 1810 par l’Assemblée nationale de Càdiz en Espagne et en 1895 en Nouvelle-Zélande, par un certain George Hudson. Plus tard, en 1908, Robert Pearce, membre du parlement britannique émet une proposition de loi dans ce sens, qui ne sera jamais votée. La même année, au Canada, la ville Port Arthur devient officiellement la première à mettre en application l’heure d’été. D’autres villes du pays expérimentent ce décalage horaire, comme Fort William en 1910, Orillia en 1912 et Regina en 1914. Il faudra attendre 1966 pour qu’une réglementation uniforme soit votée au Canada.

En Europe, l’Allemagne qui franchit le pas la première, en avril 1916. Le Royaume-Uni suit le mouvement en mai de la même année, suivi par la France en 1917. Les Etats-Unis se lancent en 1918. A la libération de 1944, la France rétropédale. En 1976, après le choc pétrolier, le pays décrète à nouveau le changement d’heure saisonnier pour réduire la facture énergétique. D’autres pays d’Europe suivent la même logique et le changement d’heure se généralise à tous les pays de l’Union Européenne dans les années 80. Mais, problème, chacun définit sa date de changement. Une directive du Parlement Européen est votée pour harmoniser le changement ; depuis 2002, le passage à l’heure d’hiver s’effectue de manière homogène dans la nuit du dernier samedi au dimanche d’octobre.

le changement d"heure en hiver dans le monde

Une soixantaine de pays appliquent le changement d’heure

Actuellement, une soixantaine de pays appliquent le changement d’heure dans le monde. C’est le cas – entre autres – du Canada, des Etats-Unis ou de l’Australie. Néanmoins, à la différence de l’UE, ceux-ci le pratiquent de manière hétérogène sur l’ensemble de leur territoire en raison de la dimension du pays.

Ailleurs, des pays ont décidé d’abandonner la mesure comme la Chine en 1991, la Tunisie en 2009, la Russie et l’Egypte en 2011, l’Arménie en 2012, l’Uruguay en 2015 ou encore la Turquie en 2016.  Aux Etats-Unis, le Sénat a approuvé mars 2022 un projet de loi en mars 2022 permettant de rendre l’heure d’été permanente à partir de l’année 2023. Reste à savoir si cette décision s’appliquera.

Le dilemme du changement d’heure en Union Européenne

En 2018, la Commission Européenne lance une grande consultation. 4,6 millions d’Européens y répondent et 84% d’entre eux se prononcent pour l’abolition du changement d’heure. Seuls les Grecs et les Chypriotes y étaient majoritairement contre. La Commission présente alors un projet de directive pour la suppression du changement d’heure à partir de 2021. Chaque État membre pouvait alors choisir de rester à l’heure d’hiver ou à l’heure d’été. Cependant, le contexte mondial en décide autrement. La crise sanitaire, la guerre en Ukraine et, bien sûr, la flambée des prix de l’énergie bousculent la question du changement d’heure. 

Économies d’énergie, effets sur la santé… Pourquoi changer d’heure fait débat

De plus en plus d’études sur les impacts énergétiques sont menées. En 2010, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) avait estimé que le changement d’heure avait permis l’économie de la consommation d’environ 800.000 foyers, soit l’équivalent de Marseille et Aix-en-Provence réunis. Mais, avec les éclairages publics plus performants et moins énergivores, de nouvelles données montrent que l’économie d’énergie est faible : en 2017, le Service de recherche du Parlement européen estimait en 2018 que « le changement d’heure permettait de réaliser une économie de 0,5% à 2,5% selon les pays. ». Si le gain d’énergie est moins important au fil des années, l’Ademe constate que le changement d’heure « soulage » toujours les pics de consommation sur le réseau électrique (par exemple à 19h le soir). Autre conséquence du changement d’heure mise sur la table depuis quelques années : l’effet sur la santé. Selon certains scientifiques, les troubles de l’appétit et de l’endormissement sont fréquents aux moments du décalage, et plus encore sur les personnes vulnérables comme les personnes âgées ou les très jeunes enfants. Certaines études avancent même une augmentation des infarctus pendant la semaine qui suit le passage à l’heure d’été, fin mars.

Economies d’énergie non négligeables dans un contexte mondial difficile d’un côté, perturbation de l’horloge interne ou effets néfastes sur la santé de l’autre… La pertinence du changement d’heure fait aujourd’hui toujours débat dans le monde. Ce qui est sûr, c’est que l’UE dormira une heure de plus samedi soir. Les Etats-Unis et le Canada, quant à eux, attendront le weekend prochain pour reculer leur montre.

source : lepetitjournal.com

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