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PARASHATH SHEMOTH 5784 – vendredi 05 janvier 2024, 24 Tevet 5784, samedi 06 janvier 2024, 25 Tevet 5784 – 91 ème jour de guerre


HORAIRES DU CHABAT EN ISRAËL ET DANS LE MONDE

NETANYA – 16h29 – 17h30
JERUSALEM – 16h09 – 17h30
HAIFA – 16h18 – 17h19
EILAT – 16h26 – 17h26
TEL-AVIV / ASHDOD – 16h30 – 17h31
BEER SHEVA – 16h22 – 17h23
PARIS – 16h43 – 17h57
MARSEILLE – 17h04 – 18h12
LOS ANGELES – 16h33 – 17h33
MIAMI – 17h25 – 18h22
NEW YORK – 16h24 – 17h29


Très chers Amis,

Le deuxième livre du Pentateuque s’ouvre cette semaine et, c’est un personnage prestigieux qui n’a pas eu d’égal dans notre histoire : MOSHE qui va occuper le devant de la scène au long des quatre tomes de Torah pendant lesquels nous allons assister à sa naissance, son adolescence, sa maturité, sa vieillesse et sa disparition…

PARASHATH SHEMOTH 5784 

IL ETAIT UNE FOIS….. 

Le livre de la Genèse, ou Bereshith, a fait office de livre d’histoire de l’Humanité  puis de la première famille à laquelle est transmis l’ordre de déménager d’un  pays à l’autre. Les tribulations des trois patriarches et des descendants de chacun d’eux

D’après l’opinion de certains exégètes tels le Ramban, le Natsiv, et bien d’autres, ce deuxième volume du pentateuque que nous commençons cette  semaine ne devrait porter comme titre que « deuxième » livre et non pas ni  « shemoth » (en hébreu), ni l’exode en français, par exemple, mais uniquement  « le deuxième » livre car il ne représente, d’après eux, que le récit de la suite du  livre de la création sans plus. 

Cependant, la présence de la lettre « vav » qui n’est autre qu’une conjonction de  coordination devant le mot shemoth (noms) est là pour nous rappeler que cette  deuxième partie du pentateuque est bien la suite et qu’il est bien question de  la descendance de Jacob… 

Les tous premiers versets de cette péricope nous donnent la direction : en effet,  dans les sections précédentes nous avons appris que Jacob et sa famille sont  descendus au nombre de 70 âmes en Egypte alors que le nouveau Pharaon  « qui n’avait pas connu Joseph » éprouve une très grande crainte devant ce  « PEUPLE » (âm/עם (et, en effet, comment ne serait-il pas question d’un peuple  lorsque cette famille composée de 70 âmes comptait désormais (60 ribo = 6  millions) !!! 

Bien que descendre en Egypte fut un projet divin1, se rendre dans ce pays (ou  dans un autre pays que l’Egypte) comportait un risque énorme seuls trois  critères sont à même de sauvegarder le peuple : ne pas apporter de  changements ni sur le plan des noms, de la langue et du costume. 

Lorsque Jacob s’en revint de chez son oncle pour recommencer à vivre en  Canaan, on dit de lui qu’il revint « shalem » שלם anagramme des trois mots :  shemoth, lashon et malvoush –noms, langue et vêtements. 

La descente se fit physiquement, géographiquement, matériellement et  spirituellement. Néanmoins, les bené Israël surent rester ensemble et  préserver leur identité en tous points. Cette fidélité à l’héritage spirituel  ancestral leur a permis de mériter la délivrance. 

Pharaon s’exprime au sujet des descendants du troisième patriarche en disant  : ורב עצום ם ַע והנה c’est-à-dire que dès ce moment les enfants d’Israël sont  reconnus en tant que PEUPLE pour la première fois dans la Torah. Or qu’est ce qu’un peuple ? La définition d’un peuple est un ensemble, une entité de personnes qui vivent ensemble autour d’une même idéologie (ou croyance),  sur un même territoire, obéissant à une même loi. Le peuple d’Israël se  retrouvait dans la même croyance en D cependant ils étaient en terre étrangère  bien qu’ayant eu le privilège de voir leur descendance fructifier comme les  poissons de la mer (Joseph) et comme l’arbre dont les branches se ramifient  à l’infini (Efraïm et Menashé) et, c’est en recevant la Torah qu’ils devinrent le  peuple JUIF eux ainsi que tous ceux qui étaient présents et acceptèrent le don  de la Torah. 

Cette péricope « couvre » deux tiers de la vie de Moïse : de la naissance de ce  Prophète jusqu’à sa fuite vers Midyane (il avait 40 ans) puis pendant son séjour  à Midyane jusqu’à sa « rencontre » avec HaShem2 et, son retour en Egypte en  tant que « chargé de mission »…… à l’âge de 80 ans. Pendant le premier tiers  de sa vie, Moïse fut confronté à des situations lui permettant de constater qu’il  était attaché biologiquement à ce peuple maltraité par ceux qui dirigeaient ce  pays. Lui aussi, comme son frère Aharon : assistant à une querelle où un  égyptien frappe un hébreu, Moïse, utilisant son sens prophétique pour la  première fois3tua ce méchant homme. Ce fut la première occasion se  présentant à Moïse de prendre la défense d’un faible. La deuxième occasion  lui fut offerte lorsque 2 hébreux se querellèrent ensemble et où il prit conscience  du fait que ce qui était arrivé précédemment était connu de tous et ceci fut la  deuxième occasion et, quant à la troisième occasion qui, en fait, lui procura la  « hazaka » pour être le défenseur d’Israël : en arrivant à Midyane, Moïse  s’aperçoit que des brigands non juifs cherchaient des noises à des jeunes-filles  gardant un troupeau. C’est à cet endroit que Moïse exerça encore ses talents  de « justicier » en défendant des jeunes-filles goyoth attaquées par des jeunes gens goyim c’est-à-dire donc qu’il eut à démêler des différends entre un  égyptien et un hébreu, entre deux hébreux et enfin, des goyim entre eux ; cette  triple expérience lui vaut d’être nommé pour délivrer le peuple juif. 

Moïse était un homme simple, humble et très impressionnable aussi, le Saint  béni soit-IL prit-IL la voix d’Amram, le père de Moïse, lorsque le berger  s’approcha du buisson ardent pour lui adresser Ses paroles. 

Le pays d’Egypte est un lieu où l’on entre aisément mais dont il est impossible  de sortir tout comme le signalent les lettres formant le nom de cette contrée :  un mem au début, lettre présentant une ouverture, mais un mem à la fin, lettre  entièrement close qui n’offre aucune échappatoire. Un tsadik au centre qui  rappelle le serpent emblème de l’impureté et de la fourberie et enfin, le mot צר (étroit) qui évoque l’étroitesse, la misère, l’angoisse…… 

Moïse est saisi d’effroi et, à ses propres yeux, il n’est qu’un pauvre berger.  HaShem lui ordonne de retourner en Egypte et de s’adresser à Pharaon. Or,  s’étonne-t-il : qui suis-je pour parler à un roi ?  

Or, qui est ce souverain ? Son titre Pharaon est porteur de lourds messages :  pharaon s’écrit en hébreu de cette façon : ה ע ר פ ce qui pourrait se lire pé-râa  (une bouche qui dit de mauvaises choses) et, peu importe la façon dont on  disposera les lettres on n’obtiendra que des mots négatifs : la racine de ce mot  est pé-resh-âyin qui signifie déranger, désordonner.  

Pharaon apparaît comme un personnage hautain, orgueilleux et dédaigneux.  Moïse le connaît étant donné qu’ils ont grandi ensemble. Cependant Moïse n’a  aucune assurance. Le Créateur lui conseille de convaincre les 70 Anciens de  la mission qui lui échoit. La brève allocution qu’il devra prononcer comporte un  message caché au sein de deux mots de la même racine : פקדתי פקוד) Exode  3,16) D S’adresse à Son peuple et leur confie qu’IL leur a rendu visite mais  qu’IL a remarqué que deux choses manquent pour pouvoir être libérés : il faut  à tous ces hébreux renforcer leur foi en HaShem mais aussi et surtout  consacrer plus de temps et plus d’amour chacun envers son prochain. La  Guéoula, ne se fera pas tant que le peuple ne se regroupera autour d’HaShem  et du « tikoun hamidoth » de chacun. Les mots גולה et גאולה) dispersion/exil et  libération) se différencient par la présence de la lettre ‘א qui symbolise l’Unicité  de D. En faisant un retour sur soi-même et donc en effectuant une correction  de son comportement vis-à-vis de D et vis-à-vis du prochain, l’homme mérite  d’être « libéré » matériellement et spirituellement. 

Une question, pourtant, taraude les esprits des Sages : Quelles sont les raisons  pour lesquelles lorsqu’HaShem dévoila Son plan et l’histoire du futur peuple juif à Abraham Avinou4le patriarche n’usa pas de sa faculté de négociateur5 pour  tenter d’éviter à sa descendance de se retrouver en esclavage et de se  retrouver exilé en terre étrangère et inhospitalière ? Abraham avait négocié  avec HaShem pour des non-juifs et non pas pour ses propres enfants tout  comme il ne le fit pas pour la ligature d’Isaac car, le Patriarche, pensait qu’il  devait (lui et sa descendance) se tenir prompts à obéir aux ordres divins, sa foi  en l’Eternel étant inaltérable. 

Les Juifs ayant habité des pays arabes devaient payer l’autorisation de  séjourner dans la contrée qu’ils avaient choisie par une taxe. En Egypte, cela  existait déjà. Le royaume égyptien exigeait des Hébreux, qu’ils étaient encore,  un « impôt » : ils devaient produire un certain nombre de briques : en effet, avec  la paille des céréales qu’ils cultivaient/possédaient et de la terre glaise ils  devaient fabriquer des pierres/briques et… s’ils n’avaient pas eu ni la possibilité  matérielle ou physique de les faire, les fonctionnaires de Pharaon enlevaient  les petits enfants de ces mêmes hébreux pour les emmurer à la manière de  briques….. 

Le Alshikh HaKadosh expliquait que ces gens qui à cette époque étaient  considérés comme des hébreux n’étaient en réalité que des réincarnations  d’être ayant existé précédemment et qui s’étaient révoltés contre HaShem  comme l’avaient fait les contemporains d’Enosh, de Noé, de la Tour de Babel  ou de Sodome et Gomorrhe quatre initiales qui se retrouvent dans le verset suivant pour les quatre premiers mots : 

הוצאתי אתכם מתחת סבלות מצרים )שמות פרק ו’ פסוק ו'( 

Les premiers versets de cette parasha commencent comme un conte de fées  « Il était une fois » sauf que les souffrances infligées au peuple rendent l’histoire  lourde et triste pour se terminer sur une note de très grand espoir, Avec le triomphe du Bien sur le Mal.. 

Dans la prochaine parasha il sera question de 7 plaies sur les 10, les 3 autres  seront commentées pour la sidra « BO » (dont la valeur numérique est de 3  justement. 

Le bâton avec lequel Aharon va exécuter les ordres du Saint béni soit-IL pour  faire tomber sur l’Egypte les 10 plaies pour lesquelles les Sages pensent  qu’elles ont leur correspondance parmi les 10 « commandements » (âssereth  hadibroth) ou parmi les 10 épreuves traversées par Abraham. 

Avec la sidra de Shemoth, commence la période des Shovavim et, lors d’une  année embolismique (bissextile où apparaît un mois supplémentaire de Adar  beith ou adar sheni,). Shovavim est l’initiale des 6 parashoth : shemoth, vaera, bo, beshalah, yitro, mishpatim et donc 2 sidroth supplémentaires : terouma et  tetsavé soit : shovavim tav tav. Cette période est donc un laps de temps de 8  semaines pendant lesquelles l’homme juif se devra d’examiner sa conduite et  de tenter de la corriger en particulier sur le plan de la pudeur, de la médisance,  de la conduite sexuelle etc…. C’est aussi la raison pour laquelle sont souvent  décrétés dans certaines communautés des jeûnes de la parole, qui, ainsi que  le disait le Gaon de Vilna, est d’une valeur infiniment supérieure à un jeûne  simple car celui qui décide de procéder à ce type de jeûne devra encore étudier  et prier pour lui et le klal Israël 

Caroline Elishéva REBOUH

ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו

1/ D. prédit à Abraham que sa descendance serait réduite en esclavage en Egypte : Brith Beyn HaBetarim

2/ Remarque : le palindrome de Moshé est HaShem : השם – משה 

3/ Le texte de la Torah s’exprime ainsi : « il se tourna d’un côté et de l’autre et vit qu’il n’y avait personne »  Rashi explique que Moïse examina la généalogie de cet égyptien et vit qu’aucun de ses descendants ne se convertirait.

4/ Brith beyn HaBetarim l’article concernant cet épisode biblique est joint au présent envoi 5 Abraham s’était livré à un véritable marchandage pour tenter de sauver la vie des impies de Sodome  et Gomorrhe 

 

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