Épargner ne devrait pas être perçu comme une punition, mais comme un choix conscient qui commence par une petite décision. Lorsqu’un objectif est clair, que toute la famille est impliquée et que l’on sait utiliser intelligemment les outils existants, l’argent cesse de « filer entre les doigts ». Ainsi, sans drame et sans renoncer au présent, on construit progressivement un avenir plus stable — pour nos enfants comme pour nous-mêmes.
Dans un monde où le coût de la vie ne cesse d’augmenter et où les tentations de consommation nous guettent à chaque coin de rue, le mot « épargne » est parfois vécu comme une contrainte, voire comme une baisse de niveau de vie. Pourtant, un simple changement de perspective peut tout transformer : épargner, ce n’est pas renoncer au présent, c’est investir dans l’avenir et donner une chance réelle à ses projets.
Lorsque nous apprenons à gérer notre argent au lieu de le laisser nous diriger, nous reprenons le contrôle du parcours de vie de notre famille.
Donner un nom à son épargne : la première étape
On ne peut pas épargner « pour rien ».
Les études et l’expérience de terrain en accompagnement financier des familles le montrent clairement : dès que l’épargne a un nom — études universitaires, rénovation de la maison, voyage de Bar-Mitsva, achat d’un véhicule — les chances de réussite augmentent considérablement.
Les objectifs doivent être précis, définis dans le temps et assortis d’un montant clair. Une fois la cible identifiée, il devient plus simple de transformer l’épargne en habitude quotidienne.
Peu importe le montant que vous pouvez mettre de côté : même une petite somme, régulièrement investie, devient significative avec le temps. Mettre de côté la monnaie, épargner les cadeaux reçus, programmer un virement automatique… L’essentiel est de commencer le plus tôt possible.
Même dix shekels par jour peuvent, à long terme, devenir un véritable socle financier.
L’épargne comme projet familial
Et si l’épargne devenait une aventure familiale ? L’éducation financière ne se transmet pas par des discours théoriques, mais par l’exemple. Lorsque les enfants voient leurs parents viser un objectif, renoncer à un achat impulsif pour préparer des vacances ou un projet commun, ils apprennent une compétence essentielle : la capacité à différer la gratification.
Les dépenses impulsives — ces achats « juste parce que j’en ai envie » — sont un double gaspillage : l’argent disparaît, et avec lui le rendement qu’il aurait pu produire s’il avait été investi.
Impliquer les enfants change tout. Fixez un objectif adapté à leur âge. Pour les plus jeunes, privilégiez un but à court terme afin qu’ils ressentent rapidement la satisfaction de l’effort accompli. Avec des adolescents, on peut discuter d’objectifs à court et long terme, et même créer un groupe WhatsApp familial où chacun partage le petit plaisir auquel il a renoncé au profit du projet commun.
Le modèle du “matching” : motiver intelligemment
Pour encourager les enfants, on peut adopter le modèle du matching : chaque shekel économisé par l’enfant est doublé par les parents.
Le sentiment d’accomplissement collectif, le fait d’« attribuer » l’argent à un objectif précis, et la célébration de l’atteinte du but transforment l’épargne d’une corvée en expérience fédératrice.
Utiliser intelligemment les dispositifs existants
Épargner ne relève pas seulement de la discipline personnelle. C’est aussi savoir exploiter les outils que l’État met à disposition.
L’exemple le plus parlant est le programme « Épargne pour chaque enfant », lancé en 2017. Dans ce cadre, le Bituah Leumi verse chaque mois 57 shekels pour chaque enfant jusqu’à l’âge de 18 ans.
Beaucoup de parents commettent toutefois une erreur : ne pas activer l’option permettant de doubler ce montant. En quelques clics sur le site de l’Institut national d’assurance, il est possible d’ajouter 57 shekels supplémentaires prélevés sur les allocations familiales.
À 18 ou 21 ans, la différence peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de shekels — un capital déterminant pour les études, le logement ou le démarrage dans la vie adulte.
Choisir le bon support d’investissement
Les parents peuvent choisir entre une gestion bancaire classique ou une caisse d’investissement (Koupot Guemel).
En règle générale :
- L’épargne bancaire est moins risquée mais offre un rendement plus faible.
- Une caisse d’investissement permet de sélectionner des profils de risque différents (prudent, intermédiaire ou dynamique).
Étant donné qu’il s’agit d’une épargne à long terme (18 à 21 ans), un profil plus dynamique peut générer un rendement nettement supérieur, avec la possibilité de réduire progressivement le risque à l’approche de l’échéance.
Ne pas faire de choix revient à laisser l’État décider à votre place — et pour un sujet aussi important, mieux vaut agir en connaissance de cause.
Et pour les indépendants ?
Les travailleurs indépendants doivent être particulièrement vigilants. Contrairement aux salariés, ils ne bénéficient pas automatiquement d’une pension constituée par l’employeur.
Il est donc indispensable de mettre en place des versements réguliers pour la retraite, idéalement par ordre permanent automatique.
Au-delà de l’obligation légale, il s’agit surtout d’une responsabilité personnelle.
Suivre ses économies : un acte de confiance
Suivre régulièrement l’évolution de ses économies procure un sentiment de sécurité. Voir le capital grandir permet d’évaluer si l’effort est suffisant ou s’il peut être renforcé.
En fin de compte, l’épargne est un muscle. Plus on l’entraîne, plus il se renforce.
En cultivant cette discipline en famille et en utilisant intelligemment les outils financiers disponibles, nous offrons à nos enfants — et à nous-mêmes — un avenir où les rêves deviennent des projets réalisables.
Ashdodcafe.com
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