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Discours d’Aurore Bergé, Ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations prononcé à Tel Aviv le 16 Février

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Mesdames et Messieurs, 

Il est des terres où le temps ne passe pas.
Il s’accumule. Il sédimente.
Il veille.
Des terres où l’histoire n’est jamais seulement derrière nous, mais tout autour de nous. Et puis il est des villes qui regardent vers l’avenir.
Des villes qui ne s’abritent pas dans la mémoire mais qui transforment l’histoire en mouvement. Tel Aviv est de celles-là.
Et si je suis parmi vous aujourd’hui, c’est au nom d’une amitié qui appartient à ce temps long :  l’amitié franco-israélienne.
Une amitié ancienne, vivante, exigeante.
Une amitié qui traverse la Méditerranée et les générations. 

Tel Aviv est une ville tournée vers l’horizon.
Une ville née du sable, dressée face à la mer, comme si elle avait choisi, dès son premier jour, de  faire de l’avenir sa boussole et de la liberté son élan.
À ses côtés, Jaffa la millénaire, port antique, carrefour de civilisations, qui rappelle que  l’innovation la plus audacieuse s’enracine toujours dans une mémoire ancienne.
Tel Aviv est blanche et lumineuse.
Ses lignes Bauhaus racontent la modernité assumée.
Ses avenues, la confiance.
Ses plages, la liberté.
C’est une ville d’ingénieurs et de poètes, de chercheurs et d’entrepreneurs. Une ville où l’on code le matin et où l’on danse la nuit.

Elle ne dort jamais vraiment non par agitation frénétique, mais par vitalité. Parce qu’elle vit. Intensément.
Parce qu’elle invente. Irrémédiablement.
Parce qu’elle discute. Sans relâche.
Tel Aviv est plus qu’une ville.
C’est une pulsation.

En venant ici, je ne viens pas simplement rencontrer une communauté française à l’étranger. Je viens à la rencontre d’une part vivante, vibrante, essentielle de la France elle-même. Car ici, en Israël, vivent plus de 220 000 de nos compatriotes. 

Vous êtes la 5ème communauté française hors de nos frontières. Ces chiffres, si impressionnants soient-ils, ne disent rien de l’essentiel.
Ils ne disent rien des visages.
Rien d’accents mêlés.
Rien des cuisines où l’on passe du français à l’hébreu sans y penser.
Rien des grands-parents qui racontent Paris, Marseille, Strasbourg, Casablanca ou Constantine  à des enfants nés à Tel-Aviv, Netanya ou Jérusalem.
Rien des familles qui célèbrent le 14 juillet et Yom Haatsmaout avec la même fierté. 

Ils ne disent rien des fidélités partagées, des attachements multiples, des conversations  familiales sur l’avenir ici, en France, ou entre ces deux rives de la Méditerranée. 

Derrière ces chiffres, il y a vos vies. Des trajectoires longues, stratifiées, traversées par l’exil et par l’espérance. Des histoires marquées par la fidélité à la France et par l’attachement à Israël. Des parcours parfois blessés, souvent courageux, toujours dignes. 

Il y a les familles enracinées en France depuis des générations, pour qui la République fut un  horizon d’émancipation et qui ont choisi Israël pour écrire un nouveau chapitre. 

Il y a celles et ceux dont les aïeux venaient d’Europe orientale, arrivés en France dans la première  moitié du XXe siècle, fuyant les pogroms et la misère, avant que l’Histoire ne les frappe à nouveau et que l’Europe trahisse ses propres principes. 

Il y a les familles venues d’Afrique du Nord, marquées par le souvenir du décret Crémieux, par  l’école de la République, par la laïcité protectrice, par cette promesse d’égalité qui, pour  beaucoup, fut une conquête.

Il y a celles et ceux qui sont partis après les attentats et les assassinats antisémites qui ont  meurtri la nation entière.
Il y a même ceux qui ont pris la décision d’enterrer leurs enfants ici.
Des départs souvent douloureux.
Et il y a, en miroir, une autre réalité : votre énergie, vos innovations, vos réussites.
Des ingénieurs, des chercheurs, des médecins qui participent à l’excellence scientifique franco israélienne.
Des jeunes diplômés et des entrepreneurs qui créent des entreprises dans la tech, la  cybersécurité, la santé, l’intelligence artificielle.
Des restaurateurs, des commerçants, des consultants qui investissent, embauchent, prennent  des risques.
Des enseignants qui transmettent la langue française.
Des artistes, des créateurs et des chercheurs qui nourrissent le dialogue culturel entre nos deux  pays.
Rien de tout cela ne relève du hasard. 

Ce que vous construisez chaque jour donne chair à une relation ancienne, à une évidence  historique.
L’amitié entre la France et Israël.
La France et Israël sont des nations sœurs et des peuples frères.
Pas sœurs parce qu’elles seraient jumelles mais parce qu’elles se comprennent, se chamaillent  et surtout s’aiment.  

Oui, j’aime Israël.  

Parce que nous sommes liés à vie.
Deux peuples qui débattent sans relâche, comme une table de Shabbat permanente ! Deux sociétés qui savent que la liberté est fragile et que la démocratie se défend. Peuples frères, parce qu’ils ont connu l’épreuve.
Parce qu’ils savent ce que signifie transmettre malgré les ruptures de l’Histoire. Et lorsqu’on parle de fraternité entre nations, cela engage.
Cela signifie que l’on se parle avec franchise.
Que l’on se respecte dans nos différences.
Que l’on se soutient dans les moments difficiles.
Et c’est pourquoi la France sera toujours présente.

Mesdames et Messieurs, oui, la France sera toujours présente.
Présente pour vous.
Présente pour protéger ses ressortissants.
Présente pour défendre la sécurité d’Israël.
Présente parce que l’amitié véritable ne se résume pas à des mots.
Elle se prouve.
Elle s’éprouve.
Et ce sont toujours les épreuves qui révèlent la vérité des liens. 

Mais il est des moments qui dépassent l’épreuve ordinaire.
Des moments qui suspendent le temps et qui brisent les innocences.
Des moments où l’Histoire surgit avec une brutalité que l’on espérait appartenir au passé. Le 7 octobre 2023 fut de ceux-là. 

Ce matin-là, le monde ne s’est pas seulement réveillé face à des attentats terroristes. Il s’est réveillé face à l’horreur nue, face au plus grand massacre antisémite de notre siècle.  Le 7 octobre 2023, le Hamas a lancé une attaque préméditée, organisée, revendiquée. Un plan pour terroriser.  

Un plan pour frapper des hommes, des femmes, des enfants et des bébés parce qu’ils étaient  israéliens, parce qu’ils étaient juifs.
Des commandos ont franchi une frontière pour massacrer des civils dans leurs maisons. Ils ont tiré sur des familles à bout portant.
Ils ont incendié des habitations avec leurs occupants à l’intérieur.
Ils ont pourchassé des jeunes dans le désert comme on traque du gibier. Au festival Nova, des centaines de jeunes étaient venus danser.
Ils célébraient la musique, la vie, la liberté.
Ils ont été pris pour cible.
J’ai vu ces lieux.
Je me suis rendue sur le site du festival Nova par deux fois.
J’ai marché sur cette terre encore marquée par la fuite, par la panique, par la mort. J’ai vu les photos des visages disparus alignées dans le silence du désert.
Ce que le Hamas a commis le 7 octobre n’est pas une « forme de résistance » comme ont pu le  dire ceux qui se sont couverts de honte.  

C’est un massacre.
Et dans ce massacre, le viol a été utilisé comme une arme de guerre.
Des femmes ont été traquées, violentées, mutilées.
Leur corps transformé en champ de bataille.
Ce ne sont pas des « dérapages » ou des « dommages collatéraux ».
Ce sont des crimes pensés comme des instruments de terreur et d’humiliation. Pour les marquer à vie.
Et pourtant, des voix qui s’élèvent à juste titre contre les violences faites aux femmes sont  restées silencieuses. 

Je pose la question avec gravité : le viol serait-il moins condamnable lorsque les victimes sont  israéliennes ? Lorsqu’elles sont juives ?
Quand on est féministe, on est universaliste.
On défend la liberté de toutes les femmes.
Ou bien on n’est pas féministe.
Parmi les plus de 1 200 victimes du 7 octobre, 51 de nos compatriotes ont été assassinés. La France n’a pas détourné le regard. 

Dès les premières heures, nos réseaux consulaires ont immédiatement été mobilisés. Nos équipes diplomatiques ont travaillé sans relâche pour identifier, localiser, protéger. Les familles ont été reçues, écoutées, accompagnées.
La France les a soutenues dans la durée, y compris dans les moments où l’attention médiatique  s’éloigne mais où la douleur, elle, demeure intacte.
La France a activement soutenu les efforts de libération des otages.
Elle a mobilisé tous ses canaux diplomatiques.
Elle a agi avec détermination, parfois dans le silence nécessaire aux négociations les plus  sensibles.
Et la Nation a rendu hommage.
Le 7 février 2024, une cérémonie nationale s’est tenue dans la cour d’honneur des Invalides.
La France est le seul autre pays au monde, aux côtés d’Israël, à avoir organisé un hommage d’une  telle solennité aux victimes du 7 octobre.
Elle a inscrit leurs noms dans notre mémoire nationale.
Et elle a dit, par ce geste, que ces vies faisaient partie de notre histoire.
Parce que ces morts étaient français.
Parce que ces familles sont françaises.
Parce que la communauté nationale ne s’arrête pas aux frontières de l’hexagone. Mais je sais que le traumatisme dépasse les chiffres et les cérémonies. 

Je sais que lorsque l’on a vu des terroristes entrer dans des maisons pour tuer des enfants,  lorsque l’on a vu des jeunes abattus parce qu’ils dansaient, lorsque l’on a vu des femmes violées  parce qu’elles étaient juives, ce n’est pas seulement l’actualité qui bascule.
C’est une mémoire ancienne qui se réveille. 

Je sais par quelle manière la guerre s’inscrit dans les corps et dans les esprits. Les sirènes. Les courses vers les abris. Les roquettes. Les drones. Les destructions à Tel Aviv, à  Haïfa, à Beer Sheva. Les écoles fermées. Les réservistes mobilisés. Les familles déplacées. 

Et puis cette perspective lancinante d’un conflit plus large.
Cette idée que l’horizon peut de nouveau s’embraser. 

Pour beaucoup d’entre vous, Israël est le refuge ultime.
Le lieu où, quoi qu’il arrive ailleurs, le peuple juif n’est jamais seul, sans défense. Le 7 octobre a ébranlé cette certitude.
Non, le 7 octobre n’est pas un attentat.
C’est une tentative de Shoah au cœur même du refuge. Au berceau.  

Je mesure le vertige que cela provoque.
Je mesure l’inquiétude qui s’installe.
Je mesure cette question silencieuse : « si même ici… »  

Ce fut un choc pour Israël.
Ce fut un choc pour le peuple juif. 

Mais ce fut aussi un test pour les démocraties qui ont toutes eu à affronter une explosion des  actes antisémites. Et la France n’a pas été épargnée.  

Ce que nous avons observé depuis le 7 octobre n’est pas une simple convulsion. Le risque est plus grave.
C’est celui d’un réenracinement, d’une banalisation progressive, d’un glissement insidieux.

Un antisémitisme qui ne se revendique pas toujours comme tel, qui ne crie pas son nom mais  qui s’installe dans les interstices du débat public, dans les ambiguïtés calculées et dans les  relativisations permanentes. 

Lorsque l’on refuse de qualifier le terrorisme.
Lorsque l’on hésite à nommer le Hamas pour ce qu’il est : une organisation terroriste,  sanguinaire et dont le seul projet est la destruction d’Israël.
Lorsque l’on substitue à la compassion immédiate des mises en balance indécentes et des  comparaisons scandaleuses. 

Ce brouillard moral n’est pas neutre.
Il nourrit la confusion et la confusion nourrit la haine.
Il faut le dire clairement : une partie de la gauche radicale – et singulièrement La France  insoumise – porte une responsabilité historique, écrasante et accablante.  

Cette stratégie politique indigne contribue à élargir la fenêtre d’Overton.  A installer un climat où l’antisémitisme peut prospérer derrière des écrans rhétoriques. 

Et c’est précisément dans ce brouillard, là où l’on ne nomme plus clairement les choses, où l’on  relativise, où l’on contextualise jusqu’à excuser, que les vieilles haines trouvent un terrain fertile.  

Aujourd’hui, la haine anti-juive s’est trouvé un nouvel Eldorado : l’antisionisme. Et je veux être extrêmement précise.
La critique de la politique d’un gouvernement est légitime.
Elle est normale.
Elle est même nécessaire. 

Et vous en savez quelque chose ici, en Israël, où la dispute démocratique est un sport national !  Mais ce dont nous parlons ici est d’une nature radicalement opposée à la démocratie. Nous parlons bien d’une idéologie de négation. 

Négation du droit fondamental d’Israël à exister comme État souverain. Je pose la question, calmement, rationnellement : quel autre État au monde fait l’objet d’appels récurrents à sa disparition pure et simple ? Quel autre peuple se voit contester le droit même de disposer d’un cadre politique pour assurer son existence collective ? 

Aucun. Seulement et toujours Israël. 

Alors devant vous, je veux le dire très tranquillement : j’aime Israël.
Et je me battrai de toutes mes forces contre ceux qui veulent la rayer de la carte, la faire  disparaître, la faire taire, lui refuser les moyens de se défendre.
Je ne laisserai jamais les antisionistes prospérer.  

Sionisme.
Je mesure les fantasmes que charrie ce mot, les caricatures qu’il provoque, les haines qu’il  cristallise. 

Je sais combien il est déformé, simplifié, instrumentalisé. 

Pourtant, le sionisme n’est rien d’autre que le droit pour le peuple juif, comme pour tout autre  peuple, de disposer de lui-même et d’avoir un État. 

Rien de plus.
Rien de moins.
Le sionisme n’a pas inventé le peuple juif.
Il n’a pas créé une histoire ex nihilo.
Il n’a pas fait surgir une présence là où il n’y en avait pas. 

Des Juifs vivaient sur cette terre bien avant la création de l’État d’Israël. 

Des communautés juives y ont existé sans interruption, à travers les empires, les conquêtes, les  dominations successives. 

Et pendant des siècles d’errance, dans toutes les diasporas, la mémoire de cette terre n’a jamais  cessé d’être transmise, priée, chantée, espérée. 

Le sionisme, c’est la reconnaissance de cette histoire millénaire, de ce lien profond, spirituel,  culturel et humain à une terre. 

C’est aussi l’aspiration légitime à la sécurité après des siècles de persécutions, de  discriminations, de pogroms et d’exils. 

Dire cela ne signifie pas renoncer à l’exigence de paix, bien au contraire.
Dire cela ne signifie pas nier les droits du peuple palestinien à vivre lui aussi dans la dignité et  la sécurité, libéré enfin du joug des terroristes du Hamas. 

La France croit à la sécurité d’Israël.
Elle croit au droit d’Israël à vivre en paix, dans des frontières sûres et reconnues.
Et la France est aussi convaincue qu’aucune sécurité durable ne peut s’installer sans perspective  politique.  

La sécurité et la paix ne s’opposent pas ; elles se conditionnent. 

L’une sans l’autre n’est qu’une illusion provisoire.

Et porter cette exigence, cela signifie reconnaître un principe fondamental : le droit à  l’existence. 

Refuser ce droit à Israël – et à Israël seul – c’est réintroduire une exception juive dans l’ordre des  nations. 

C’est, au fond, accepter l’idée qu’il existerait encore un peuple à part, un peuple dont la  légitimité serait perpétuellement mise en doute, dont l’existence serait toujours soumise à  condition. 

C’est considérer qu’il y aurait, au sein de la communauté internationale, une nation dont la  souveraineté serait suspecte par principe, provisoire par nature, contestable par réflexe. 

Je refuse cette exception. La France refuse cette exception.  

Et face aux nouvelles formes de haine anti-juive, le « pas de vagues », c’est fini.  Il faut faire des vagues. Il faut faire des tsunamis. 

Car le danger, aujourd’hui, n’est pas seulement la haine déclarée. Le danger, c’est l’habitude. C’est la tentation de l’indifférence. 

Cette petite musique qui dit : « encore un incident », « encore un chiffre », « encore une  polémique ». 

Cette accoutumance qui anesthésie. 

Ce réflexe de détourner le regard pour ne pas voir ce que cela dit de nous. Et je veux le dire devant vous : la France mène le combat.  

Elle nomme, elle protège, elle punit.  

C’est le sens de la mobilisation immédiate de l’État dès le 7 octobre 2023. 

C’est le sens des Assises de lutte contre l’antisémitisme que j’ai portées de toutes mes forces en 2024 et 2025 et dont les travaux irriguent désormais toute l’action du Gouvernement.  

C’est le sens de la loi de juillet 2025 contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur que  j’ai soutenue au nom du Gouvernement malgré les tentatives d’obstruction honteuses de  l’extrême gauche.  

C’est aussi le sens de notre détermination à adapter notre droit aux formes renouvelées de  cette haine à travers la proposition de loi de Caroline YADAN que j’ai cosignée lorsque j’étais  redevenue députée et qui sera examinée par l’Assemblée nationale dans les toutes prochaines  semaines. 

Je veux saluer ici son énergie, sa combativité et la force avec laquelle elle vous représente à  l’Assemblée Nationale, portant vos attentes, vos inquiétudes et vos combats avec une  détermination exemplaire. 

Je veux également rendre hommage à Constance Le GRIP, présidente du groupe d’amitié  France–Israël, dont l’engagement constant contribue à faire vivre et à renforcer les liens  profonds entre nos deux pays. 

Le combat contre l’antisémitisme n’est pas celui des Juifs seuls. 

C’est celui des Justes.
C’est celui de la France.
C’est celui de la République.  

Une République qui renoncerait à défendre le droit d’Israël à exister n’est plus fidèle à son  propre héritage d’émancipation.
Une France où les Juifs ont peur n’est plus la France.
Une France où les Juifs se sentent condamnés à partir se condamne elle-même. Et c’est le mien.

Souvent, on me questionne sur ce combat.
« Pourquoi s’implique-t-elle autant ? », sous-entendu « elle qui n’est pas juive ».  Cela charrie tous les complotistes.  

Mais cela dit aussi une part de résignation devant le délitement de l’idéal républicain. Qui a déclaré qu’il faudrait être juif pour pleurer à Yad Vashem ?
Qui a déclaré qu’il faudrait être juif pour tenir la main de Ginette KOLINKA à Auschwitz en  ayant peur que les derniers témoins bientôt s’absentent ?
Qui a déclaré qu’il faudrait être juif pour hurler devant les martyrs du 7 octobre et porter un  ruban jaune jusqu’à la libération de tous les otages ?
A tous ceux qui s’étonnent, doutent ou se questionnent, à tous ceux qui renoncent, je leur  réponds que j’aime la République et que toujours j’en serai une combattante.
Et quand on aime la République, on tend l’oreille, on se dresse, et on n’abdique pas.  Jamais.  

Mesdames et Messieurs,  Vous êtes des passeurs.
Passeurs de langue, passeurs de culture, passeurs de valeurs.
Vous êtes un pont entre deux nations sœurs et deux peuples frères.
Et dans un monde qui se fracture, les ponts sont des forces stratégiques. Ils empêchent l’isolement. Ils empêchent la rupture. Ce pont est précieux. 

Car la France, mes chers amis, n’est pas seulement un territoire délimité par des frontières.  La France est une idée. Elle est une communauté de destins, une mémoire partagée, une promesse renouvelée de  génération en génération. 

Cette promesse, aujourd’hui, je viens la réaffirmer devant vous.
Où que vous viviez,
Quelles que soient vos épreuves,
Quelles que soient vos interrogations,

Vous faites pleinement partie de la nation française.
Et la nation française vous doit protection.
Elle vous doit considération.
Elle vous doit fraternité.
Et elle vous dit, par ma voix, qu’elle vous aime et que jamais elle ne vous trahira.  Vive l’amitié franco-israélienne ! 

Vive la République !  

Et vive la France !

Discours d’Aurore Bergé
Ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les  discriminations
Réception avec la communauté française
Résidence de l’Ambassadeur de France en Israël – TEL AVIV
Seul le prononcé fait foi
Lundi 16 février 2026

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