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Israel : Aux Africains qui se trompent d’ennemi par Rony HAYOT

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Il y a des silences qui font mal et des colères qui se trompent de cible. Quand certaines voix africaines attaquent le peuple juif et Israël, on ne peut s’empêcher de se demander : comment des peuples qui ont subi l’esclavage peuvent-ils aujourd’hui reprendre les mots de ceux qui, dans l’histoire, les ont mis en chaînes ? Il est temps de remettre les pendules à l’heure par amour de la vérité.

Soyons clairs d’emblée. Ce texte ne s’attaque pas à l’Islam. Des millions d’Africains pratiquent cette foi dans la paix, la dignité et le respect des autres. D.ieu merci, tous les musulmans du continent ne se ressemblent pas. Je parle ici d’une minorité bruyante, nourrie à la haine, qui rejette tout ce qui est différent d’elle — à commencer par l’Occident et Israël.

Contrairement au cas dramatique de l’Afrique du Sud, où la virulence envers Israël est portée par des figures historiques et politiques de premier plan — qu’ils soient convertis à l’islam ou issus de minorités malaisiennes et indiennes au sein d’un système cultivant l’hostilité envers le peuple juif — je tiens à saluer le Cameroun. Ce pays, véritable « Afrique en miniature », a su résister à la fièvre antisémite qui gagne d’autres régions. Les Camerounais prouvent majoritairement qu’il est possible d’être fier de ses racines africaines tout en voyant en Israël un peuple frère plutôt qu’un ennemi imaginaire. Leur sagesse et leur refus de l’embrigadement idéologique sont un exemple pour l’ensemble du continent.

Quand on parle d’esclavage en Afrique, on pense aussitôt aux navires négriers, à l’Atlantique, aux plantations d’Amérique. C’est une tragédie réelle et immense, gravée dans la mémoire collective de l’humanité. Mais il existe une autre traite dont on parle beaucoup moins : la traite transsaharienne et orientale.

Elle a commencé au VIIe siècle. Elle a duré plus de treize siècles. Des millions d’Africains ont été déportés vers le monde arabe et musulman. Et contrairement à la traite atlantique qui cherchait une main-d’œuvre durable, celle-ci visait souvent l’effacement total de l’être humain. Les hommes étaient systématiquement castrés pour qu’ils ne puissent pas avoir d’enfants sur la terre de leurs maîtres. C’est pour cette raison précise qu’aujourd’hui, des millions de descendants d’esclaves africains vivent aux Amériques, mais qu’on n’en trouve presque aucun au Moyen-Orient. L’Africain n’y était pas un être humain à part entière. Il était une marchandise, désigné par le mot « Abid » — terme arabe pour esclave — dont on niait l’âme et l’humanité.

C’est là que réside le paradoxe le plus troublant. L’islamisme radical — et non la foi musulmane sincère — a réussi à convaincre certains fils d’Afrique que le Juif est leur ennemi principal. Mais posons la question simplement : quand le peuple juif a-t-il réduit l’Afrique en esclavage ? Quand a-t-il envahi le continent ? Quand a-t-il méprisé l’Africain et nié son humanité ? La réponse est claire : jamais.

Cette haine qu’on vous demande de porter ne vient pas de votre histoire. Elle ne vient pas de votre culture ni de vos valeurs profondes. Elle a été soigneusement plantée dans vos esprits par une idéologie étrangère à l’âme africaine — une idéologie qui, dans les faits, n’a jamais traité l’Africain comme un égal. Ce sont ces mêmes extrémistes qui massacrent des chrétiens au Nigeria, au Mali, au Burkina Faso. Ce sont eux qui déstabilisent vos pays, brûlent vos villages et tuent vos propres frères et sœurs. Alors pourquoi retourner leur haine contre Israël à leur place ?

Regardons les faits concrets. Quand des Juifs d’Éthiopie vivaient dans la misère et le danger, qu’a fait Israël ? Il les a rapatriés. Pas achetés. Pas exploités. Rapatriés, comme on ramène un frère perdu à la maison.

En 1984, c’est l’Opération Moïse. En 1991, c’est l’Opération Salomon : en seulement 36 heures, plus de 14 000 Juifs éthiopiens sont transportés par avion jusqu’à Jérusalem. Ces hommes, ces femmes, ces enfants d’Afrique sont aujourd’hui des citoyens israéliens à part entière. Ils siègent à la Knesset, le Parlement israélien. Ils sont officiers dans l’armée. Ils sont médecins, juges, ingénieurs. Leur couleur de peau ne les a pas rendus citoyens de seconde zone. En Israël, chaque être humain est considéré comme créé à l’image de D.ieu, quelle que soit son origine ou la couleur de sa peau.

D’où vient alors cette haine contre les Juifs que certains portent aujourd’hui ? Elle ne vient pas de l’Afrique profonde, de ses valeurs ancestrales, de sa sagesse millénaire. Elle vient d’une intoxication idéologique soigneusement entretenue par ceux-là mêmes qui, pendant des siècles, vous ont considérés comme inférieurs et privés de votre humanité.

Le peuple juif est un peuple qui a connu l’exil, la persécution et la tentative d’effacement total. Il est revenu sur sa terre après deux mille ans et y a bâti une démocratie vivante, imparfaite comme toutes les démocraties, mais réelle. Un État où l’Africain juif est chez lui, pleinement. Ce parcours mérite du respect et de la reconnaissance, pas de la haine.

L’histoire est un miroir. Ceux qui refusent de s’y regarder finissent par servir des causes qui les détruisent eux-mêmes. Vous n’êtes pas les ennemis du peuple juif. Et le peuple juif n’est pas le vôtre. Comme le montre l’exemple lumineux du Cameroun, il est tout à fait possible de choisir la lucidité, la coopération et la fraternité — plutôt que de répéter des slogans haineux qui ne construisent rien, sinon des ruines et de la souffrance.

Rony HAYOT
Journaliste et analyste politique, résidant à Bet Shemesh, Israël

Ashdodcafe.com
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