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Paracha Bamidbar 5786 – vendredi 15 mai 2026- 28 Iyar 5786

C’est toujours la semaine précédant Shavouot que nous lisons la première sidra de Bamidbar

Ce vendredi, nous célébrerons également le 59ᵉ anniversaire de la libération et de la réunification de la merveilleuse ville de Jérusalem, cette ville éternellement sainte vers laquelle nous tournons nos cœurs et nos pensées dans nos prières adressées à HaShem, jour après jour.

Chaque année, nous formulons le vœu de nous retrouver tous unis à Jérusalem, dans la paix et la fraternité, et c’est aussi vers Jérusalem que se porte notre espérance de monter bientôt au Troisième Temple.


PARASHATH BAMIDBAR 5786 

Nous ouvrons le quatrième tome du Pentateuque ou Bamidbar en hébreu, ou Les  Nombres en français.

Le titre de Bamidbar indique que nous nous trouvions en plein désert, lieu que la plupart des commentateurs désignent comme un endroit propice au « verbe » et donc au dialogue car le désert est par définition aride, et n’offre rien qui soit propice à la distraction, au vagabondage de la pensée, mais au contraire, favorable à la concentration, à l’introspection. En hébreu le mot désert vient de la racine trilitère  dalet-beit-resh qui désigne aussi bien la chose que la parole.

Lorsqu’HaShem a proposé Sa Torah à toutes les nations, en dehors d’Israël, aucune autre Nation n’a démontré d’intérêt quelconque et personne d’entre les  nations n’a compris que les paroles contenues dans la Torah représentaient un  ensemble : chaque grain de sable s’il s’agglomère à l’autre peut constituer une  pierre et que, chaque pierre ajoutée à une autre peut faire un mur et que chaque  mur assemblé à un autre peut édifier une maison, un Temple ou un palais.

Ainsi si une brique/pierre fait défaut l’édifice peut s’écrouler et ce serait donc un  échec car la désagrégation démontrerait d’un manque de cohésion. Et c’est dans  l’union, la volonté d’accéder aux vœux du Souverain tous ensemble que se forme  une Nation solide comme un bâtiment est solide et peut traverser les siècles  sereinement et durablement.

Le deuxième point très important de Bamidbar est le recensement : celui du  peuple, des bené Israël distinct du recensement des Léviim et des trois dynasties  qui s’y distinguent : les Guershonim, les Kehatim, les Mérarim.

C’est la descendance des Kehatim qui reçoit l’insigne honneur de la haute prêtrise  avec comme premier Cohen Gadol Aharon, puis ses fils et toute sa  descendance…Et, ce sont à eux aussi qu’incombe le transport de la Menorah, de  la Table, de l’Autel et de l’Arche Sainte… et ce sont donc Aharon et ses fils qui ont  la tâche de recouvrir l’Arche et l’Autel avant que les Léviim ne préparent ces objets  de culte pour la traversée du désert à chaque étape…

Lévy est une tribu pas comme les autres et celle de Joseph n’est pas non plus  comme les autres tribus puisque les Léviim ne reçoivent pas de terrain, ils sont  partagés entre les autres tribus et, donc sans eux il n’y a plus que onze tribus c’est  pourquoi la tribu de Joseph sera divisée entre Ephraïm et Menashé.

La Torah, l’obéissance à la Torah et à tous ses commandements revient  constamment car c’est à travers cette appartenance que le peuple se consolide.

Le Shlah (1) HaKadosh (2) interprète les dénombrements exigés par HaShem  comme l’expression de Son affection pour Son peuple car, écrivit-il, un  homme riche est toujours occupé à compter les pierres précieuses ou les  perles qu’il possède pour être sûr qu’il n’en a pas perdu ou alors, tout comme  un père ou une mère soucieux à propos de sa progéniture, s’assure en les  comptant souvent qu’aucun d’eux ne s’est fourvoyé.

Le Kli Yakar (3) donne une raison pour laquelle le deuxième dénombrement a  lieu un mois après le premier : c’est seulement après qu’un homme soit  installé dans un lieu quelconque qu’il peut être considéré comme résident,  c’est-à-dire qu’il peut être pris en considération tout comme quelqu’un qui  réside en un lieu depuis un mois est astreint à fixer une mezouza.

La sidra de Bamidbar précède toujours la fête de Shavouoth qui termine la  période de sept semaines pendant lesquels, chaque soir, les hommes  comptent, en minyane, les 49 soirées qui séparent le premier soir de Pessah  jusqu’à la fête des « bikourim » (primeurs). Cette fête des moissons est un  rappel du midrash rabba34 dans lequel le peuple juif est comparé au blé. Au  bon grain et pas à la paille. Ainsi Israël est assimilé à un gros tas de gros  grains de blé et non pas à la paille qui peut s’envoler et ne pourra rien  produire au contraire du blé qui peut donner naissance à d’autres épis ou  duquel on peut produire de la farine ou confectionner de la nourriture. Le  blé possède une valeur, au contraire de la paille qui, elle, est équivalente aux  autres peuples, qui ne reconnaissent ni D ni Sa Torah. Les Juifs observant  les mitsvoth énoncées dans la Torah et suppliant HaShem dans leurs  prières, sont chers au Créateur à l’opposé des autres nations qui adressent  leurs suppliques ou leurs louanges à d’autres « objectifs ».

Les Sages ont exprimé l’opinion selon laquelle la Torah a été promulguée dans le désert avec trois éléments. Il nous faut expliquer pourquoi les Hazal  ont cité : le désert, l’eau et le feu.

LE DESERT : parce que le désert est un lieu par excellence pour se  retrouver, faire le point et revenir à la genèse des choses car, le désert c’est  le sable, la terre dont on est sorti et vers laquelle on retourne, car, c’est dans  la terre/poussière que Rabbi Shimon bar Yohay a vécu avec son fils 12 ans  durant, enterrés jusqu’au cou et ne se nourrissant que de caroubes, dans  un isolement sociétal complet pour éviter d’être distrait et dans cet  isolement parvenir jusqu’aux sphères supérieures et faire partie de cette  nature qui rapproche l’homme de son Créateur.

C’est aussi parce que c’est dans le désert que se sont produits des faits  grandioses tels que le don de la Torah bien évidemment, mais c’est encore  et toujours dans le désert qu’a été érigé le Mishkan. Bien entendu pouvons-nous relever aussi les différents faux-pas faits par certains protagonistes  tels les « explorateurs » ou les différentes « révoltes » et c’est encore dans le  désert que sont morts tous ceux qui ont participé notamment à la faute du  veau d’or.

Cependant, HaShem, dans Sa Miséricorde, a donné cette source d’Eau Vive  qu’est la Torah, source auprès de laquelle, quiconque est altéré peut venir  étancher sa soif (4).

Rabbi Shimôn bar Yohay écrivit, dans le Zohar, que lorsque D proposa à  Israël de lui faire présent de la Torah et que le peuple s’exclama : « Naâssé  Venishmâ », immédiatement, D fit présent à chacun d’un glaive sur lequel  était gravé le Shem Hameforas (5). Chacun sachant qu’en élevant ses yeux  vers le ciel, sa supplique serait entendu de D, Seul et Unique à pouvoir aider  Ses créatures.

Les Hazal affirment dans la Guemara Yoma ; La Torah n’a été donnée qu’à  ceux qui ont mangé la manne (tombée du ciel) (7) car ces derniers ont été  témoins de l’attachement du Saint béni soit-IL à Ses enfants : en effet,  HaShem aurait pu donner une fois dans l’année la quantité totale de manne  nécessaire à l’usage d’une famille mais, IL tint à distribuer la manne  quotidiennement comme une mère, par amour, donne la becquée à ses  petits et, de cette manière, les yeux d’Israël étaient tournés vers le Ciel pour prier et demander.

Les Hazal nous enseignent encore un autre principe qui me semble très  fort : dans le désert, nous avons reçu la Torah gratuitement telle une dot (8), nous avons été nourris et abreuvés gratuitement pour qu’en  compensation nous puissions prier D et observer Ses mitsvoth sans Espoir de récompense, gratuitement, simplement par amour. C’est ainsi  que quiconque est fidèle se doit d’étudier et d’enseigner gratuitement  לשם שמים de même que nous avons reçu cet enseignement.

L’étude et l’enseignement de la Torah sont indispensables à l’homme tout  comme il est impossible à l’être humain de vivre et résister sans boire de  l’eau une journée complète, l’âme ne peut résister dans un corps sans être  abreuvée de Torah.

A l’époque des invasions grecque et romaine, les envahisseurs avaient,  entre autres, interdit d’étudier la Torah c’est la raison pour laquelle, les  Sages de l’époque avaient institué la lecture hebdomadaire de passages  prophétiques rappelant le sujet de la parasha qui aurait dû être lue en public  à la synagogue et, si les fidèles moyens se contentaient de cela il va sans  dire que les rabbanim et les « talmidé hakhamim » (9) étudiaient en cachette  mettant leur vie en danger ce qui rendit célèbre la réponse de Rabbi Akiba (10):  « si je n’étudie pas je mourrai car je serai assoiffé de Torah et si j’étudie je serai mis à mort, je préfère donc continuer à étudier et à mourir par la Torah »  la tradition confie qu’il mourut en disant le mot « Ehad » après avoir récité :  SHEMA ISRAEL HASHEM ELOKENOU HASHEM EHAD!

Pour rejoindre notre propos quant aux 3 éléments liés au don de la Torah, il  est important de rappeler que le FEU fut l’élément le plus spectaculaire au  moment où les Enfants de Jacob, rassemblés au pied du Sinaï « virent » la  parole de D car, ainsi qu’il est écrit dans la célèbre poésie chantée lors de la  réception de la Reine Shabbat (11)

Les « dix paroles » ont été prononcées en une seule fois et tout le peuple  entendit et vit la voix divine car un feu grava sur les tables de pierre ces dix  paroles établissant les normes entre la créature et son Créateur et régissant  les rapports entre les créatures elles-mêmes.

Rashi souligne aussi ce fait étant donné que l’homme ne peut voir D et  continuer à vivre il voit donc l’expression divine se concrétiser à ses yeux  par une flamme.

Ainsi le feu peut-il être une bénédiction tout comme il peut être  l’expression de la colère divine et tout détruire sur son passage comme ce fut le cas en Egypte où la plaie de la grêle prit la forme d’un feu  détruisant tout et partout où tombaient les grêlons.

Caroline Elishéva REBOUH.

1/ Trois éléments sur quatre ; l’élément qui manque ici est l’air/vent. 

2/ Rav Yshâya Halévy Horwitz 1565-1630 auteur du « Shené Louhoth Habrith » 

3/ Rav Ephraïm Luntschitz (1550-1619) exégète de la Torah. 

4/ Recueil de commentaires allégoriques s’attachant non seulement au pentateuque mais encore aux  cinq meguiloth (Esther, Ruth, le Cantique des Cantiques, l’Ecclésiaste et les Proverbes). 

5/ Il est écrit dans la Guemara « hashoté mayim letsom’o mevarekh shéhakol niyhia bidvaro » soit  « celui qui boit pour étancher sa soif doit bénir shéhakol nyhyia bidvaro » c’est-à-dire que quiconque boit  de l’eau sans être certain d’être vraiment très assoiffé ne doit pas faire de bénédiction Comment est-ce  possible direz-vous ? C’est qu’ici, le mot soif désigne une soif inextinguible de savoir, de Torah, une soif  qui, pareille à un feu ne peut être apaisée que par l’étude de la Torah. La soif, en ce cas, est pareille à un  feu dévorant.

6/ Nom ineffable.

7/ לא נתנה תורה אלא לאוכלי המן בלבד.

(8) rappelons que le moment de la promulgation de la Torah est comparé au moment où deux époux  s’unissent : D est L’Epoux et Israël l’épousée, la Torah est le contrat de mariage, la Nuée est la Houppa et  le Shofar sert à proclamer au monde entier cette Union INDISSOLUBLE de D avec Son peuple.(nous y  reviendrons plus loin).

9/ Erudits

10/ Rabbi Akiba, Tana (Talmudiste) de la troisième génération de Tanaïm qui aborda l’étude de la Torah à  l’âge de 40 ans. Il naquit au cours du premier siècle de l’ère courante (en 50) et mourut dans le premier  tiers du deuxième siècle (135). Il mourut dans de grandes souffrances infligées par les tortures qui lui  furent appliquées en tant que rebelle (il avait refusé de s’abstenir d’étudier). Rabbi Akiba fut l’un des dix  martyrs exécutés sur les ordres de l’Empereur romain.

11/ LEKHA DODI composée par R’ Shlomo Halévy Alkabetz (1505-1584 Safed (Tsfat)

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