Invité du podcast « Alyah, ce n’est pas si compliqué ? », animé par Anaël Shmoueli, le ministre de l’Alya et de l’Intégration, Ofir Sofer, a présenté les profondes réformes engagées par son ministère, les défis liés à la vague d’immigration survenue en pleine guerre, ainsi que son nouveau projet visant à faire du ministère « un père et une mère » pour les soldats isolés.
«Nous réussissons à faire monter en Israël plus de 500 médecins chaque année», révèle le ministre, mettant en avant une véritable révolution dans le domaine de l’intégration des professionnels de santé.
Au cours de l’année écoulée, 558 médecins ont fait leur alyah, contre 519 l’année précédente, dans le cadre d’un projet commun réunissant le ministère de l’Alya et de l’Intégration, le ministère de la Santé, le ministère du Développement du Néguev et de la Galilée, ainsi que l’organisation Nefesh B’Nefesh.
Le ministère prend désormais en charge près de 60 % des professions réglementées, notamment les architectes et les ingénieurs. Une unité spécialisée a été créée afin d’accompagner personnellement les médecins dès l’ouverture de leur dossier, en simplifiant les démarches administratives, en accélérant l’obtention des licences professionnelles et en facilitant leur recrutement dans les hôpitaux israéliens.
Cet accompagnement ne se limite pas à l’aspect professionnel : il comprend également une aide à la recherche d’emploi pour le conjoint, l’inscription des enfants dans les établissements scolaires adaptés, ainsi que d’importants avantages fiscaux, tels qu’une exonération totale d’impôt durant la première année et une exonération de taxe d’acquisition lors de l’achat d’un premier logement.
Le ministre indique également que ce modèle d’intégration professionnelle, qu’il considère comme un succès, devrait prochainement être étendu aux spécialistes de haut niveau dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), en collaboration avec les services du Premier ministre.
Au cours du podcast « Alyah, c’est toute une histoire », animé par Anaël Shmoueli, Ofir Sofer revient sur le profond sentiment de mission qui accompagne ce portefeuille ministériel à forte dimension sioniste. Il confie qu’à l’origine, il souhaitait plutôt exercer des responsabilités dans le domaine de l’éducation.
Avec émotion, il évoque ces nouveaux immigrants qui choisissent de venir vivre en Israël malgré la guerre, affrontant les sirènes d’alerte, les tirs de missiles et les difficultés liées au conflit.
Il raconte notamment l’histoire de familles ayant atterri en Israël alors que des missiles étaient tirés depuis l’Iran ou le Liban, et qui ont immédiatement annoncé qu’elles poursuivaient leur route vers Nahariya, sans la moindre hésitation.
Anaël Shmoueli lui pose alors une question directe :
« Comment expliquez-vous qu’en pleine guerre, alors qu’Israël est sous les attaques, des personnes souhaitent non seulement faire leur alyah, mais choisissent même de s’installer à Nahariya, l’une des villes les plus exposées ? »
Le ministre répond avec simplicité : « Tout le peuple juif veut faire partie de cette histoire. Il comprend qu’il est nécessaire de faire preuve de force et de confiance envers l’État d’Israël, mais aussi envers la vision éternelle du peuple juif. Pour beaucoup de Juifs qui ont longtemps vécu en diaspora et qui envisageaient déjà de monter en Israël, c’est précisément le moment de concrétiser ce projet. »
Le ministre analyse ensuite l’évolution de la situation géopolitique mondiale et estime que la montée de l’antisémitisme dans plusieurs pays occidentaux, notamment au Royaume-Uni, en France et en Australie, influence profondément les communautés juives locales.
Il révèle qu’au cours de ses récents déplacements à Londres, de nombreux membres de la communauté lui ont confié : « Il n’y a plus d’avenir à Londres. »
Selon lui, cette évolution entraîne un changement majeur du profil des nouveaux immigrants. Alors que, par le passé, l’alyah concernait principalement des jeunes célibataires ou des retraités, ce sont aujourd’hui de nombreuses jeunes familles avec enfants qui choisissent de s’installer en Israël afin d’assurer leur avenir.
Pour répondre aux besoins des millions de Juifs vivant dans les pays occidentaux, le ministère a développé près de 50 programmes universitaires permettant aux nouveaux immigrants d’étudier dans leur langue maternelle durant leurs deux premières années en Israël.
Ces programmes comprennent notamment la prise en charge des frais de scolarité, du logement et des cours d’hébreu (oulpan).
Le ministre évoque notamment les dizaines d’étudiantes francophones inscrites en optométrie au Collège Hadassah de Jérusalem, ainsi que des formations similaires proposées au Makhon Lev, à l’Université Bar-Ilan, à l’Université hébraïque de Jérusalem et au Technion.
L’objectif est de faire de l’alyah, des études supérieures en Israël et du service militaire une véritable norme pour les jeunes immigrants.
Chaque année, souligne-t-il, l’équivalent d’un bataillon entier de nouveaux immigrants rejoint Tsahal.
Au-delà de ces réussites, la guerre a également mis en lumière les difficultés rencontrées par les soldats isolés et les réservistes, notamment ceux originaires de pays comme l’Afrique du Sud, qui ne peuvent plus retourner dans leur pays en raison de leur engagement militaire en Israël.
Le ministre raconte les rencontres particulièrement émouvantes qu’il a eues avec des mères inquiètes venues de Londres, Washington, New York ou encore d’Australie.
Il annonce que son ministère travaille actuellement, en coopération avec le ministère de la Défense, à la création d’une unité spécialement dédiée aux soldats isolés, destinée à devenir pour eux « un père et une mère », en complément du travail déjà accompli par les différentes organisations qui les accompagnent.
Au cours de l’entretien, Anaël Shmoueli, elle-même montée de France à l’âge de douze ans, pose une question très concrète : « Si je souhaite accueillir ou parrainer un soldat isolé, vers qui puis-je me tourner ? »
Le ministre répond avec franchise : « Aujourd’hui, je n’ai pas encore de solution précise à proposer, mais cela fait partie des sujets que nous souhaitons développer prochainement. »
En conclusion, Ofir Sofer lance un appel à l’ensemble de la population israélienne afin qu’elle ouvre davantage son cœur aux nouveaux immigrants : les inviter à partager un repas de Shabbat, les entourer et les aider à s’intégrer.
Il souligne enfin que son ministère soutient le développement de projets d’alyah communautaire dans plusieurs villes, notamment Nahariya, Afula, Or Akiva et Haïfa, permettant aux nouveaux immigrants de créer des liens, de partager leurs joies comme leurs difficultés et de faciliter leur intégration dans la société israélienne.
Ashdodcafe.com
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