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Exposition Ashdod – « Quand je ne peins pas, je vais creuser »

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Un regard pluridisciplinaire sur l’art israélien contemporain à travers un nouveau cycle d’expositions au Musée d’art d’Ashdod.
Le cycle d’expositions de l’hiver 2026-2027 du Musée d’art d’Ashdod ouvrira ses portes le 17 septembre prochain. Il réunira trois expositions proposant des regards complémentaires sur l’art israélien contemporain.

Trois voix artistiques s’y rencontrent, animées par une même volonté : porter un regard nouveau sur la réalité israélienne actuelle et sur la manière dont celle-ci s’inscrit dans la création artistique.

Hadas Sat – « Joy in Repetition »

Hadas Sat présente l’exposition « Joy in Repetition », sous le commissariat de Roni Cohen-Binyamini.

Il s’agit de la première exposition muséale personnelle de cette artiste, active sur la scène artistique israélienne depuis une vingtaine d’années et récemment nommée à la tête du département de photographie de l’Académie d’art et de design Bezalel.

Pour cette exposition, Hadas Sat transforme le hall d’entrée circulaire du musée en une sorte d’espace domestique réunissant, sous un même toit, des époques, des personnages, des lieux et des styles différents.

L’artiste voyage entre les univers du mythe, du rêve et de la fiction, d’une part, et ceux du quotidien, de la maison et de la famille, d’autre part. Elle rassemble des fragments, construit des passerelles et crée de nouveaux univers. Son travail invite ainsi le visiteur à porter sur les choses un regard différent, renouvelé et circulaire, loin des catégories et des points de vue habituels.

Sa pratique photographique repose sur des processus au long cours. Elle « collectionne » des images réalisées en photographie argentique, le plus souvent prises avec un appareil 35 mm, auxquelles s’ajoutent parfois des photographies provenant de l’album familial de son enfance.

Elle y associe des réflexions ainsi que des références historiques ou littéraires qui la fascinent. À partir de cette matière visuelle, elle numérise, retravaille et déconstruit les images, avant de les assembler par ordinateur pour créer une sorte d’assemblage photographique multidimensionnel.

Hadas Sat est la deuxième lauréate du Prix Israel Makov, créé en mémoire de son épouse Nira, au Musée d’art d’Ashdod. Cette distinction a pour vocation de soutenir la première exposition personnelle d’un artiste dans un musée ainsi que la publication du catalogue qui l’accompagne.

Amit Cabessa – « Quand je ne peins pas, je vais creuser »

Le peintre Amit Cabessa présente une exposition personnelle intitulée « Quand je ne peins pas, je vais creuser », sous le commissariat de Yael Katz Ben-Shalom.

Cette exposition marque un tournant particulièrement intéressant dans le travail de l’artiste. Amit Cabessa y dévoile un nouvel ensemble de peintures abstraites de très grand format, offrant une expérience immersive fondée sur la couleur, la matière et l’espace.

Les œuvres sont disposées dans le musée de manière à créer un environnement dans lequel l’intérieur et l’extérieur semblent se rejoindre, rendant les limites de l’espace difficiles à saisir.

Présent de manière constante et marquante sur la scène artistique israélienne depuis une vingtaine d’années, Amit Cabessa consacre pour la première fois une exposition entière à l’abstraction. Il ne s’agit pas simplement d’un changement de style, mais de l’apparition d’un nouveau langage artistique, qui interroge les mécanismes de représentation picturale en temps de guerre.

Dans ses œuvres réalisées après le 7 octobre, l’artiste évite volontairement toute représentation directe. Il privilégie la matière et la couleur, dans un dialogue avec la tradition de la peinture abstraite. En renonçant au concret, il propose au visiteur une expérience à la fois sensorielle, matérielle et intellectuelle, ouvrant un espace de contemplation aux multiples niveaux de lecture.

Amit Cabessa a grandi au kibboutz Magal, dans le nord de la plaine du Sharon, où il vit et travaille encore aujourd’hui. Son environnement de création comprend son atelier ainsi qu’un bosquet situé à proximité. Au fil du temps, ce lieu est devenu pour lui un véritable jardin dans lequel il creuse des trous et de petits bassins, cultive des plantes et « plante » des objets auxquels il attribue une présence presque vivante.

« Quand je ne peins pas, je vais creuser » : cette déclaration présente la peinture comme une forme de connaissance en constante évolution. Elle invite le spectateur non pas à enfermer l’œuvre dans une interprétation définitive, mais à vivre une expérience dans laquelle celle-ci continue d’exister et de se développer au-delà des limites de son format.

Cette phrase exprime également une forme de dédoublement, ou la possibilité d’une pratique alternative, soulignant le profond attachement de l’artiste à la matière.

« Cinq : œuvres vidéo de la collection du musée »

Pour la première fois, cette exposition rassemble plusieurs œuvres vidéo issues de la collection du Musée d’art d’Ashdod. Présentées dans différentes expositions du musée au cours de la décennie précédente, elles avaient pour ambition de mettre en lumière certains processus majeurs de la culture israélienne contemporaine.

Ces œuvres reflètent l’esprit du Musée d’art d’Ashdod, qui cherche, à travers la représentation artistique, à explorer les questions liées à l’identité israélienne contemporaine, au sein d’une société d’immigration inscrite dans l’espace méditerranéen.

La génération d’artistes à l’origine de ces créations a formulé, pour la première fois, une grande diversité de récits et de points de vue sur le territoire, l’appartenance et l’héritage migratoire dont les générations précédentes avaient tenté de s’affranchir.

Cette génération a ouvert un espace d’errance et de recherche, ancré dans un passé toujours présent ainsi que dans un sentiment persistant d’étrangeté face au lieu.

Les bouleversements et les catastrophes qui ont successivement ébranlé notre monde ces dernières années ont perturbé le cours du temps et transformé les récits ainsi que les valeurs fondamentales de la société israélienne.

Aujourd’hui, à la lumière des ruptures et des crises traversées, il est possible de porter un regard nouveau sur l’atmosphère, les idées, les réflexions et les aspirations exprimées dans ces œuvres.

Dans le contexte actuel, celles-ci acquièrent une force particulière et se chargent de nouvelles significations autour de thèmes tels que l’identité israélienne, l’identité juive, le territoire, l’histoire et l’espace méditerranéen.

À l’occasion de ce nouveau cycle d’expositions, le musée inaugurera également une salle consacrée aux projets artistiques, avec une œuvre vidéo de l’artiste Avshalom.

Informations pratiques

Cycle d’expositions de l’hiver 2026-2027
Du 17 septembre 2026 au 1er mars 2027

Horaires d’ouverture :

  • Dimanche, mardi et mercredi : de 10 h à 16 h
  • Lundi et jeudi : de 10 h à 20 h
  • Vendredi et samedi : de 10 h à 14 h

Musée d’art d’Ashdod
8, Derekh Eretz – Ashdod
Téléphone : 08-8545180

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