À l’approche des élections du 27 octobre, le bloc du changement affiche son unité. Mais une question essentielle reste en suspens : pourra-t-il former un gouvernement sans le soutien des partis arabes ?
Réunis le 26 septembre au domicile de Yaïr Lapid, cinq dirigeants de l’opposition — Lapid, Gadi Eisenkot, Naftali Bennett, Avigdor Liberman et Yaïr Golan — ont signé un accord de coordination. La rencontre n’a toutefois pas dissipé leurs divergences sur la composition d’un futur gouvernement.
Avant cette réunion, Eisenkot a affirmé que Ra’am ne ferait pas partie du prochain gouvernement si le parti ne remplissait pas les conditions qu’il pose, notamment sur la reconnaissance d’Israël et le Hamas. Il estime qu’à ce jour, aucun parti arabe ne répond à ces exigences.
Cette position se heurte à la réalité des sondages : aucun des deux grands blocs ne semble assuré d’atteindre seul les 61 sièges nécessaires pour obtenir une majorité à la Knesset. Les partis arabes pourraient donc jouer un rôle déterminant. La Cour suprême a par ailleurs annulé leur disqualification électorale, leur permettant de participer au scrutin.
La question a aussi été portée dans la rue. Lors de la réunion chez Lapid, des militants du mouvement Standing Together ont manifesté en faveur d’une coopération judéo-arabe, scandant : « Gouvernement kahaniste ou partenariat judéo-arabe ». De son côté, Yaïr Golan a défendu publiquement l’idée d’un partenariat avec les partis arabes. Son parti a ensuite précisé que cette position exprimait celle des Démocrates et ne correspondait pas au contenu de la réunion des dirigeants.
Le dilemme d’Eisenkot est donc politique autant qu’arithmétique. Affirmer qu’il exclut Ra’am peut rassurer les électeurs de droite modérée dont il cherche à gagner les voix. Mais si aucun gouvernement ne peut se former sans les partis arabes, que fera-t-il après les élections ?
L’idée qu’il pourrait revenir sur sa position est, à ce stade, une hypothèse — pas un fait établi. Il faudra aussi distinguer une participation directe de Ra’am au gouvernement d’un éventuel soutien parlementaire extérieur. C’est sur ce point que les électeurs attendent des réponses claires : quelles alliances sont réellement exclues, lesquelles restent possibles, et à quelles conditions ?
AshdodCafé
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