Le cours de l’argent continue de surprendre les marchés en ce début 2026, défiant toutes les prévisions. Avec une progression fulgurante dépassant 200 % sur un an, le métal blanc attire les investisseurs à la recherche de rendement et de refuge face à l’incertitude économique. Entre déficit structurel d’offre, demande industrielle record et tensions géopolitiques, l’argent semble lancé vers de nouveaux sommets, avec des prévisions désormais supérieures à 150 dollars l’once. Mais derrière cette envolée spectaculaire, les risques de correction restent réels.

L’argent défie toutes les prévisions : vers un nouveau record en 2026 ?

En ce 22 janvier 2026, le marché de l’argent confirme sa trajectoire exceptionnelle. À 14h UTC, le prix spot évoluait entre 95,85 et 96,64 dollars l’once, enregistrant une hausse quotidienne de près de 3 %, selon les données de Trading Economics et JM Bullion.

Depuis le 1er janvier, la progression mensuelle dépasse 34 %, tandis que sur les douze derniers mois, le métal précieux a bondi de 214 %, surperformant largement l’or (+78 %) et le S&P 500 (+20 % en 2025). Cette montée spectaculaire soulève la question : l’argent peut-il poursuivre son ascension, indépendamment des fluctuations des marchés financiers ?

Une hausse explosive portée par des fondamentaux solides

La performance exceptionnelle de l’argent en 2025, avec une progression de 147 à 150 %, se prolonge en 2026, malgré la fatigue observée sur les marchés technologiques et les cryptomonnaies.

Contrairement à l’or, simple actif refuge, l’argent combine un rôle monétaire et industriel : 50 à 60 % de sa demande proviennent de l’industrie, ce qui lui confère une résilience unique face aux turbulences financières.

Le déficit structurel d’offre reste le moteur principal de cette envolée. Pour la sixième année consécutive, la demande mondiale dépasse la production minière, avec un déficit estimé entre 95 et 230 millions d’onces, selon le Silver Institute et Metals Focus.

Les restrictions chinoises sur les exportations de silver raffiné depuis janvier 2026 accentuent ce déséquilibre, tandis que les stocks physiques à Londres atteignent un niveau historiquement bas. La production minière peine à suivre : l’ouverture de nouvelles mines nécessite des années et les coûts environnementaux freinent les investissements.

Parallèlement, la demande industrielle connaît un essor inédit. Le secteur photovoltaïque, essentiel pour les panneaux solaires, consomme des quantités record d’argent, avec une croissance annuelle comprise entre 20 et 30 %. Les véhicules électriques, les data centers pour l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la 5G soutiennent également la demande.

Ces secteurs dépendent peu des cycles de consommation classiques, ce qui stabilise le prix malgré les fluctuations économiques.

Les facteurs macroéconomiques complètent le tableau. L’inflation persistante aux États-Unis, à 2,7 % en janvier 2026, supérieure à la cible de la Fed, un dollar affaibli et les tensions géopolitiques – Arctique, Moyen-Orient, commerce sino-américain – renforcent l’attrait de l’argent comme refuge alternatif.

Dans ce contexte, le métal blanc progresse parallèlement au platine, attirant investisseurs et spéculateurs à la recherche de valeurs refuges.

Des prévisions revues à la hausse : au-delà des 100 dollars l’once

Les premières estimations pour 2026, établies fin 2025, paraissent aujourd’hui largement dépassées. Alors que certains analystes tablaient sur une fourchette de 80 à 100 dollars, les projections récentes visent beaucoup plus haut. GoldSilver anticipe un prix supérieur à 100 dollars, pouvant atteindre 175 dollars en cas de déficits accentués.

Bank of America évoque un pic possible entre 135 et 309 dollars, tandis que GlobalData prévoit un prix compris entre 175 et 220 dollars d’ici la fin de l’année, soutenu par les flux d’investissement et les déficits structurels.

Même les prévisions extrêmes reflètent l’euphorie du marché : CoinCodex projette une moyenne annualisée à 413,91 dollars, avec un pic théorique à 1 000 dollars, illustrant la dynamique haussière actuelle.

Sur les réseaux sociaux spécialisés, les analyses techniques confirment des structures bullish, renforçant l’optimisme des investisseurs individuels et institutionnels.

Risques et perspectives : vigilance face à la volatilité

Pour autant, l’argent reste sensible aux conditions économiques. Une récession sévère pourrait réduire la demande industrielle, comme lors de la crise de 2008 ou de la pandémie de 2020. Un dollar renforcé ou des taux réels élevés exerceraient également une pression baissière.

Les indicateurs de momentum, après une hausse de plus de 200 % en un an, signalent un marché surchauffé. Certains analystes anticipent une consolidation vers 80-85 dollars, tandis que les forums spécialisés évoquent des résistances psychologiques autour de 100 dollars.

L’argent ne progresse pas dans l’absolu, mais ses fondamentaux – déficit d’offre, demande industrielle, rôle de valeur refuge – dominent en ce début d’année 2026. Avec des prévisions allant de 150 à 300 dollars l’once d’ici fin 2026, le métal blanc pourrait devenir l’actif phare de l’année.

Les investisseurs doivent toutefois rester attentifs à la politique monétaire américaine, aux stocks physiques et aux tensions géopolitiques. Cette phase exceptionnelle, alimentée par la transition énergétique et les incertitudes mondiales, offre des opportunités inédites, mais exige prudence et anticipation face à la volatilité.

Précision : Les informations contenues dans cet article n’engagent que le rédacteur et ne sauraient se substituer à un conseil financier spécifique. Elles ne sont valables qu’à la date de leur rédaction uniquement.

Jeremy ESSERYK
Conseiller en Investissements Financiers
Courtier en assurances et en prêts bancaires en Europe
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