Le nouvel an des arbres est une « demi-fête » un peu comme le sont  Hanouka ou Pourim car elle ne comporte pas d’obligation de chômer ce  jour-là.

La plupart du temps, lorsque l’on pose la question de savoir quelle est l’importance de cette fête et ce qu’on célèbre en ce jour, la réponse reçue  est que l’on y célèbre le renouveau de la nature après l’hiver et que la « mitsva » est de manger des fruits. Sur ce plan, les habitudes sont variées,  mais il existe une approche différente de cette fête, sur un plan plus  spirituel et moins terre à terre.

En effet, il existe en général des liens entre les fêtes entre elles, et des  significations qui ne sont pas toujours évidentes car elles font partie de  ce qui est « caché ».

Nous allons tenter de trouver quelques explications dans les allusions  contenues çà et là et tout d’abord dans le fait que cette fête tombe en  milieu de mois, le 15 du mois de Shevat qui est le 11e mois de l’année  juive, un peu comme Pourim, le 14 et le 15 du mois d’Adar ou comme  Pessah, le 15 du mois de Nissan.

Tou bishvat. TOU est un sigle composé des lettres tet et vav dont les  valeurs numériques sont 9 et 6 soit 15 au total. Cette décision d’écrire 15  en utilisant 9+6 a été adoptée à la Renaissance car les rabbins de l’époque  comprirent qu’il était opportun de trouver un autre moyen de signaliser  les chiffres 15 et 16 autrement qu’avec un youd et un hé ou un youd et un  vav étant tous deux des noms divins. C’est ainsi donc que sont nées les  deux abréviations tet + vav pour 15 et tet + zayin pour 16.

Tou (15) + bishevat (11 pour 11ème mois)= 26 soit valeur numérique du  Tétragramme. La fête de Tou bishvat est donc liée à HaShem mais quelle  est donc la mitsva qui caractérise cette fête ? Manger des fruits ? La  mitsva particulière de Tou bishvat est de se consacrer ce jour-là à l’étude.  Pour quelle raison ? Car l’homme doit prouver sa volonté de consacrer  du temps à étudier ce que l’Eternel a donné à Sa créature en héritage.

Plus l’homme étudie, plus il participe à la création d’anges. Nous  savons qu’il existe différents « mondes » (4 au total) : le monde de la  Noblesse (ou Royauté האצילות עולם, consacré à HaShem), le monde de la  Créature (HaBriya ou הבריאה עולם), le monde de la Création (haYetsira עולם היצירה) et le monde de l’Action (HaAssiya העשיה עולם). Il existe plusieurs  sortes d’Anges : et chaque sorte correspond à un monde : les Ophanim  (אופנים) correspondent au monde de l’Action, les Anges (Mal’akh מלאך) correspondent au monde de la Création et les Séraphins (saraf שרף) correspondant au monde de la Créature. Plus l’étude est poussée, plus  elle est sincère et plus les anges créés accèdent à des mondes élevés.

Cette étude porte sur tous les fruits d’après les citations prises dans la  littérature sacrée et dans le Zohar. Grâce à ces textes nous apprenons  que les fruits dits « d’Eretz Israël » (blé, orge, vigne, figuier, grenadier,  olivier et dattes) ont une sainteté plus élevée que la manne (manne  céleste) ou pain des anges.

Nous allons relever également ce qui semble être une évidence : pourquoi s’il s’agit de nouveaux arbres, mange-t-on des fruits et, s’il s’agit d’arbres, pourquoi consomme-t-on aussi des fruits de la terre et des céréales ?

Nous allons tenter de répondre à ces questions de la manière la plus  claire possible et pour cela nous allons nous reporter à la section de  BERESHIT…., la création du monde.

Au commencement donc, il est question d’arbres et, lorsqu’ HaShem  installe Adam et Eve dans le Jardin d’Eden, IL leur dit qu’il leur est  possible de consommer tous les arbres que contient ce jardin. De tous,  sauf d’un !

Il est question d’arbres et non pas de fruits, car, au départ, Rashi nous  apprend que les arbres seraient entièrement comestibles et qu’ils  auraient le goût des fruits mais, la terre produisit des arbres avec des  fruits c’est ainsi que la terre reçut une malédiction car elle n’exécuta pas  absolument l’ordre initial qui lui fut donné. Les fruits sont apparus dans  le texte après que le serpent ait menti à Eve en niant tout ce que l’Eternel  avait donné en avertissement à Adam.

Le Midrash Rabba souligne d’une part qu’il est écrit un arbre fruit (פרי עץ) et non pas un fruit de l’arbre (העץ פרי) et d’autre part que ceux qui  reçurent une malédiction/punition étaient au nombre de 4 : Adam, Eve, le  serpent et… la terre ! A Adam et à Eve il a été dit « הזה מהעץ תאכל  » et non   ! »מפרי זה » pas

L’année est partagée en deux saisons principales : l’été et l’hiver. L’été  est rattaché à la femme (de par le fait qu’elle est fructifiée, porte et voit  naître ses enfants alors que l’hiver est rattaché au caractère masculin  avec les pluies et la force du vent, dirons-nous). Chacune des saisons  s’étend sur 6 mois. Chacun des six mois représente un élément du  visage/tête : le crâne, l’oreille droite et l’oreille gauche, l’œil droit et le gauche, le nez.  Et la bouche ? La bouche n’est attribuée à aucun mois en particulier car  il est clair que la bouche a un rôle en particulier de prononcer des  bénédictions sur chaque mois, sur chaque fête et, bien entendu, sur tout  acte comme en particulier toutes les bénédictions que l’homme doit  réciter avant de consommer quelque aliment que ce soit.

Le Rav Eliahou Dessler dans son « Mikhtav méEliahou » déclare que le rôle  de l’œil est, au moyen de la vue, de transmettre l’information au cerveau,  tout comme l’oreille transmet une information au cerveau.

L’homme est comparé à l’arbre. Le mot arbre עץ, en hébreu, est d’une valeur numérique de 160 tout comme le mot « tselem » ou image (l’homme  a été créé à l’image de D). Cette « image », sur le plan ésotérique, est  l’élément qui va permettre à l’âme juive (et ses 5 aspects) de s’attacher au  corps. Et, lorsque l’heure venue, l’âme doit se détacher du corps, cela se  fait en plusieurs paliers : une partie se détache et s’en va rejoindre le  monde supérieur et l’autre partie de l’âme demeurera dans la demeure du  défunt pour partir progressivement rejoindre l’autre partie au moment  du décès.

En prononçant les bénédictions sur les fruits, chaque parole prononcée  constitue une sorte de rachat de la faute originelle qui fut un acte de  désobéissance de la part d’Adam et Eve et un acte négationniste de la  part du Serpent car, lorsqu’Eve dit au serpent qu’il était interdit de manger  de l’arbre, le serpent répondit que c’était un « mensonge »!!!!

Les mots d’une bénédiction prononcés avec une grande attention  participent à l’effort d’union de l’homme aux sphères supérieures pour  tenter de parvenir à un monde parfait.

Il existe dans toutes les communautés des rencontres avec dégustation  de fruits et une étude sur les arbres et il est vivement recommandé de se  joindre à ses manifestations conviviales pour un enrichissement  personnel.

TOU BISHVAT SAMEAH !

Caroline Elishéva REBOUH

Ashdodcafe.com
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