La réalité sécuritaire complexe à laquelle nous sommes confrontés soulève des dilemmes halakhiques inédits concernant le jeûne d’Esther, la lecture de la Méguila et les autres mitsvot de Pourim.
L’opération « Rugissement du Lion » (Shaagat HaAri) a éclaté à l’approche de la fête de Pourim, bouleversant en un instant tous les plans prévus. Comment lire la Méguila lorsque les rassemblements sont interdits ? Qui est dispensé du jeûne d’Esther ? Comment accomplir la mitsva des michloa’h manot en temps de guerre ?
Le grand rabbin ashkénaze d’Israël, le Rav Kalman Meir Bar, ainsi que le Rav Eldad Yona, apportent des éclaircissements et précisent les directives essentielles à connaître pour Pourim 5786.
Le jeûne d’Esther
Le jeûne est observé le 13 Adar, en souvenir du jour où, à l’époque de Mordekhaï et d’Esther, le peuple d’Israël s’était rassemblé pour combattre et défendre sa vie. En ces jours décisifs, ils implorèrent la miséricorde divine afin que D.ieu les aide à vaincre leurs ennemis.
En ces temps critiques, nous sommes également appelés à intensifier nos prières et supplications afin que l’Éternel hâte Son secours et protège tous les soldats dévoués, les forces de sécurité, les équipes de secours, ainsi que l’ensemble du peuple d’Israël où qu’il se trouve.
Il est recommandé d’ajouter aux prières de Cha’harit et de Min’ha, après la Amida, la récitation de « Avinou Malkénou », ainsi que les Psaumes 20, 121, 123 et 130.
Concernant le jeûne en période de guerre ou d’activité opérationnelle :
Les soldats engagés dans des opérations doivent consulter le rabbin de leur unité pour déterminer s’ils doivent jeûner.
Les membres des forces de sécurité et de secours qui ont besoin de conserver leurs forces pour accomplir leur mission sont autorisés à ne pas jeûner.
En revanche, ceux qui ne sont pas concernés par ces nécessités doivent observer le jeûne.
(Rav Kalman Meir Bar)
Début du jeûne : 4 h 56
Fin : 18 h 09
Lecture de la Méguila
En temps normal, il est préférable de lire la Méguila en présence d’un grand nombre de personnes, ou au moins en minyan (quorum de dix hommes). Toutefois, lorsque cela est impossible — notamment en raison des directives du Commandement du Front intérieur — il est impératif de respecter ces consignes, conformément au principe : « Vous préserverez soigneusement vos vies », car la sauvegarde de la vie prime sur l’ensemble des commandements.
Si la lecture en minyan est impossible, chacun devra lire la Méguila chez soi, individuellement, à partir d’un rouleau valide si possible (emprunté par exemple après que le voisin a terminé sa propre lecture).
Si tous les membres du foyer savent lire, chacun devra lire pour lui-même. Si une seule personne sait lire correctement, elle peut acquitter les autres de leur obligation, même en l’absence de minyan.
Lorsque la lecture se fait sans minyan, on récite uniquement les bénédictions précédant la lecture, mais pas la bénédiction finale « Ha-El Harav et Rivénou ».
Même si la lecture n’est pas parfaite sur le plan des cantilations, on est quitte a posteriori, tant que les erreurs ne modifient pas le sens du texte. Par exemple, lire « Yehoudiyim » au lieu de « Yehoudim » n’invalide pas la lecture. En revanche, une erreur modifiant le sens, comme lire « Mordekhaï était assis » au lieu de « Mordekhaï siège », nécessite de reprendre la lecture à partir du verset erroné.
Il est donc conseillé que la personne lisant à domicile prépare soigneusement la lecture à l’avance, ou qu’un membre de la famille suive avec un texte vocalisé afin de corriger d’éventuelles erreurs.
En cas d’interruption due à une alerte et à un déplacement vers un abri, la lecture reprendra à l’endroit précis où elle a été interrompue, sans recommencer depuis le début.
Lors d’une lecture publique près d’un abri protégé, si une alerte retentit, l’assemblée devra se rendre calmement à l’abri. Si possible, la lecture se poursuivra dans l’abri. Sinon, elle reprendra ultérieurement à l’endroit de l’interruption. Les responsables communautaires devront informer les fidèles de cette procédure avant la lecture.
Il est important de rappeler que les femmes sont également tenues de toutes les mitsvot de Pourim et doivent entendre la lecture.
(Rav Kalman Meir Bar, Rav Eldad Yona)
Michloa’h Manot (Envoi de mets)
Chaque personne est tenue d’envoyer au moins deux portions alimentaires à une personne le jour de Pourim.
Un homme enverra à un homme, une femme à une femme.
Il est également recommandé d’éduquer les enfants à accomplir cette mitsva.
Dans un contexte où les rassemblements sont limités, on peut envoyer les mets à un voisin ou même à un membre de la famille vivant sous le même toit, à condition que les mets soient achetés avec l’argent personnel de celui qui les envoie.
(Rav Eldad Yona)
Le festin et la joie
Il est une mitsva d’organiser un repas festif le jour de Pourim. Si la santé et les règles de cacherout le permettent, il est recommandé d’y inclure de la viande et un peu de vin.
Il est toutefois essentiel de veiller à ne pas s’enivrer au point de perdre le contrôle. L’ivresse excessive ne constitue pas une joie de mitsva mais une dérive. Après le repas, il est possible de se reposer, et pendant le sommeil on ne distingue plus entre Haman et Mordekhaï.
En période d’urgence, il est particulièrement important de rester vigilant afin de pouvoir réagir rapidement et en toute sécurité en cas d’alerte et de déplacement vers un abri.
Au cours du repas, il convient de chanter des louanges et des remerciements à D.ieu pour les miracles accomplis à l’époque de Mordekhaï et d’Esther, et pour ceux dont nous bénéficions aujourd’hui encore.
(Rav Eldad Yona)
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