PARACHA KI TISSA 5786 – vendredi 6 Mars 2026 – 17 Adar 2026

Parachat Ki Tissa se trouve dans le livre de l’Exode (Chemot), chapitres 30:11 – 34:35.
C’est l’une des parachiot les plus intenses de la Torah, car elle aborde à la fois la faute du Veau d’or, la miséricorde divine et le renouvellement de l’alliance entre D.ieu et Israël.

Concernant la parashath Ki Tissa, le Zohar haKadosh nous livre quelques midrashim qui traitent des secrets du recensement des  enfants d’Israël, de la notion du demi-shekel comme expiation de  l’âme, ainsi que de la faute du Veau d’or en lien avec l’Erev Rav (la multitude mélangée).

Le Zohar souligne l’attachement à la Présence divine (Shekhina)  à travers le don que chacun devra présenter au Cohen— « Ils  donneront chacun le rachat de son âme » —, puis, sera analysée la faute du Veau comme résultant de l’action du ‘Erev Rav, et  explique l’importance de « l’élévation des âmes » (« Tu élèveras  la tête ») en tant que réparation spirituelle.

C’est à Pourim qu’il appartiendra à chaque chef de famille de transmettre la somme du      « mahatsith hashekel » du demi-shekel : Le Zohar (parachat Ki Tissa, daf 188b et suivants)  enseigne que l’expression « Ki Tissa » fait allusion à l’élévation  de la Shekhina (la « tête ») par l’élévation des âmes d’Israël.

Le don du demi-shekel n’est pas un simple impôt : il constitue une expiation qui unit l’âme à la Shekhina. Chacun donne une  moitié afin de compléter l’autre, et ainsi Israël devient un seul  corps recevant son influx des mondes supérieurs.

Le ‘Erev Rav et la faute du Veau d’or : Le Zohar développe que le  ‘Erev Rav fut le principal instigateur de la faute du Veau d’or,  poussant Aaron à agir. Il est souligné que le verset « L’Éternel  frappa le peuple » (Exode 32, 35) viserait spécifiquement le ‘Erev  Rav, frappé par la plaie, et que l’expression « le peuple »  renverrait, selon la guématria, au ‘Erev Rav seul.

L’élévation de la tête (« Ki Tissa ») : Le midrash explique que «  Tissa » signifie porter, élever. Le dénombrement des âmes vient  évaluer leur qualité spirituelle. Rabbi Eléazar interprète  l’expression « quiconque passe parmi les recensés » comme une  allusion à celui qui a transgressé la volonté de son Créateur et  qui souhaite se réparer devant Lui.

En résumé, le Zohar sur Ki Tissa traite de la réparation de la faute  du Veau d’or (liée à l’Erev Rav) par un éveil venant d’en bas (le  demi-shekel), qui suscite en retour un éveil d’en haut, celui de la  Shekhina.

Rappelons que les Sages ont souvent associé Pourim à Kippour car le jeûne et les offrandes peuvent être considérés comme des actes de rachat de l’âme.

LA KETORET (L’ENCENS) ET SES POUVOIRS 

Dans chaque parashah, il est question d’un ou plusieurs sujets  et, au cours de la précédente sidra (Tetsavéh), il a été question  des vêtements du Cohen mais aussi de l’offrande quotidienne de  l’encens qui, avec l’huile d’olive, est un délice pour le Saint Béni  soit-IL.

Cette semaine et la semaine prochaine, la Tora traitera encore de  l’encens.

L’Éternel, de tous les sacrifices apportés au Temple, se délecte  des parfums de l’encens brûlé deux fois par jour et de l’offrande  d’huile d’olive…

Avant d’aller plus avant dans notre étude et de manière à  permettre une meilleure compréhension de ce qui suit, il convient  de définir les différentes « classes » de fautes. Effectivement, s’il  existe une liste infinie de façons de contrevenir à la Loi, il n’existe  que deux classes de « pêchés », ceux commis entre l’homme et le  Créateur et ceux de l’homme vis-à-vis de son prochain.

La faute du veau d’or est une faute de l’homme vis-à-vis de son  Créateur.

La vente de Joseph par ses frères est une faute de l’homme  envers son prochain.

L’ensemble du peuple souffre à cause des délits causés par  l’ensemble du peuple, car s’il existe une responsabilité  individuelle, il faut comprendre que chacun est responsable de la  collectivité. Il est exact que chaque être possède un libre-arbitre , mais il n’empêche que les décisions prises par ce libre-arbitre débouchent sur des comportements qui engagent la collectivité.  Ainsi, si l’on voit quelqu’un agissant de manière à contrevenir à  la loi, il est du devoir de celui qui voit d’en faire  (diplomatiquement) la remarque.

HaShem est par définition infiniment bon et IL pardonne nos  fautes, lesquelles restent marquées pour mémoire. Certaines  fautes « capitales » restent présentes et gravées (au-dessus de  nous). Le peuple juif a été exilé et opprimé surtout à 4 périodes à  cause de 4 grosses fautes. Le Alshikh haKadosh1 en s’appuyant  sur le texte de la Guemara (Baba Kama), évoque 4 fautes qui sont  en rapport avec 4 sortes d’exil qui ont entraîné 4 chefs de  dommages :

L’Exil de Babylone illustré comme étant le « taureau »  correspondant à la faute du veau d’or.

L’exil de Médie (Maday) illustré par le « puits » dans lequel a été détenu Joseph avant d’être vendu aux Égyptiens

L’ « exil » de Grèce correspondant à la faute de « hamav’é »

L’exil d’Edom illustré par « habe’er » (le brûleur) illustrant le fait que  les Romains ont détruit le Temple en le brûlant et correspondant  à la faute des explorateurs qui se lamentèrent sur quelque chose  qui aurait dû les enchanter2.

Tous ces peuples vers lesquels les Juifs se sont tournés lors des  différents exils, n’avaient que deux possibilités de se débarrasser  de ce peuple juif : soit en les tuant (en les enterrant) soit en les  « honorant ».

La première s’est révélée inefficace : tous ceux qui ont voulu se  débarrasser des Juifs en les tuant, en les brûlant n’ont jamais  réussi à s’en débarrasser entièrement la preuve : la « solution  finale » des nazis (de mémoire maudite) n’a pas réussi ni les  espagnols de l’inquisition … En revanche, en voulant « honorer »  les Juifs et en leur permettant d’accéder à des postes  honorifiques, les Juifs se sont sentis si honorés qu’ils en  oublièrent leurs origines3.

Pour en revenir au propos initial de cette sidra : l’encens, la  berayta de Rabbi Pinhas ben Yaïr4 s’étend sur le fait que dans le  Temple il y avait deux « tables » en dehors de la table des pains de  proposition. L’une des « tables » était en cuivre (nehoshet) et  l’autre en or (zahav).

La table en nehoshet était destinée à recevoir les bêtes sacrifiées  et destinées à être consumées par le feu, tandis que la table en or  recevait deux fois par jour les aromates pilés très fin pour être  consumés et embaumer toute la région.

L’abattage et le nettoyage des animaux (bœufs, chèvres,  agneaux, boucs etc…) étaient nettoyés avant d’être présentés  pour être consumés et expier les fautes de tout un chacun. Ceci  entraînait le fait que des odeurs très fortes de boucherie régnaient  et l’encens non seulement masquait ces odeurs mais donnait à  toute la région une odeur agréable.

Rabbi Pinhas ben Yaïr s’exprima ainsi : de même que le corps  mange pour se nourrir, l’autel reçoit des sacrifices comme  « nourriture » et, de même que l’âme ne se nourrit pas de matériel  mais de manière spirituelle, de même, la « table » des parfums ne  se « nourrit » pas.

Les aromates en brûlant réjouissent le cœur de l’homme. Dans  Shemot chapitre 30 verset 34, sont énumérés les 4 principaux  composants de la « ketoret » (encens) : Nataf, SHehelet, Helbana et  Lévona5. Les initiales de ces quatre aromates principaux  disposés en grande et égale quantité forment le mot shoulhan ou  table. Parmi ces aromates dont le parfum est délicat et délicieux , l’un d’eux est d’une odeur fétide. La question qui se pose est : comment HaShem a-t-IL choisi ce composant ? Ceci est pour te  dire que l’on a l’habitude de classer les membres du peuple en 4  catégories, tout comme on a coutume de le faire à Souccoth ou  à d’autres occasions. L’autre question qui se pose est : la  ketoret se compose de 11 éléments, tous capables de donner  d’excellentes senteurs ; pourquoi l’un de ses composants est-il  malodorant ? La réponse est que si un rashâ se trouve en  présence d’un ou de deux tsadikim, le rashâ pourrait avoir une  mauvaise influence, mais, face à dix, cette mauvaise influence  disparaîtra.

Les vêtements du Cohen Gadol ont un rôle particulier pour ce qui  concerne le rachat des fautes : par exemple : la tunique  (koutonet) d’un ton de bleu très clair et très particulier est faite  pour racheter les fautes dont la base est de verser du sang  inutilement (shefikhouth damim), les caleçons (mikhnassayim)  rachètent les fautes rattachées aux perversions sexuelles  (guilouy ârayoth), la tiare (mitsnéfeth) rachète les fautes sur la  grossièreté (gassout harouah), la ceinture (avneth) rachète les  fautes commises par hésitation (hirhour halev) le pectoral  (hoshen mishpat) rachète les questions de lois (dinim), le gilet  (éphod) rachète les pêchés par idolâtrie (avoda zara) et le  manteau/cape (mé’îl) rachète la médisance (lashon hara).

Le « mé’îl » était bordé de clochettes et de petites grenades. Quelle  partie du mé’îl devait racheter les fautes de lashon hara ? Ce sont les clochettes, mais pourquoi de petites grenades étaient-elles apposées à côté des clochettes ? Pourquoi HaShem a-t-IL  fait apposer des grenades et non pas des raisins, des dattes, des  figues ou des olives ?

Les réponses à ces questions sont simples en réalité :  l’assemblée d’Israël est symbolisée par une grenade. En effet,  par sa morphologie, la grenade ressemble à un tout, une  communauté. La tradition précise que la présence de nombreux  grains à l’intérieur de la grenade représente les 613 mitsvoth et,  par ailleurs, chaque grain illustre un mérite qui a pu être acquis par la personne. Le roi Salomon, dans le Cantique des Cantiques,  célèbre la beauté et la fragilité de la grenade.

Une autre facette de cette question est que l’on doit toujours juger  autrui en lui accordant le bénéfice du doute (זכות לכף לדון). D’où  la présence de la grenade.

La médisance se présente sous deux aspects : la médisance qui  est faite de manière publique en associant plusieurs témoins à ce  lashon hara et la médisance en privé : on ne parle d’une personne  qu’avec une seule autre personne (lashon hara belahash הרע לשון בלחש).  Il est, en conséquence, souhaitable, avant – ou même  pendant – que l’on dit du mal de quelqu’un, de penser et de  prendre en compte le fait que toute personne fait également des  mitsvoth.

La ketoret a la propriété d’arrêter les épidémies et d’éloigner la  mort.

La ketoret se lit deux fois par jour et pour certains deux fois par  jour : une (ou deux selon les rites) le matin et une à l’office de  minha.

Caroline Elishéva REBOUH.

 

1/ Alshikh HaKadosh est Moshé Alshikh, né en 1508 en Turquie et décédé et enseveli à Safed en 1593.

2/ Les explorateurs, en revenant de leur visite en Canaan et en rapportant des fruits géants au lieu de se  réjouir, se sont lamentés plus que de raison et HaShem leur promit de leur donner à même époque (le 9  av) une excellente raison de se lamenter (destruction des deux Temples).

3/ C’est ainsi qu’Assuérus invita à son banquet des Juifs riches qui, en réaction, s’assimilèrent à la société  persane de l’époque. En Chine également, les Juifs ne furent jamais pourchassés mais honorés, au contraire,  et ils s’assimilèrent (malgré tout, les Juifs de Chine existent encore). 

4/ Rabbi Pinhas ben Yaïr était un Tana de la 4e génération (IIe siècle) ; il fut le beau-père de Rabbi Shim’on bar Yohay. Il fut l’auteur d’un midrash intitulé Midrash Tadshé (תדשא) ou Berayta dé Rabbi Pinhas ben Yaïr.

5/ En français, Storax, ongle aromatique, encens et galbanum.

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