Parachat Vayakhel-Pékoudei 5786 – Vendredi 24 Adar 5786 – mars 13, 2026

SANCTIFICATION DE L’ESPACE SPATIO-TEMPOREL 

Cette péricope est l’avant-dernière du groupe de cinq parashiot qui termine la description et l’ordonnance de la construction du Tabernacle : mishkan משכן, mot qui appartient à la racine שכן, voisin.

Dans cette sidra, on va retrouver des instructions concernant l’édification  du mishkan, un peu comme il en a été question lors de la parasha Terouma. Alors, peut-on dire qu’il y a ici une répétition ? Non, parce que  la raison de cette répétition est complexe et liée aussi à cette parasha en elle-même : en effet, le texte commence par les mots… ….משה ויקהל Moïse a  rassemblé le peuple. Le mot ויקהל vient de la racine קהל qui signifie « rassemblement » ou « ensemble de personnes », soit « communauté » קהילה. Le  mot kéhila ou communauté est un terme « dynamique », alors que l’autre  terme qui existe pour désigner une communauté : עדה dont la racine est  עד, témoin, est plutôt un terme    « statique ». Nous retrouverons ce terme  de êda après l’épisode des explorateurs lorsque toute une communauté  sera engloutie par la terre. Ici comme ailleurs, le mot êda signifie que la  communauté en question va servir de témoin à l’ensemble des personnes  regroupées à cette nouvelle société qui en est à ses balbutiements et  qui se forme autour d’un pôle qui va se nommer משכן Tabernacle, mot qui vient de la racine שכן = voisin.

Pourquoi ce terme de mishkan ? Car D. a  émis son désir de résider parmi les enfants d’Israël : « בתוכם ושכנתי » Je  résiderai parmi eux ». Lorsque D ordonne à Moïse de Lui construire un  Tabernacle, est-ce à dire que D va y habiter ? Un midrash dit que ce  monde n’est que le marchepied du trône céleste et, dans un autre midrash , D dit que Sa demeure se trouve au ciel et aussi ici-bas …. Mais comment  la chose est-elle possible ? Par la brisure des vases ? Non pas seulement  : ce mishkan est destiné à frapper l’imagination humaine : les hommes  ayant vécu en Egypte pays de l’idolâtrie, des sacrifices, de la servitude  où les hommes sont habitués à être coiffés par un chef dirigeant, avaient  besoin de vivre selon un même calque pour pouvoir comprendre leurs  actes et leur modus vivendi leur façon de vivre c’est ainsi que Maïmonide  explique les sacrifices car les Hébreux étaient habitués à en voir et ils  n’eussent pas pu concevoir une autre façon d’adorer D sans sacrifice de  même, habitués à voir des édifices servant de temple, ils avaient besoin  de voir concrètement un lieu d’habitation pour D.

Pour le début de cette parasha, Moïse fait un acte urgent : il rassemble le  peuple pour donner des instructions pour l’élaboration du Mishkan ; tout  va aller selon une dynamique imprimée par Moïse pour mener le peuple  tambour battant. Tout le monde va y prendre part, les hommes tout  comme les jeunes et les femmes qui vont contribuer aux travaux en filant les poils de chèvre et les fibres et en tissant des étoffes et en se  dessaisissant de leurs belles parures d’or et d’argent et en participant  activement.

Le shabbat arrive et tous les travaux sont suspendus. Même l’élaboration  du Mishkan s’arrête pour le respect du Shabbat dont on dit qu’il est  comme 1/60 ème du monde futur.

De même que le Shabbat sert de témoin chaque semaine pour la sainteté  que D. nous fait partager chaque semaine, de même, le Mishkan qui est  entièrement kadosh (saint) implante au milieu de nous la Sainteté du  Créateur à notre échelle. Le Shabbat et le Mishkan se rejoignent en un point commun qui est la sainteté et l’espace-lieu et l’espace-temps. Car  dans l’espace-lieu, l’homme évolue et c’est là qu’il se trouve confronté à  la Sainteté que le Saint Béni soit-Il a « contractée » pour la placer au  milieu des hommes et le Shabbat qui est un rendez-vous de sainteté qui  se répète indéfiniment tous les sept jours. Dans la semaine, l’homme travaille et peu importe dans quel domaine matériel l’homme s’efforce , mais à des heures régulières, il se rend à un rendez-vous multidimensionnel avec le spirituel et le sacré, au moyen des prières et de l’étude où les dimensions spatio-temporelles se rejoignent pour le sacré.

Les travaux servant à l’édification du mishkan ne repoussent pas  l’observation du shabbat car le sacré n’annule pas le sacré.

Ces travaux (39 en nombre) sont ceux qu’il est interdit de faire le shabbat  non seulement eux-mêmes mais avec leurs dérivés comme par exemple :  peindre mais aussi par extension se vernir les ongles. Le motif de  l’interdiction des 39 travaux et de leurs dérivés le shabbat n’a absolument  rien à voir avec la fatigue comme on le prétexte encore souvent. Il s’agit de l’œuvre créatrice : ne rien créer le jour du shabbat.

A la différence de la faute du veau d’or commise par le êrev rav (la  multitude des non-Juifs sortie avec les Hébreux) où tous ont été  contraints d’offrir de l’or dans une sorte de frénésie, pour la construction  du Tabernacle, D demande à Moïse de n’accepter que ce que chaque  personne veut bien offrir, selon son cœur.

Il a déjà été spécifié que les femmes offrirent non seulement leurs bijoux  mais aussi les ustensiles en cuivre qui, bien polis, leur avaient servi de  miroirs au temps où le travail en Égypte était si dur que les hommes s’écroulaient de fatigue et que les femmes se faisaient belles en  s’admirant dans leurs miroirs pour encourager les époux à procréer. C’est  d’ailleurs cette quantité de cuivre qui a été utilisée pour façonner la  cuvette ou le bassin utilisé pour faire toute l’application destinée à  reconnaître si une femme était coupable d’infidélité ou pas.

Le rôle des femmes dans le judaïsme est reconnu et important, et la seule chose que l’on réclame d’elles est leur pudeur. Car ses devoirs dans le  judaïsme sont si importants que la femme juive est considérée comme la  pierre angulaire de l’édifice qu’est son foyer.

LES 4 SHABBATOT :

Chaque Shabbat, nous lisons la parasha de la semaine, mais il arrive dans  le courant de l’année que nous ajoutions des extraits de la Torah que  nous lisons par ailleurs dans l’ordre normal de leur apparition au long des  chapitres du Pentateuque. Ces versets pour la lecture desquels nous  sortons un sefer torah supplémentaire, sont tirés donc de parashioth  dans lesquels il est question de la solennité en question tel que rosh  hodesh (néoménie), shabbat hanouka ou shabbat hol hamoed des fêtes  de pèlerinage ou même à l’occasion des fêtes de pèlerinage ou des fêtes  solennelles comme Rosh Hashana et Kippour ; mais il peut s’agir aussi  des 4 shabbatot particuliers qui s’échelonnent près du mois de Adar et  pendant ce mois-là.

Dans le deuxième sefer Torah, on lit une portion de la Torah (en général de la parashat Pinhas où il est question de la fête célébrée et des sacrifices qui sont à offrir à cette occasion (la haftara de ce Shabbat particulier est différente de celle lue pour la parashat hebdomadaire)). Pour  Rosh Hodesh on évoque les sacrifices présentés au Temple à chaque  néoménie.

Ces quatre shabbatot sont : Shabbat Shekalim, Shabbat Zakhor, Shabbat  Para et Shabbat Hahodesh. Ils répondent à des besoins particuliers du  peuple. En effet, voici les dates auxquelles on lit ces versets spéciaux :

SHABBAT SHEKALIM : Juste avant ou au début du mois de Adar, et, – en  cas d’année embolismique, au début ou avant le deuxième mois de Adar  shéni ou Adar beith-, chaque Juif âgé de plus de 18 ans doit payer le  « mahatsit hashekel » (demi shekel) au Cohen. Cette mitsva permettait deux choses : la première était de dénombrer le peuple, et ensuite, ceci permettait d’acheter du bétail pour les sacrifices offerts au nom du peuple. Ce shabbath a lieu soit le shabbath précédent Rosh  Hodesh Adar, soit pour Rosh Hodesh si Rosh Hodesh est un shabbath. La  parasha est prise de la sidra ki-tissa (ישא-כי(.

Le mot « Tissa » de ki tissa signifie élévation. C’est-à-dire que cette demi-pièce va être élevée au niveau de la mitsva et pas n’importe laquelle : c’est  une mitsva par laquelle chaque membre du peuple d’Israël va participer  au fonctionnement du Temple et à l’achat des sacrifices offerts à D au  Temple.

Deux shabbatotי plus tard sera le shabbat zakhor avant la fête de Pourim puis, il y aura le shabbath para et shabbath hahodesh pour rosh hodesh  nissan puis, le shabbath hagadol précédant directement pessah mais  celui-ci n’est pas pris en compte dans les 4 shabbatoth spéciales.

Caroline Elishéva REBOUH

Ashdodcafe.com
Vous pouvez nous retrouver tous les jours sur notre groupe whatsapp et recevoir notre  newsletter hebdomadaire en vous y inscrivant et en invitant vos amis à faire de même.