PARACHA VAYIKRA 5786 – vendredi 20 mars 2026 – 2 Nissan 5786

“Vayikra” signifie “Il appela”
Hachem ne crie pas, Il nous parle doucement, au fond de nous.

Les sacrifices évoqués dans la Torah ne sont pas seulement matériels :
👉 aujourd’hui, notre vrai “korban”, c’est notre effort intérieur.

Un mot, une intention, un petit geste…
➡️ ce qui compte, ce n’est pas la grandeur de l’acte, mais la sincérité du cœur.

Dans les moments que nous traversons,
Vayikra nous rappelle l’essentiel :
❤️ rester connectés
🙏 faire de chaque épreuve une élévation

Se rapprocher d’Hachem commence par être vrai avec soi-même.

Shabbat Chalom ✨


LES SACRIFICES 

Cette sidra avec laquelle nous entrons dans le livre VAYIKRA ou LEVITIQUE,  troisième livre du Pentateuque, traite essentiellement des korbanoth ou  sacrifices. Ce livre est appelé par ailleurs Torat HaCohanim ou  l’enseignement des Cohanim et des Léviim dans les tâches qui leur  incombent à tous au Temple.

Par le premier mot de cette sidra : « vayikra », IL a appelé, la Torah souligne  pour la troisième fois que D a appelé Moïse de manière particulière comme  IL l’a fait lorsque Moïse s’est approché du buisson ardent ou bien lorsque  Moïse devait monter sur le Sinaï pour y recevoir la Torah.

Ici, donc, quelle est la cause de cette convocation ? Le Midrash raconte que  lors de la première convocation il était question de faire sortir le peuple  d’Egypte, pour la deuxième il était question de promulguer la Torah et à  présent : il est question de demander à Moïse d’enseigner au peuple  l’intégralité de la Loi (l’écrite et l’orale).

Il y a pourtant une remarque importante à faire : le mot vayikra s’écrit avec  un alef à la fin et cette lettre est inscrite en tout petit dans le texte. Pour quelle  raison ? Rashi commente ce alef ainsi : en fait Moïse voulut écrire vayikra  vav-yod-kouf-resh ce qui aurait pu se lire vayikar (il a chéri) et D a fait  remarquer à Moïse qu’il devait ajouter la lettre alef ce que fit Moïse en  rétrécissant cette lettre. Certains autres commentateurs pensent qu’il faut  lire « vayiker » soit IL l’a appelé de manière accidentelle… mais d’autres  insistent sur le fait que cet appel comportait des accents affectueux, absolument sans rigueur aucune.

D’autre part, pour en revenir à la raison pour laquelle le alef de vayikra était  plus petit, le midrash, encore, nous apprend que lorsqu’une lettre est de plus  petite taille c’est qu’il y a la possibilité de lire le mot de manière différente et ici, si l’on ne lit pas le alef c’est parce que l’humilité de Moïse sur laquelle il  est dit : « Et l’homme Moïse était un homme très humble plus que tout autre  homme… », lorsque D dicta à Moïse « D appela Moïse » celui-ci,  réfléchissant rapidement se fit la réflexion suivante : « quoi ? qui suis-je,  moi, pour que D m’appelle ? » et aussitôt il demanda au Créateur la  possibilité d’écrire le alef de vayikra en tout petit pour que, le lecteur en ne  s’attachant qu’aux lettres de taille normale lise : VAYIKER. Jusqu’où  l’homme devra-t-il s’attacher à se conduire avec humilité pour avoir un aussi  grand mérite que celui de Moïse ? Tenter de se perfectionner sans fin pour  arriver à la sainteté.

La lettre alef comporte plusieurs sens : étant la première lettre de l’alphabet,  le Alef est majestueux en décryptant la façon dont il est écrit, on peut  dégager le fait qu’il est composé d’un vav et de deux youd ce qui lui donne une valeur numérique de 26. Sur une manière numérique toute simple il  équivaut à 1mais, s’il est surmonté de 3 points en triangle sa valeur  numérique devient 1000 ! Mais cela n’est pas tout c’est avec le alef que l’on  commence à apprendre à lire et écrire, alouf de la même racine est un  champion mais aussi un général d’armée… Cette lettre revêt donc une  importance certaine et sa présence en miniature a donc un sens qu’il nous  appartient de dévoiler. La plupart des commentateurs, eu égard au fait que  Moïse était l’homme de D., optent pour la version selon laquelle c’est avec  beaucoup d’affection qu’HaShem S’est adressé….

Le midrash fait aussi allusion au fait que Moïse ne pénétra dans le Saint des  Saints qu’après y avoir été invité car, l’invitation, l’appel, la convocation sont  importants : d’une part car même le plus précieux des prophètes doit  répondre quand il est appelé et ne pas croire qu’il est toujours libre d’agir et  de faire ce qu’il veut en libre accès. HaShem est le Maître du Monde et, Seul  IL demande et invite.

Sacrifice en hébreu se dit KORBAN de la racine karov : proche. Ce qui  reviendrait à dire que d’offrir un sacrifice n’est autre qu’un acte tendant à  rapprocher la créature de son Créateur lorsqu’il offre de sa propre volonté  un animal ou autre chose à D et donc par là-même de s’élever vers D non  seulement pour se rapprocher mais aussi pour conférer au sacrifice une  élévation sur la vie du monde matériel et concret vers l’infini du monde  spirituel.

La première fois qu’il est question de sacrifice dans la Torah, c’est dans la  Genèse, lorsqu’Abel offre un sacrifice et que celui-ci est agréé. Ce premier  sacrifice n’est qu’un acte volontaire étant donné que D n’en avait pas  réclamé. En fait les sacrifices offerts avant le don de la Torah ne se  nommaient pas korbanoth mais portaient d’autres noms tels que Minhot  (offrande), maâsser (le dixième) et les zévahim ; toutefois il est à noter que les hommes pouvaient procéder par eux-mêmes à des sacrifices alors qu’à  partir de la promulgation de la Torah, la présentation des korbanoth est une  tâche incombant exclusivement au Cohen.

Cependant, un sacrifice doit être offert d’un cœur pur et avec de bonnes  pensées et intentions. Les sacrifices n’exigent pas toujours d’offrir des bêtes  mais cela peut-être également des fruits, des céréales, de l’huile, des  céréales pétries avec de l’huile, de la pâte etc…..

Les sacrifices ont eu lieu aux premiers et deuxième Temples et si D le veut  cela reprendra au troisième Temple.

Il existe donc plusieurs types de sacrifices : le korban ôlah עולה קורבן ou  holocauste, le korban hatat חטאת קורבן sacrifice expiatoire, korban minha  מנחה קורבן, korban asham אשם קורבן sacrifice délictif, korban shelamim קורבן שלמים sacrifice rémunératoire, et puis il y a le korban pessah פסה קורבן sacrifice de Pâque,le korban bekhor בכור קרבן, le korban tamid תמיד קורבן sacrifice perpétuel et le korban moussaf מוסף supplémentaire et le maâsser  מעשר, maâsser sheni שני מעשר etc…. les personnes désirant offrir des  choses au Temple pouvaient offrir aussi de l’encens, de l’huile, du bois pour  brûler les sacrifices. 

A remarquer les korbanoth sont en général des animaux et les minhoth sont  à base de végétaux ne contenant ni levain ni miel.

Le korban ôlah est offert à titre individuel et volontaire. L’animal qu’il soit un  taureau, un bélier, un mouton, sont des mâles, sans défaut, généralement  jeunes (un an ou deux). Ils sont chargés des fautes de la personne offrant  en imposant ses mains sur la tête de l’animal qui, après avoir été abattu sera  entièrement consumé par le feu pour les fautes bishgaga (בשגגה(. Pour les  personnes ayant été atteintes de lèpre ou pour les femmes ayant conçu en  état d’impureté.

Le korban hatat est un sacrifice offert par des personnes privées par les  offices du Cohen Gadol pour expier une faute grave commise sans intention  ou pour Kippour. Pour ce sacrifice seuls les organes sont entièrement brûlés  sur le mizbéah (autel) certaines parties sont consacrées à l’Eternel et le reste  en dehors de certaines parties réservées aux cohanim doivent être  consommées intégralement dans l’enceinte du Temple.

Le korban asham est un sacrifice offert pour un délit. Il s’agit d’une offrande  personnelle et non publique.

Le korban shelamim est offert à titre individuel lors d’un pèlerinage, ou pour  un vœu. Il est offert par le public pour la fête de Shavouoth. 

Le korban de pessah est effectué dans l’enceinte du Temple à la veille de  Pessah par chaque chef de famille et rituellement à la veille de la fête.

Pour tous les autres produits de la terre on offre la dîme ou maâsser. Cette  offrande est adaptée aux besoins et aux possibilités de chacun et est aussi  adressée en partie aux Cohanim et aux Léviim.

Pour la curiosité historique, sur l’île d’Ieb (près du barrage d’Assouan) (appelée aussi Éléphantine) à l’époque d’Ezra, des Juifs avaient construit un temple sur le modèle du Temple de Jérusalem et ils faisaient des sacrifices.

Les sacrifices dits propitiatoires ou כפרות en hébreu sont des sacrifices que  l’on fait de manière expiatoire d’après la racine de לכפר. Comme kippour  כיפור. Autre chose à remarquer c’est que le פרוכת ou tenture devant l’Arche  Sainte et כפורת le propitiatoire renferment les mêmes lettres de même que  כפתור) les boutons qui ornaient la menorah du Temple. Lorsque nous aurons  le Troisième Temple, seuls les sacrifices de remerciement existeront puisque  le mal et les fautes seront éradiqués.

Caroline Elishéva REBOUH

Ashdodcafe.com
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