Entre un possible accord diplomatique historique et une décision cruciale sur les taux d’intérêt, les prochains mouvements économiques pourraient bouleverser le marché immobilier et impacter directement le portefeuille de chacun. Cette prévision de la Banque Hapoalim se réalisera-t-elle ?

Le monde retient actuellement son souffle dans l’attente d’une éventuelle signature d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, susceptible d’entraîner une forte baisse des prix du pétrole. Dans le même temps, les marchés financiers anticipent déjà un scénario optimiste comprenant deux baisses de taux d’intérêt en Israël d’ici la fin de l’année. Quel sera alors l’avenir du secteur de la construction, aujourd’hui en difficulté, marqué par un niveau historiquement bas des transactions immobilières publiques et privées ? Et comment la vie quotidienne dans le nord du pays pourrait-elle évoluer ?

La Banque Hapoalim a publié ce matin son analyse hebdomadaire intitulée « Économie du dimanche », dans laquelle elle souligne que l’attention du monde entier est désormais focalisée sur les relations entre Washington et Téhéran.

Selon cette analyse, l’économie mondiale et israélienne traverse actuellement une période d’extrême tension, où plusieurs événements diplomatiques et monétaires majeurs se croisent et redessinent les perspectives économiques pour les investisseurs comme pour les citoyens.

La principale interrogation qui préoccupe aujourd’hui les marchés financiers est de savoir si un accord historique et potentiellement décisif sera signé dans les prochains jours entre les États-Unis et l’Iran, prolongeant ainsi la trêve actuelle et favorisant une relative stabilité régionale.

Même si, sur le plan politique et dans l’opinion publique israélienne, un tel accord n’est pas forcément perçu comme une victoire stratégique, son impact sur les marchés financiers pourrait être immédiat, puissant et direct. Les marchés internationaux réagiraient notamment par une forte baisse des prix mondiaux du pétrole ainsi que par une diminution significative des primes de risque géopolitiques qui pèsent actuellement sur l’économie.

Au-delà des implications diplomatiques internationales, la scène économique israélienne se prépare également à une évolution positive d’une tout autre nature. La majorité des analystes et économistes estime avec un degré de confiance élevé qu’une baisse des taux directeurs pourrait intervenir dans les prochains jours. Les marchés intègrent déjà activement l’hypothèse d’une seconde baisse avant la fin de l’année, avec pour objectif un taux stabilisé autour de 3,5 %.

La prime de risque à long terme de l’État d’Israël sur dix ans s’élève actuellement à environ 90 points de base. Les estimations officielles prévoient qu’elle pourrait légèrement diminuer à mesure que la situation diplomatique et monétaire se clarifiera, offrant ainsi un certain regain d’énergie aux marchés financiers locaux et à la Bourse de Tel-Aviv.

Toutefois, les experts en macroéconomie soulignent que, contrairement à l’effet psychologique immédiat attendu sur les marchés financiers et les indices boursiers, un accord diplomatique de cette nature ne devrait pas provoquer, à court terme, une relance spectaculaire de l’économie réelle et productive.

L’effet le plus concret et le plus bénéfique de cette évolution diplomatique pourrait surtout se faire sentir dans le nord d’Israël, où les habitants et l’économie locale pourraient enfin retrouver une vie quotidienne et une activité normale après une longue période d’incertitude.

Le secteur qui pourrait tirer le plus rapidement profit de ces changements ainsi que de la baisse des taux d’intérêt est celui du bâtiment et de l’immobilier israélien, fortement fragilisé depuis plusieurs années par le poids élevé des coûts de financement.

La situation du marché résidentiel a récemment atteint un niveau particulièrement préoccupant : le volume des transactions immobilières est tombé à un seuil extrêmement bas, avec seulement entre 2 500 et 3 000 logements neufs vendus chaque mois à travers le pays.

Il s’agit d’un chiffre largement inférieur à la moyenne pluriannuelle nécessaire pour répondre à la demande de la population. Dans ce contexte de profond ralentissement, les économistes estiment que tout changement de tendance, qu’il soit monétaire ou sécuritaire, pourrait avoir un effet positif et relancer la demande latente des acheteurs et des investisseurs restés jusqu’à présent dans l’attente.

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