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Israël franchit une étape historique vers la reconnaissance officielle du génocide arménien

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Le gouvernement israélien a adopté, à l’unanimité, une résolution reconnaissant officiellement le génocide arménien de 1915. Cette décision, portée par le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, marque un tournant majeur dans la politique diplomatique israélienne. Elle devra toutefois être ratifiée une nouvelle fois par la Knesset pour devenir une position officielle de l’État d’Israël.

Une reconnaissance longtemps repoussée

Depuis plusieurs décennies, Israël s’était abstenu de reconnaître officiellement le génocide arménien, non pas en raison d’un désaccord sur les faits historiques, mais essentiellement pour préserver ses relations stratégiques avec la Turquie, puis avec l’Azerbaïdjan.

Pourtant, de nombreuses voix israéliennes – historiens, intellectuels, anciens responsables politiques et plusieurs députés – plaidaient depuis longtemps pour une reconnaissance officielle, estimant qu’un État né des cendres de la Shoah avait une responsabilité morale particulière face à tous les génocides du XXᵉ siècle. La commission de l’Éducation de la Knesset avait d’ailleurs reconnu le génocide dès 2016, sans que cette position ne soit adoptée par le gouvernement.

« Il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est juste »

En présentant cette résolution, Gideon Sa’ar a déclaré qu’il s’agissait d’un « devoir moral et historique ».

Selon lui, malgré une abondante documentation historique, le génocide arménien continue de faire l’objet d’une politique de négation et de minimisation. Il a estimé qu’il appartenait à Israël, en tant qu’État juif, de reconnaître officiellement cette vérité historique.

Un contexte diplomatique profondément modifié

Cette évolution intervient dans un contexte de fortes tensions entre Israël et la Turquie.

Depuis plusieurs années, les relations entre les deux pays se sont considérablement dégradées, notamment à la suite des conflits à Gaza. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan est devenu l’un des plus virulents critiques d’Israël, multipliant les accusations et les comparaisons particulièrement dures à l’encontre des dirigeants israéliens.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que les considérations diplomatiques qui avaient jusqu’ici freiné une reconnaissance officielle ont perdu une grande partie de leur poids.

Une décision saluée par l’Arménie et de nombreux observateurs

Le génocide arménien, au cours duquel les historiens estiment qu’entre 600 000 et 1,5 million d’Arméniens ont été tués ou sont morts lors des déportations organisées par l’Empire ottoman entre 1915 et 1917, est aujourd’hui reconnu par plus de trente États, dont la France, l’Allemagne et les États-Unis. La Turquie continue toutefois de rejeter le terme de « génocide », affirmant que les victimes sont mortes dans le contexte des combats et des déplacements de population liés à la Première Guerre mondiale.

Une portée avant tout symbolique

Si la Knesset approuve à son tour cette résolution, Israël rejoindra officiellement le groupe des démocraties ayant reconnu le génocide arménien.

Au-delà de sa portée diplomatique, cette décision revêt une dimension mémorielle importante. Pour de nombreux responsables israéliens, reconnaître les souffrances du peuple arménien s’inscrit dans un principe universel : celui de la lutte contre le négationnisme et de la transmission de la mémoire des crimes de masse.

Le vote de la Knesset est désormais attendu dans les prochaines semaines. S’il est adopté, il mettra fin à plusieurs décennies d’hésitations diplomatiques et ouvrira une nouvelle page dans les relations d’Israël avec l’Arménie, tout en risquant d’accentuer les tensions déjà profondes avec la Turquie.

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