PARACHAT SHOFTIM 2026 – 2 Eloul 5786 (ב׳ באלול תשפ״ו), correspondant au samedi 15 août 2026
Pour ce Chabbat, du vendredi 14 au samedi 15 août 2026, Parachat Shoftim, voici les principaux horaires en Israël :
| Ville | Allumage des bougies | Fin du Chabbat |
|---|---|---|
| Jérusalem | 18h48 | 20h02 |
| Tel-Aviv | 19h05 | 20h04 |
| Ashdod | 19h04 | 20h04 |
| Haïfa | 18h59 | 20h05 |
| Beer-Sheva | 19h05 | 20h02 |
| Eilat | 18h52 | 19h59 |
Les horaires peuvent légèrement varier selon les communautés et les usages.
« Shoftim » signifie « Juges ». Dès les premiers versets, la Torah ordonne d’établir des juges et des magistrats capables de rendre une justice droite et impartiale : « Justice, justice tu poursuivras. »
Cette Paracha nous rappelle qu’une société ne peut vivre durablement sans justice, sans responsabilité et sans respect de l’autre. Mais cette exigence ne concerne pas uniquement les institutions : elle nous invite aussi à examiner nos propres décisions avec honnêteté, à maîtriser nos paroles et à juger autrui avec mesure et bienveillance.
Alors que nous entrons dans le mois d’Eloul, période d’introspection et de préparation aux fêtes de Tichri, Shoftim nous encourage à placer des « gardiens » aux portes de notre conscience : savoir ce que nous laissons entrer dans notre cœur, ce que nous exprimons et la direction que nous choisissons de donner à notre vie.
Que ce Chabbat et ce début du mois d’Eloul nous apportent discernement, justice et sérénité, et qu’ils nous aident à avancer dans l’unité, la responsabilité et la paix.
Chabbat Chalom et ‘Hodech Tov à tous !
Une infrastructure sociale intégrale
La paracha s’ouvre sur deux mots d’une importance capitale, porteurs d’une signification particulièrement lourde : juges et policiers :
« Des juges et des policiers, tu te donneras dans toutes tes portes que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour tes tribus, et ils jugeront le peuple selon une justice équitable. »
« Des juges et des policiers, tu te donneras dans tes portes que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour tes tribus, et ils jugeront le peuple selon une justice équitable. »
Le tissu de l’infrastructure sociale se construit au moyen de juges qui rendront des décisions conformément aux lois données par Dieu à Son peuple, lois qui furent parfois observées comme il se doit et parfois moins, ainsi qu’au moyen de fonctionnaires chargés de veiller à ce que ces lois soient effectivement appliquées.
Plus loin dans la paracha, nous trouvons également un verset extrêmement célèbre, et ces deux versets nous permettent de comprendre l’esprit du premier sujet auquel la section est consacrée :
« La justice, la justice, tu la poursuivras, afin que tu vives et que tu hérites du pays. »
Poursuis la justice, afin de pouvoir vivre dans le pays dont tu hériteras.
Afin de permettre à chaque citoyen de connaître ses droits et d’obtenir qu’ils soient reconnus, Dieu précise que les tribunaux doivent se trouver « dans tes portes ». Cela signifie-t-il qu’ils doivent être établis dans les villes ? Non, puisque le texte dit : « dans tes portes que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour tes tribus ». Une dimension supplémentaire est ainsi conférée au système : les juges et les policiers seront nommés dans chaque « localité » et dans chaque région que Dieu a attribuée à chacune des tribus : localité, région, district, etc. À leurs côtés se trouveront des responsables chargés de superviser les juges ordinaires, et d’autres qui auront autorité sur ces derniers. Si nous préférons l’exprimer en termes modernes, nous avons devant nous un organigramme, ou une structure détaillée et complexe du système judiciaire.
Et une fois que ce système a été défini et établi, Dieu exige :
« La justice, la justice, tu la poursuivras » — poursuis la justice.
Cependant, plus précisément, la répétition du mot « justice » contient en elle-même l’idée selon laquelle la recherche de la justice doit également s’effectuer sur le plan métaphysique, où la justice d’en bas doit correspondre à la justice d’en haut, et où les moyens mis en œuvre pour réaliser la justice doivent l’être sans partialité et de manière désintéressée, jusqu’au point où l’être humain est appelé à faire tout ce qui est en son pouvoir, et par tous les moyens dont il dispose, afin de mettre au jour ce qui pourra exprimer et représenter la justice immanente et transcendante.
Il faut s’attacher à ce qui est le plus juste au sein même de la justice. Chercher et creuser encore et encore, jusqu’à pouvoir extraire, de tout ce que l’on appelle un système judiciaire, la véritable justice morale — celle qui prend l’autre en considération. Chercher, écouter et aller à la rencontre de l’autre, afin que la véritable justice puisse se réaliser ; afin que la tsedaka — le rétablissement de la justice — puisse s’accomplir, ou qu’elle fasse de celui qui la pratique un tsaddik. C’est ainsi que la lettre yod rencontre la lettre hé, afin de s’unir et de former le Nom de Dieu.
Dans son ouvrage célèbre, « Tomer Devorah », le grand sage Rabbi Moché Cordovero, ou le Ramak, donne une explication des lettres qui composent le mot tsedaka. La lettre tsadi, dont la valeur numérique est 90, nous enseigne que nous devons dire chaque jour « Amen » quatre-vingt-dix fois ; la lettre dalet, dont la valeur numérique est 4, nous enseigne à réciter quatre fois par jour la Kedoucha ; la lettre kouf, dont la valeur numérique est 100, nous enseigne que nous devons nous efforcer de réciter cent bénédictions chaque jour ; tandis que la lettre hé nous rappelle d’étudier la Torah chaque jour. Ainsi, nous nous rappelons quotidiennement la notion de tsedaka.
Rachi explique que, grâce à de bons juges et de bons policiers, nous pourrons être dignes de la Terre d’Israël. Mais, pour cela, nous devons atteindre un degré de justice suffisamment élevé pour pouvoir vivre dans une société qui soit véritablement une société juste.
Le Sfat Emet explique d’une manière quelque peu différente le verset « Des juges et des policiers, tu te donneras ». Selon lui, lorsque Dieu ordonne « tu te donneras », c’est-à-dire « tu te donneras à toi-même des juges et des policiers », il ne s’agit pas seulement pour le peuple, en tant que collectivité, de nommer des juges et des policiers. Il incombe également à l’individu, en tant que personne, de prendre pour lui-même, ou à l’égard de lui-même, un juge et un policier : puisque tu as reçu des commandements, tu dois les accomplir toi-même et veiller à ce que les autres les accomplissent également, et surtout — juge-toi toi-même.
En d’autres termes, chaque être humain est appelé à procéder à un examen de conscience et à se soumettre lui-même au jugement, sans partialité et sans indulgence envers soi-même.
La chose est si difficile et si complexe à mettre en pratique que nous trouvons, dans le récit de notre histoire, des exemples de périodes au cours desquelles les juges eux-mêmes étaient corrompus, au point qu’il devint nécessaire de les juger eux aussi. Le livre de Ruth s’ouvre par les mots :
« ויהי בימי שפוט השופטים »
« Il arriva, aux jours où les juges étaient jugés » — c’est-à-dire que les événements se déroulèrent à une époque où les juges eux-mêmes étaient soumis au jugement.
Cette corruption et l’absence d’une véritable justice ne sont ni des phénomènes innocents ni des réalités dépourvues de conséquences, et c’est le peuple qui en supporte les conséquences ; car la corruption des juges conduit à la guerre et à la famine — conséquences directes de la corruption.
L’Or Ha’haïm affirme, à propos de ces versets, que les juges et les policiers sont indissociables l’un de l’autre, car s’il n’existe pas de juges qui légifèrent et établissent les lois, il n’y a aucune nécessité de policiers chargés de faire respecter des lois qui n’existent pas.
Cependant, le grand sage attire notre attention sur le fait qu’une sorte d’« erreur grammaticale » pourrait s’être glissée dans le verset : Dieu s’adresse au Juif à la deuxième personne du singulier, puis parle du jugement à la forme plurielle.
L’explication est simple : un juge peut certes être seul et juger seul, mais un témoignage ne peut être recueilli que lorsqu’il est présenté par deux personnes, comme il est dit :
« על פי שני עדים יקום הדבר »
« C’est sur la déposition de deux témoins que la chose sera établie. »
Un témoignage ne peut être pris en considération que s’il émane de deux personnes.
Le mot עד (« témoin »), en hébreu, est composé des lettres ayin et dalet, qui forment un mot dont la racine est ד־ע־ת, c’est-à-dire connaissance et savoir. En effet, le témoin porte en lui la connaissance d’un fait ou d’une chose déterminée ; c’est donc par son témoignage que les faits sont éclaircis et connus.
Le juge doit enquêter et écouter, chercher et vérifier, afin de faire apparaître au grand jour un détail susceptible de revêtir une importance, et sans aucun doute — par l’intermédiaire du témoignage.
Afin de ne pas léser le pauvre par rapport au riche, il convient d’aider le pauvre à se présenter d’une manière comparable à celle de son adversaire : soit en demandant au riche de s’habiller comme un pauvre, soit en aidant le pauvre à acquitter sa peine ou sa dette lorsque cela est nécessaire.
Le Zohar attire notre attention sur le fait que le jugement ne peut être que de nature divine, et que les juges doivent se montrer extrêmement prudents lorsqu’ils rendent la justice :
« Malheur aux juges d’en bas s’ils renient l’œuvre de la Création, et si un juge ne rend pas sa décision de la même manière qu’un autre ; car, là-haut aussi, il existe des juges et des policiers, et parmi eux se trouvent ceux qui jugent les âmes. Car les juges et les policiers d’en bas sont matériels, tandis que ceux d’en haut sont liés aux âmes. L’un n’est pas meilleur que l’autre, et les uns comme les autres doivent être égaux. »
Lorsqu’il est question de justice et de jugement, il faut donc rechercher, au moment où le jugement est sur le point d’être rendu, le lien qui existe entre les deux conceptions — jugement et justice — qui sont différentes l’une de l’autre, car l’une n’est pas l’autre.
Dieu permet le choix d’un roi. Lui aussi devra être un homme droit et juste. Les prophètes qui viendront dans l’avenir oindront les futurs dirigeants du peuple juif.
Le mot שופט (« juge ») s’écrit avec les lettres chine — pé — tet, qui sont les lettres initiales des trois mots שמור פיך טהור, c’est-à-dire : « Garde ta bouche et protège-la afin qu’elle demeure pure. » Car le juge, par les décisions de justice qu’il rend, sert d’exemple aux autres, comme il est dit :
« (Avot 1, 9) הוו מתונים בדין », lorsque Chimon ben Cheta’h dit aux juges de faire preuve de prudence dans leurs paroles lorsqu’ils interrogent les témoins, de peur que ceux-ci ne soient enclins à mentir…
Caroline Elishéva REBOUH
ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו
AshdodCafé.com
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