PARASHOT AHARE MOTH KEDOSHIM 5786 – 24 avril 2025 – 7 Iyar 5786
Aujourd’hui nous comptons 22 jours du Omer, soit 3 semaines et 1 jour.

Parachiot Aharei MotKedoshim
La sainteté ne se vit pas en marge du monde… mais au cœur de la vie.
Être kadosh, ce n’est pas être parfait, c’est être juste, intègre et humain dans chaque détail du quotidien. Aimer l’autre, respecter, ne pas tricher, poser des limites : c’est là que commence la vraie élévation.
On ne devient pas saint en s’isolant… mais en élevant la vie de tous les jours.


Ces sidrot sont couplées, comme cette année, surtout lorsque l’année n’est pas embolismique, c’est-à-dire lorsqu’il n’y a pas de mois supplémentaire , étant donné que la Torah comporte 54 sections hebdomadaires alors que l’année ne compte que 50 shabbatot…

Dans la parasha de Kedoshim il est question donc de sainteté et des  différents moyens d’y parvenir non seulement par notre comportement  extérieur, intérieur et physique non seulement vis-à-vis de nous-mêmes mais  aussi vis-à-vis des autres mais surtout dans notre relation respectueuse  envers notre Créateur et non seulement dans notre comportement mais  aussi dans notre comportement alimentaire.

Le mot ratsone revient souvent dans la péricope. Il est souvent  traduit par volonté comme dans cette mishna : fais Sa volonté tienne pour  qu’IL fasse Sienne ta propre volonté annule ta volonté devant la Sienne pour  qu’IL annule la volonté des autres devant la tienne –Pirké Avoth chapitre 2  mishna 4.

Les Pirké Avoth ou communément appelés en français maximes des Pères  ou principes des pères, enseignent ainsi la réciprocité HaShem ne te  demande pas uniquement d’accomplir ce qu’IL te demande mais IL te promet  de te rendre la pareille dans le bien comme dans le moins bien.

De même, nous trouvons dans le Talmud Yeroushalmi l’illustration de cette  promesse lorsqu’HaShem promet « si tu M’abandonnes un jour (l’étude de  la Torah) JE t’abandonnerai 2 jours ainsi qu’il est écrit dans les Proverbes  (Mishlé) « mon fils n’oublie pas Ma Torah et que ton cœur retienne Mes  Mitsvoth » chapitre 3 verset 1.

Ces mitsvot prônent l’amour du prochain nous aurons ainsi la formule qui  fera de nous un peuple exemplaire et saint ; appliquer les lois sur la  nourriture, sur notre amour du prochain et permettre à celui-ci de ne pas  faire de fautes en lui faisant de gentilles remontrances tout ceci permettra à tout un chacun de se fournir en bénédictions divines à profusion….et de se  distinguer des autres puisque notre vocation est d’être un peuple de prêtres  devant les nations du monde…

L’amour du prochain se prouve dans les moindres attentions comme par  exemple, si l’on s’aperçoit qu’une personne est en train de commettre une  grave erreur, il est du devoir de celui qui s’en aperçoit de lui signaler et de  lui montrer comment se rattraper de manière à ce que celui qui assiste ne  devienne pas complice ainsi que je l’explique dans le recueil ci-joint…

COMMENT ARRIVER A LA SAINTETE ? LA SAINTETE EST-ELLE  TRANSMISSIBLE ? 

Tout au long de cette péricope, HaShem transmet à Moïse les différents  chemins à emprunter pour que chacun puisse arriver à atteindre la sainteté  : par la conduite : à table, avec notre prochain, dans notre vie sociale et  intime et, ainsi, l’homme peut atteindre la perfection et la sainteté.

Il existe une autre façon de bien se conduire et de satisfaire notre Père  Céleste : ne pas succomber à la facilité et imiter les autres peuples car, la  finalité du peuple Juif est de servir d’exemple aux autres peuples et de leur  servir de guide spirituel et non le contraire. En effet, le peuple juif, durant  410 ans, a été confronté à l’exemple d’une civilisation qui avait réussi à  atteindre le plus haut degré d’impureté sociale et morale. Au cours des 10  plaies infligées aux Égyptiens, les Juifs que D. avait jugés « irrécupérables »  sont morts durant la plaie des ténèbres et, tous ceux qui ont éprouvé la  longanimité divine par leurs actes divers, ont disparu au cours des  pérégrinations dans le désert.

Ainsi, les mitsvoth contenues dans la Torah devront servir de « garde-fou »  à un peuple pour lequel D a opéré tant de prodiges et de miracles.

La Sainteté vers laquelle le Juif doit se hisser est telle qu’elle se situe à tous  les degrés et dans tous les domaines ainsi, l’habit, l’habitat, l’alimentation,  la façon de se conduire, celle d’évoluer au travail ou dans le proche  environnement : la sainteté doit être décelable à tous les niveaux et en tout  temps. Lorsque le thème de la lèpre a été abordé, il s’agissait, en  « diagonale », de pureté mais aussi de sainteté et nous retrouvons dans la  lèpre les domaines que l’impureté – physique et morale – peut atteindre :  ainsi le corps peut être touché, mais les vêtements et dans les cas extrêmes  les murs-mêmes de la maison peuvent être entachés. Ici, dans « aharé-mot  et kedoshim », l’impureté dont l’homme peut se rendre coupable atteint la  personne physique et à travers le corps, elle atteint sa descendance, par ses  actes elle peut atteindre sa demeure et par ses paroles, jusqu’au terrain sur  lequel l’homme évolue.

La Terre, le pays, ארץ eretz en hébreu c’est cette petite parcelle de terre  que le Créateur a donné à Son peuple pour qu’il y vive et qu’il y exerce son  sacerdoce. A la lecture du chapitre XVIII du Lévitique, verset 25, nous  rencontrons une figure inhabituelle.

Lors de la lecture de la Haggada à Pessah nous avons souvent entendu des  métaphores telles que la main puissante de D etc. ici nous nous trouvons  devant une autre métaphore : la personnification de la Terre d’Israël. Elle a  « bu » le sang d’Abel. Nous retrouverons plus loin encore cette même  métaphore : lorsqu’elle va ouvrir sa bouche pour « avaler » les impies.

Ici D nous avertit : tenez-vous à l’écart des iniquités sinon : « la terre vomira  ses occupants » ! Que devons-nous entendre par ceci ? La conduite de l’homme vis-à-vis de lui-même ou vis-à-vis de son prochain a-t-elle une  incidence sur la terre ?

Les peuples qui habitaient ce petit pays, se sont rendus coupables  d’iniquité, d’impureté. Lorsque D a demandé des comptes au pays, la terre  « a pris conscience » que l’impureté dépassait ce qu’elle pouvait supporter , ce qui a provoqué le vomissement de ses habitants. Tout se passe comme  si la terre, qui par ailleurs, boit le sang des victimes, dépasse un seuil de  tolérance au-delà duquel il est impossible de continuer à résider sur cette  terre, si l’on n’obéit pas à certains critères.

L’impureté se communique au corps, à l’esprit, aux meubles, au sol et même  aux murs. C’est la raison pour laquelle, il arrive toujours un moment où des  comptes doivent être réglés et où un « retour » est nécessaire.

Comment remédier aux « manquements » ? En lisant des biographies de  Tsadikim on s’aperçoit qu’ils étaient toujours en train d’étudier la Torah, et,  en pénétrant dans leur espace privé, on se sent pénétrés de calme, de bien-être, de paix.

Parvenir à ce degré de sainteté est possible en priant, en étudiant la Torah  et, en respectant les mitsvoth. En imprégnant notre esprit de celui de la Torah et des mitsvot.

D. précise : Si vous respectez Mes lois, le pays ruissellera de lait et de miel  et sinon, si le pays est impur, il deviendra désert. Lorsque le peuple est entré  en possession du pays de Canaan, il n’y avait pas une seule abeille. Alors,  comment expliquer que le texte de la Torah évoque le miel ? C’est parce que , nous explique la guemara, les figues et les dattes étaient de grande taille et  elles étaient si douces que du miel en coulait sans cesse. Quant au lait, les  brebis qui étaient très fertiles donnaient un lait si crémeux et si abondant  qu’il coulait seul sans même qu’on ait besoin de les traire, c’est la raison pour  laquelle il est écrit « eretz zavat halav ou dvash » (ודבש חלב זבת ארץ).

Les Sages nous expliquent aussi que ce prodige ne pourrait se réaliser si la  contrée n’est pas habitée par des Juifs craignant D. Auquel cas, le pays  deviendra une désolation, il n’y aura que des pierres et des épines mais, en  revanche, lorsque le peuple fera repentance et opèrera un « retour » sur lui même, alors, le désert refleurira et comme au temps des « épousailles » de  D et de Sa fiancée Israël, le pays donnera des fruits si merveilleux qu’une  grappe de raisins devra être transportée par 8 hommes ! Mais, à chaque fois  que la conduite du peuple décevra D, alors la terre redeviendra stérile,  verrouillée devant quiconque et les ennemis du peuple ne pourront pas, eux-mêmes, se repaître des cultures de ce pays, Lévitique XXVI, 32 et 33 : וַהֲ שִׁ מֹּתִׁ י אֲנִׁי, אֶ ת-הָ אָ רֶ ץ; וְשָ מְ מּו עָ לֶ יהָ אֹּיְבֵ יכֶם, הַ יֹּ שְ בִׁ ים בָ ּה. לג וְאֶ תְ כֶם אֱזָרֶ ה בַ ּגֹויִׁם, וַהֲ רִׁ יקֹּתִׁ י וְהָ יְתָ ה אַ רְ צְ כֶם שְ מָ מָ ה, וְעָ רֵ יכֶם יִׁהְ יּו חָ רְ בָ ה.;אַ חֲ רֵ יכֶם חָ רֶ ב

« Puis, moi-même je désolerai cette terre, si bien que vos ennemis, qui  l’occuperont, en seront stupéfaits. Et vous, je vous disperserai parmi les  nations, et Je vous poursuivrai l’épée haute; votre pays restera solitaire, vos  villes resteront ruinées. »

La demande de D. est par conséquent : que nous nous rendions purs par notre alimentation, que nous préservions notre langage de ce qui n’est pas  compatible avec l’image que nous devons donner, et il en va de même sur le  plan de notre « costume » qui doit être propre, simple mais suffisamment  couvrant pour nous permettre d’être pudiques, et encore par le respect des  lois etc.

La guemara Sanhédrine nous enseigne que lorsque l’époque où le Mashiah  devra se dévoiler sera proche, le pays d’Israël regorgera de fruits et la terre  produira en abondance.

Pour que les murs de notre demeure rayonnent de sainteté, de sérénité, et  que nous puissions jouir d’un terrain capable de recevoir toutes les  bénédictions célestes, il est bon de réciter des tehilim (psaumes) des paroles  de Torah et de lire à haute voix la parasha de l’encens (Pitoum haketoreth).

D a créé le monde et dans ce monde IL a créé le genre humain avec tous les  genres, toutes les couleurs de peau, de cheveux et d’yeux. Pour Lui, nous  sommes tous égaux entre nous en dehors du fait qu’IL a confié aux enfants  d’Israël un rôle, celui incombant au fils du Roi : faire observer la Loi.

Cette section hebdomadaire contient plus de 50 mitzvot concernant tous  les secteurs comme il a été dit plus haut. Cependant, parmi toutes ces  mitzvot il en est une à propos de laquelle Rabbi Akiba enseigna à un  étranger qui voulait se convertir et qui lui demandait de lui enseigner la  Torah tout le temps qu’il pourrait se tenir sur un pied et, le célèbre rabbin  répondit qu’en aimant son prochain comme soi-même il pratiquerait tout ce  que renferme la Torah. Aimer son prochain comme soi-même est un verset  de cette parasha.

Ce précepte complète une injonction qui précède ce verset et qui concerne  une ordonnance très forte : la réprimande. En effet, il est écrit que lorsque  tu vois ton prochain fauter tu dois le réprimander et ainsi tu ne porteras pas  sa faute et immédiatement après il est écrit : aime ton prochain comme toi même ce qui nous permet de conclure qu’ainsi, notre implication est  importante même dans la vie d’autrui et ce pour le bien de l’Autre tout comme  dans notre propre intérêt.

D nous demande d’être saints parce qu’Il est notre D et un autre principe se  dégage : celui de Hillel qui a déclaré que la base du judaïsme est de ne pas  faire à autrui ce que l’on n’aimerait pas qu’on nous fît car si notre prochain  ne nous réprimande pas et nous laisse errer dans nos erreurs c’est qu’il ne  nous aime pas et lui, aimerait-il qu’on le laissât faire des erreurs ?

Dans ces deux chapitres XIX et XX, le Créateur nous demande de faire  certaines choses et nous confirme : אני ה’ א-לוקיכם

« Je suis l’Eternel votre D » pour quelle raison nous répète-t-Il qu’Il est notre  D. ? Les commentateurs nous enseignent que, de manière à rassurer les  plus pratiquants, que les moyens ou ceux même qui ne pratique presque  rien, Lui notre Créateur reste notre D et c’est aussi la raison pour laquelle Il  accepte de résider au milieu de nous.

Pour mieux nous rapprocher de D et pour réussir à faire ce qu’IL nous  demande : être saints, nous devons tenter de sublimer nos instincts. Il nous  faut exercer des pressions sur notre libre-arbitre et notre personnalité pour  savoir opérer des choix et pour pouvoir nous imbriquer dans la vie sociale  et savoir nous impliquer, et parce que nous devons nous efforcer d’être  saints alors, nous devrons nous efforcer d’être intègres et d’être justes et de  faire ce qui est bien aux yeux du Créateur car c’est ainsi que nous  atteindrons à la sainteté : en étant intègres nous nous servirons de poids et  de mesures justes, nous serons bons et miséricordieux, nous nous  acquitterons des devoirs qui nous sont imposés et nous appliquerons les  commandements qui nous sont donnés.

Ce que D nous demande est proportionnellement beaucoup moins de  devoirs envers Lui qu’envers notre prochain.

Dr Caroline Elisheva Rebouh PhD.
ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו

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