וַיֵּשֶׁב

Va-Yéchev 

 Genèse 37:1–40 fin : La vente de Yossef

Haphtara : Amos 2:6–3:8 : D.ieu se révèle aux prophètes

   Et Yaakov va-yéchev וַיֵּשֶׁב  habita dans le pays où son père avait séjourné, dans le pays de Canaan. Genèse 37:1

De retour en Erets Yisra-El (Terre d’Israël), Yaakov aspire à s’installer, après tous les drames qu’il a vécus. Mais le temps du repos n’est pas encore là, la tâche est encore grande. Alors que Yossef grandit, il discerne en lui la sagesse et l’appel divin. Sa préférence va vers ce fils, le fils de sa vieillesse comme il le surnomme, Ben-Zékounim,בֶן-זְקֻנִים . Le mot zékounim équivaut en guématria[1] à 207, comme le mot raz רז qui signifie « secret, mystère ». Par là nous apprenons que Yaakov avait révélé et enseigné à son fils les secrets de la Thora[2]. Les Patriarches avaient déjà la connaissance de certaines parties de la Thora comme nous pouvons le constater à plusieurs occasions (la différenciation des animaux purs et impurs avec Noa’h, la loi du lévirat avec Yéhouda et Tamar, etc.).

Yaakov confectionne à Yossef une tunique bigarrée, kétonet passim comme insigne de royauté.

Yossef, de son côté, rapportait les mauvaises actions de ses frères à son père. Cet acte de médisance, ajouté aux faveurs paternelles, lui valut la jalousie et la rancœur de ses frères. Ce premier épisode de la Paracha nous enseigne sur l’interdiction de la lachon hara.

Yossef n’était pas encore prêt pour l’appel qui semblait être sur lui au travers des rêves qu’il fait et qui révèlent une suprématie future sur ses frères. La colère de ces derniers est d’autant plus attisée qu’ils gardent à l’esprit les autres despotes qui avaient déjà essayé de régner dans la famille : Yishma-El, Esav… Peut-être que Yossef était dangereux pour la dynastie familiale… Réouven ayant été déchu de sa position de chef, c’est Yéhouda qui devrait devenir le leader spirituel et non Yossef… Leur décision est prise : Yossef doit disparaître.

Parti à la recherche de ses frères à Sichem, ceux-ci le jettent au fond d’un puits. Il est ensuite vendu à une caravane de marchands Yichmaélites puis à des Madianites, pour être finalement racheté par Potiphar.

Cette vente entraînera la descente en Egypte de la jeune nation juive et son esclavage. La prophétie donnée à Avraham doit s’accomplir.

Nous découvrons là un principe biblique : le caractère de l’homme de D.ieu est forgé dans la souffrance. C’est un moyen choisi par D.ieu pour nous ramener à Lui.

L’histoire de Yossef nous parle de la fin des temps ainsi que nous le révèle nombre de détails comme la tunique bigarrée, la kétonet passim, כְּתֹנֶת פַּסִּים. La valeur numérique des lettres de passim équivaut en guématria au nombre 190. C’est la même valeur que le mot kets, קֵץ qui lui, signifie « limite, fin », comme dans la fin des temps, kets haolam, קֵץ העוֹלָם. Mais avant la fin, bien des évènements doivent se produire encore.

Alors que D.ieu prépare la descente en Egypte pour forger Son peuple, la semence de Yéhouda, auteur de la lignée messianique, va être en danger. Suite à la vente de son frère, celui-ci quitte sa famille et le texte indique qu’il « descend » vayered וַיֵּרֶד (38:1). En effet, accablé par la douleur de son père qui pense avoir échoué dans son appel à fonder la nation juive à cause de la mort de Yossef, élément clé dans le plan divin, Yéhouda « descend ». C’est une déchéance morale suite à son péché. Il perd ses deux fils et va vers une prostituée qui n’est autre que sa bru. Heureusement que D.ieu ne compte pas sur la perfection de Ses créatures et qu’Il reste fidèle ! Il se sert d’individus, hommes et femmes, pour « faire » Son Histoire. Cette fois-ci, c’est Tamar qui, comme Sarah et Rivka auparavant, veille prophétiquement à la continuité messianique. Elle n’hésite pas à se compromettre pour accomplir le plan divin et les gages qu’elle demande à Yéhouda révèlent sa clairvoyance :

–         Le sceau comme signe de la royauté

–         Le vêtement ou manteau: un signe de la justice représentant le futur Sanhédrin.[3]

–         Le bâton, comme signe du sceptre du Machia’h

Nous retrouvons ces attributs divins dans Isaïe 33:22.

Car l’Eternel est notre juge, l’Éternel est notre législateur (le mot employé est le même que pour sceptre), l’Eternel est notre roi ; lui, nous sauvera.

De plus, ces attributs sont ceux de la tribu de Yéhouda. La lignée messianique est donc assurée avec Pérets, celui qui ouvre en force, tel le pouvoir ou le droit royal.

Pendant ce temps, Yossef est soumis à la tentation avec la femme de Potiphar. Il sort vainqueur, fidèle à son intégrité et devient le symbole juif de la pureté des mœurs et du refus du compromis.

Suite à la calomnie de la femme de Potiphar, Yossef est emprisonné pour un temps encore, mais D.ieu finira par l’élever et en fera un sauveur pour son peuple. La préparation à cette lourde charge se fait dans le silence de la souffrance et de l’humiliation. Puis l’espoir de la libération arrive grâce à l’interprétation des rêves de l’échanson et du chef panetier de Pharaon, emprisonnés pour leur faute.

Quand Yossef entend parler de la vigne dans le premier rêve, il se réjouit car cette vigne, symbole d’Israël selon Osée 10:1, portera du fruit rapidement.  Mais le second rêve le fait pâlir : les oiseaux déchiquètent le pain et rappellent à Yossef les oiseaux de proie, symbolisant les nations ennemies lors de l’alliance entre les morceaux conclue avec Avraham. La persécution et l’exil se profilent encore.

La délivrance n’a pas encore lieu, Yossef reste deux ans de plus en prison, méditant sur ces choses et sur le temps de D.ieu.

La Paracha se termine donc sur cette attente. Le salut pour Yossef est à la porte, et l’élévation et la réhabilitation vont arriver, ce n’est qu’une histoire de temps… 

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[1] Etude des termes bibliques en fonction de leur valeur numérique

[2] Baal Hatourim

[3] Rabba 85

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