Baba saléPour ceux qui n’ont jamais vécu la Hiloula de Baba Salé il est difficile d’imaginer l’ambiance qu’il règne dans cette petite ville du sud du pays, à Nétivot.

C’est à Nétivot, que repose le tsadik après qu’il nous ait quitté en 1984. C’est dans cette ville qu’a lieu chaque année le 4 du mois de Shevat un pèlerinage (hiloula) regroupant des milliers de fidèles venant prier sur la tombe de Israël Abouhatsera.

Dès que l’on approche de la ville, on aperçoit au loin les lumières de toute une atmosphère bouillonnante. C’est dans une ambiance de fête que des milliers de personnes patientent (c’est le mot) dans leur voitures ou dans des autobus dans un premier temps avant de pouvoir accéder au parking prévus pour l’occasion.

Dès l’entrée des visiteurs dans l’enceinte, les femmes et les hommes sont séparés pour un accès distinct au tombeau du Grand Tsadik Baba Salé. La foule se presse de part et d’autre pour parvenir au tombeau et s’y recueillir, non sans peine et sans danger, au risque de se retrouver étouffer !!!

video  : Alyaexpress-News.com

Mais qui est Rabbi Israël ABI’HSSIRA, « Baba Salé » ? 

Rabbi Israël ABI’HSSIRA descend d’une illustre famille séfarade. Son ancêtre, Rav Chémouel ABI’HSSIRA, était connu pour sa piété et son érudition. Bien que Rav Chémouel soit né en Erets Israël, il a vécu à Damas pendant un certain temps, où il a étudié auprès de Rabbi ‘Haïm Vital. Le ‘Hida, dans son livre « Shem Hagedolim », parle de Rav Chémouel comme un « Ish Elokim kadosh », un homme de Dieu saint.

Les ABI’HSSIRA vont par la suite se rendre au Maroc, dans le Tafilalet, où le fils de Rav Chémouel, Yaacov, connu sous le nom de « Abir Ya’acov », va succéder à son père en tant que Rav du Tafilalet. Rabbi Ya’acov fut un grand érudit et un homme connu pour réaliser de grands prodiges. Le fils aîné du Abir Ya’acov, Messaoud, va suivre les traces de la famille et devenir Av Beth Din du Tafilalet. C’est là que son fils, Rabbi Israël, appelé Baba Salé, va naître. Il naquit en 1890 (5650), le jour de Roch Hachana, à Rissani, dans le Tafilalet. Sa famille a vécu dans une grande maison.

Dans une partie de la maison, se trouvait une Yéshiva. Le Beth Din de Rabbi Messaoud se trouvait dans une autre partie de la maison et le frère aîné de Rabbi Israël, David, étudiait dans une salle de l’autre côté de la maison.
L’un des principaux enseignements qu’a reçu Rabbi Israël de ses parents est que l’on doit garder sa langue et n’utiliser son pouvoir de la parole que pour le service d’Hachem. Lorsque Rabbi Israël avait 10 ans, il a rencontré un groupe d’enfants qui se battaient, et il a dénoncé l’enfant qui a commencé la dispute. Plus tard dans la journée, il a raconté l’incident à son père. « J’étais tellement en colère contre ces enfants », a-t-il dit, « que j’ai presque maudit l’instigateur. » Rabbi Messaoud écouta attentivement son fils, puis il lui dit : «
« Mon fils, tu es destiné à la grandeur, tu ne dois que bénir et parler bien d’autrui, et ne jamais maudire ». Cette phrase de son père allait devenir une règle de vie de Rabbi Israël. Depuis ce jour, Rabbi Israël faisait attention à chacune de ses paroles.
Rabbi Messaoud a non seulement éduqué ses enfants sur l’importance de la parole, mais aussi à faire attention à ce qu’ils regardent.
Les rares fois où Rabbi Messaoud sortaient, il couvrait ses yeux avec son manteau. Rav Israël était très assidu dans son étude de la Torah. A 12 ans, il a commencé à jeûner pendant la période de Yémé Hashovavim, une période particulière entre les mois de Tevet et Adar, propice à la Téchouva. Comme ses parents refusaient qu’il jeune, il le faisait en cachette.

A 16 ans, Rabbi Israël épouse Frecha Amsalem, qui fut une véritable collaboratrice tout au long de leurs nombreuses
années de mariage. Lors de la Première Guerre mondiale, la France prend le contrôle de plusieurs pays d’Afrique du Nord.
Un an après la conquête française, les habitants de la région du Tafilalet se rebellèrent et chassèrent l’armée française. Cette rébellion était dirigée par le musulman Mulai Muhamed, un cruel tyran, qui s’est nommé lui-même, roi et dirigeant religieux de la région. Il a particulièrement harcelé les Juifs de la région. Trois ans après la conquête de Mulai Muhamed, l’armée française commença à bombarder les rebelles, qui se cachaient dans le quartier juif. Rav Israël décida de déménager dans une zone plus calme, afin de pouvoir étudier sans être inquiété. Mais il était trop tard. Mulai Muhamed ne laissait personne quitter ou entrer dans le Royaume. Dans le même temps, Mulai Muhamed intensifia le harcèlement des Juifs, exécutant même un certain nombre de Juifs sur le faux prétexte qu’ils avaient collaboré avec les Français. Peu après ‘Hanouka 5680 (1920), Mulai Muhamed publia un décret prévoyant le massacre des Juifs du Tafilalet. Des soldats vinrent un jour arrêter Rabbi David, le frère de Rabbi Israël. Ils l’attachèrent à un canon et tirèrent.

Rabbi David mourut en sanctifiant le nom d’Hachem. Les Juifs durent soudoyer Mulai Muhamed pour que le corps de Rabbi David leur soit restitué. Les Juifs de la région décidèrent de quitter le Tafilalet et de se rendre à Erfoud. Rabbi Israël et ses compagnons s’enfuirent eux vers Bodniv. Une fois à Bodniv, très affecté par la mort de son frère, Rabbi Israël décide de se rendre en Erets Israël.
En 5682 (1922), Rabbi Israël, accompagné de son fidèle serviteur Moché Chétrit, se rend en Erets Israël. Il passe par l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte, où il visite la tombe de son grand-père, le Abir Ya’acov. De l’Egypte, il navigue vers Jaffa, et se rend ensuite à Jérusalem. Là-bas, il va résider dans la maison de Rav Yossef Shloush, qui l’aidera à publier les livres de son frère Rabbi David. Il étudia avec les sages de Jérusalem dans la Yéshiva Porat Yossef. Il fit l’émerveillement de tous par son érudition et son humilité.
Rabbi Israël resta en Eretz Israël durant un an. Il rentra alors à Bodniv où il accepta la fonction de Rav. En collaboration avec un autre de ses frères, Rabbi Itshak  il a créé la Yéshiva Abir Ya’acov. Il s’occupa également de la ville voisine d’Erfoud. Il commença à être connu pour la puissance de sa bénédiction, en particulier pour les nombreux cas dans lesquels il a béni de l’eau qui a ensuite été utilisée pour faire un miracle. Il s’est violemment opposé à l’installation de l’Alliance Israelite dans la région, les considérants comme des renégats.

En 5693 (1933), Rav Israël fait un autre voyage pour Erets Israël, en laissant la direction de la communauté de Bodniv entre les mains de son fils, Rabbi Meir Shalom. Cette fois-ci, il demeura dans la Yéshiva Porat Yossef, passant l’essentiel de son temps avec les Rosh
Yéshiva, Rav Ezra Attia, Rav Ya’acov Ades et Rav Aharon Harari Raful. Après un certain temps, il a visité Tsfat où un incident remarquable se produisit. Après une immersion dans le mikvé du Arizal, il se rendit dans la synagogue du Arizal. On lui expliqua que cette synagogue avait été fermée, car tous ceux qui avaient essayé d’y entrer ces dernières années avaient trouvé la mort. Rav Israël demanda qu’on lui donne quand même la clé. Le chamach de la synagogue était terrifié à l’idée d’entrer dans la synagogue, maisRabbi Israël le rassura et lui dit de lui tenir son manteau, ainsi il n’aurait rien à craindre. Rabbi Israël ouvrit l’arche sainte et lut dans l’un des Sefer Torah. Puis, il déclara que le danger était terminé, car il avait effectué la réparation nécessaire. La synagogue du Arizal est ainsi redevenue accessible à tous.

De Tsfat, Rabbi Israël se rendit à Damas pour aller prier sur la tombe de son ancêtre, Rav Chémouel ABI’HSSIRA. Puis il retourna à Jérusalem, avant de s’embarquer à nouveau pour le Maroc. De retour à Bodniv, on lui proposa le poste de Grand Rabbin du Maroc. Il refusa dans un premier temps mais accepta devant l’insistance de la communauté. Il déménagea alors à Erfoud, dans le sud duMaroc. Lui et sa famille passèrent les années difficiles de la deuxième guerre mondiale dans cette ville. Quand les Allemands ont envahi l’Afrique du Nord, les Juifs craignaient que leur fin ne soit proche. Rabbi Israël promit à sa communauté que si elle faisait Téchouva, les allemands ne viendraient pas dans cette région. Peu de temps avant que les troupes allemandes n’atteignent la région de Risani, les Américains arrivèrent sur les lieux, repoussant l’avancée allemande. Après la guerre, de nombreux juifs marocains partirent en Erets Israël.

En 5710 (1950) Rabbi Israël décide de retourner une nouvelle fois en Erets Israël, mais cette fois, il décida de s’y installer définitivement. Il s’installa tout d’abord dans la ville de Lod, près de son frère Rav Its’hak, qui vivait dans la ville voisine de Ramlé. Mais quand on lui proposa le poste de Rav de Lod, il partit à Jérusalem. Il y loua un petit appartement dans le quartier de Baka, et se consacra exclusivement à l’étude de la Torah. Trois ans après son arrivée à Jérusalem, on lui proposa le poste de Grand Rabbin séfarade d’Israël, mais il déclina l’offre.

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Peu de temps après, les dirigeants de la petite ville méridionale de Nétivot, dont la plupart des habitants étaient d’origine marocaine, lui proposèrent de venir s’installer dans leur ville. Dans un premier temps, Rav Israël hésita à accepter cette invitation, car il n’était pas certain que Nétivot fasse partie des frontières d’Erets Israël.  Il étudia la question en détail avec Rav Issakhar Meir, Rosh Yéshiva de la Yéshivat Haneguev. Lorsqu’ils conclurent que Nétivot bénéficie de la sainteté d’Erets Israël, Rabbi Israël accepta d’y résider.

En très peu de temps, cette ville est devenue célèbre et les gens affluaient par milliers pour recevoir la bénédiction de Baba Salé. Il reçut le surnom de Baba Salé qui signifie « Prier le Père » en raison de sa capacité à faire des miracles avec ses prières. Ce titre, cependant, provenait en fait d’une histoire qui se produisit alors qu’il était enfant.
Contrairement à la plupart des enfants de son âge, le jeune Rav Israël n’a jamais aspiré à recevoir des jouets ou des bonbons. Tout ce qu’il voulait était un nouveau sidour (livre de prières), écrit avec de belles lettres. Un jour, son père, Rav Messaoud, lui amena ce sidour. Mais il hésita à le donner à son fils, craignant que sa beauté ne détourne sa concentration pendant la prière. Rabbi Israël proposa un marché à son père. « Permets-moi de garder le sidour et si je prie avec moins de ferveur, tu le reprendras. » Le marché fut conclut. Rabbi Messaoud n’eut jamais besoin de reprendre le sidour, car Rabbi Israël pria depuis ce jour avec une grande concentration. L’un des premiers à lui rendre visite fut son frère Rav Its’hak. Rav Israël, qui était heureux de le voir, offrit un repas en son honneur. À la fin de celui-ci, Rav Israël insista pour que Rav Its’hak dorme à Nétivot. Cependant, Rav Its’hak fut obligé de refuser, car il avait des obligations le lendemain matin à Ramlé. Durant le trajet du retour, la voiture de Rav Its’hak eut un accident dans lequel il perdit la vie. Rabbi Israël eut beaucoup de mal à se consoler de la disparition de son frère.

Rav Israël eut un profond impact sur Nétivot et ses environs. De nombreuses personnes changèrent totalement leur mode de vie en raison de son influence et commencèrent à observer la Torah. Beaucoup de gens venaient chercher son aide. Ses prières ont amené de grands miracles, entrainant un grand kiddoush Hachem.
L’un des plus célèbres est celui qu’il a fait pour un jeune homme qui avait été blessé durant la guerre de Kippour. Le jeune homme arriva dans la maison de Rav Israël à Nétivot dans un fauteuil roulant. Il raconta son histoire à Rabbi Israël: « J’ai été blessé par une balle dans le dos au cours de la guerre de Kippour. Bien que j’ai subi une série d’opérations, je boite encore et je ne peux pas me mettre debout. L’une de mes jambes est tellement endommagée que les médecins veulent l’amputer. Un ami m’a suggéré de venir vous voir, car vous faites des miracles grâce à vos prières. Au début, j’ai refusé. Mais, dans mon désespoir, j’ai décidé de faire un essai.  » « Mettez-vous les téfillin tous les jours ? » demanda Rav Israël. « Non » répondit le garçon. « Respectez-vous le Chabbat? » « Non ».
« Si tel est le cas, » dit Rabbi Israël, « vous devriez être reconnaissant que seule une jambe est dans un état grave. Nous croyons qu’Hachem nous donne la santé pour que nous puissions Le servir ! » En entendant cela, le jeune homme éclata en sanglots. Rav Israël lui dit alors: « Si je vous bénis et que vous serez en mesure de vous tenir debout, observerez-vous les Misvot ? » « Oui », répondit le jeune homme avec empressement. Le Rav le bénit et lui souhaita une guérison complète. Le jeune homme embrassa la main du Rav et la Rabbanite lui dit alors de se mettre debout. À sa grande surprise, il se leva immédiatement et put se déplacer sans assistance. L’histoire de ce jeune homme se répandit comme une traînée de poudre dans tout le pays, entrainant un grand mouvement de Téchouva. Il bénissait chaque personne qui venait le voir et lui donnait une bouteille d’eau bénite par lui et la renforçait dans sa foi.

Cette eau du robinet, comme il l’expliquait lui-même, n’avait aucun pouvoir transcendant; son efficacité naissait de la rencontre d’une foi, celle de la personne elle-même et de celle d’une bénédiction, celle d’un saint homme.
Baba Salé entretenait des relations avec tous les grands Rav du pays. Lorsqu’il rencontra le ‘Hazon Ish, celui-ci lui donna le titre de « oved Hachem gadol », un grand serviteur d’Hachem. Au cours de ses dernières années, Rabbi Israël eut beaucoup de souffrances physiques. Il mourut le 4 Shevat 5744, (1984). Des milliers de personnes, venant du monde entier, assistèrent à ses funérailles. Il fut enterré à Nétivot.

De nos jours, les gens se rendent nombreux sur sa tombe pour y pèleriner, certains que celui qui a prié pour eux au cours de sa vie, va certainement intercéder en leur nom dans le monde de Vérité. Sa foi en la venue imminente du Machia’h, et son impatience à A tous ceux qui assiégeaient sa demeure pour recevoir ses bénédictions, il communiquait cette foi et cette flamme. Que son souvenir soit une bénédiction pour tout le peuple juif !

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