Au-dessus du seuil actuel du plan Vigipirate, il ne reste que le niveau «écarlate», synonyme de l'«l'imminence» d'un attentat sur le sol français.  S. ORTOLA / 20 MINUTES
Au-dessus du seuil actuel du plan Vigipirate, il ne reste que le niveau «écarlate», synonyme de l’«l’imminence» d’un attentat sur le sol français. S. ORTOLA / 20 MINUTES

EXCLUSIF – Selon un sondage Harris Interactive pour «20 Minutes», une majorité de Français (64%) pense que l’opération «Serval» va durer «quelques mois»...

Si les Français sont majoritairement favorables (63%) à l’intervention de l’armée au nord du Mali, 71% d’entre eux craignent qu’elle n’entraîne des actes terroristes en France, selon un sondage réalisé lundi et mardi par Harris Interactive pour 20 Minutes. A la question, «cette intervention militaire au Mali va-t-elle entraîner des actes terroristes en France?», 17% répondent «oui, certainement» et 54% «oui, probablement».

«Il n’y a pas de lien entre le fait de penser qu’il va y avoir des actes terroristes et le regard sur l’intervention militaire», détaille Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique-opinion de l’institut Harris Interactive. «On se rend compte que les Français ont anticipé les risques terroristes sur le territoire», poursuit-il.

«Forme d’unité nationale»

Si les Français sont conscients de la menace intérieure, ils le sont davantage encore pour les intérêts français à l’étranger (82%) ou concernant le sort que pourraient réserver les islamistes aux otages détenus (80% estiment que l’intervention va entraîner leur mort). Les sondés semblent plutôt sceptiques quant à un retrait rapide de l’armée. 64% estiment que l’intervention va durer «quelques mois», 19% «quelques années» et seulement 14% «quelques semaines».

Il ressort par ailleurs de cette enquête que le clivage droite/gauche est assez faible. 70% des sympathisants de gauche soutiennent l’opération «Serval». A droite, ils sont 68%. Même parmi l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, qui a jugé «discutable» l’engagement de la France, ils sont 60% à être favorables à son intervention. «Dans ce contexte, une forme d’unité nationale se détache, tout comme un regard plutôt en adéquation avec le but de guerre», commente Jean-Daniel Lévy.

Pas de climat de suspicion

Les arguments du gouvernement justifiant l’intervention militaire semblent avoir été bien enregistrés par les Français interrogés. 86% d’entre eux pensent que la France est intervenue pour «empêcher que le Mali devienne un Etat sous contrôle des islamistes», «lutter contre  le terrorisme» (83%), «protéger les ressortissants français au Mali» (78%), «préserver la stabilité de la région» (77%). La protection des «approvisionnements en uranium venant principalement du Niger voisin» arrive en dernière position (70%).

«Les Français ne remettent pas en cause ce qui est dit. Les arguments développés par le président arrivent en tête. L’argument de l’uranium, lui, reste en queue de peloton avec, toutefois, un pourcentage fort», analyse Jean-Daniel Lévy. «Alors qu’en Irak, on pouvait trouver des positions différentes, sur le Mali, le climat de suspicion existe peu dans un contexte général de critiques envers le politique», conclut-il.

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