logo revue de presseSemaine du 5 au 9 août 2013 

LE DEBAT SUR LA RELANCE DU PROCESSUS DE PAIX SE POURSUIT ALORS QUE LE GOUVERNEMENT ALLOUE DES RESSOURCES SUPPLEMENTAIRES AUX COLONIES
Le débat sur les chances de succès des négociations renouvelées avec les Palestiniens se poursuivait cette semaine alors que le premier groupe de prisonniers palestiniens – parmi les 104 dont le gouvernement a approuvé la libération – pourrait être libéré dès mardi prochain, le 13 août.
Dans ce contexte, la semaine passée a été notamment marquée par l’adoption par le gouvernement des modifications de la « carte de zones de priorité nationale » du ministère du Logement. Les habitants et les municipalités des localités établies dans ces zones bénéficient d’aides gouvernementales pour la construction de logements et d’infrastructures ainsi que d’allégements fiscaux. Actualisée pour la première fois depuis 2009, la nouvelle carte inclut une vingtaine de nouvelles localités, dont la moitié sont des colonies, dont certaines dites « isolées », situées hors des grands blocs d’implantations. Au total, 90 des 600 localités figurant sur la carte nationale sont désormais des colonies.
Cet ajout à la carte d’un grand nombre de colonies dans le contexte de reprise du processus de paix a été vivement critiqué par les ministres de Hatnua, Amir Peretz et Tzipi Livni, ainsi que par des députés du Shass et du Judaïsme unifié de la Torah qui protestaient contre l’exclusion de la carte des villes ultra-orthodoxes Harish et Beïtar Illit (cette dernière étant elle-même une colonie, mais limitrophe de la ligne verte, « dans les blocs »). D’autres ont critiqué la non-inclusion dans la carte de villes défavorisées du sud du pays, telles que Kiryat Gat et Kiryat Malakhi, soutenant que le gouvernement opère une discrimination positive des colonies aux dépens de communes particulièrement démunies.
Parallèlement à la publication de la nouvelle carte, différentes informations parues dans la presse faisaient part d’une relance prochaine de projets de construction dans les colonies, vraisemblablement dans la région de Jérusalem et à l’intérieur des blocs. Une incertitude plane, à ce stade, sur le nombre exact de logements dont il est question et sur leur
localisation, mais il semblerait qu’il s’agisse au moins des 1 000 logements que Netanyahu se serait engagé, selon certains médias, à construire auprès du Foyer Juif « en échange » de la libération des 104 prisonniers palestiniens.

LE CHOIX CRUEL DE BIBI : LES PALESTINIENS OU LA MENACE NUCLEAIRE IRANIENNE / ALON BEN DAVID – HAARETZ
Bon nombre d’entre vous vont avoir du mal à y croire, mais pour la première fois depuis deux décennies, il y a de vraies chances pour qu’Israël aboutisse à un accord avec les Palestiniens, non à cause de la bonne volonté des dirigeants de chaque camp, mais plutôt grâce à leur faiblesse, à la détermination sans précédent du gouvernement américain et à la
menace persistante du programme nucléaire iranien.
Depuis le début des pourparlers à Washington, le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a cessé d’afficher un profond mépris pour les chances de succès du processus de paix, et les Palestiniens ont fait preuve d’un pessimisme inébranlable. Netanyahu n’a certes pas changé mais la pression américaine lui a tourné la tête. En vertu de la reprise des négociations et en conséquence directe de la détermination d’un secrétaire d’État américain résolu de ne pas apposer son nom à la prestigieuse liste de prédécesseurs qui ont échoué dans les accords de paix israélo-palestiniens, Netanyahu a accordé la libération de 104 prisonniers palestiniens, parmi lesquels de nombreux meurtriers, sans aucune garantie du succès desdites négociations.
Les américains avertissent Israël. Au cours de l’été 2014, l’Iran activera son réacteur à eau lourde d’Arak, qui produit du plutonium pouvant être utilisé pour la fabrication d’une bombe nucléaire. Dans ces conditions, l’usine ne pourra être attaquée sans le risque de déclencher une catastrophe écologique comme celle de Tchernobyl. Si les Israéliens désirent le soutien des États-Unis pour une attaque sur l’Iran à l’été de 2014, ils doivent impérativement se débarrasser de la question palestinienne, assurent les américains.
Il ya un célèbre proverbe en hébreu à propos des tactiques dilatoires : un Juif promet à un propriétaire de chien de lui apprendre à parler d’ici un an, dans l’espoir que dans ce délai « soit le propriétaire va mourir soit le chien. » (Dans la version arabe c’est enseigner à la chamelle d’un cheikh à lire.) Mais dans le cas présent, il n’y a pas le temps d’attendre la mort du propriétaire ou du chien. Le propriétaire a encore trois ans de mandat, alors que le chien est très près d’atteindre une capacité nucléaire que personne ne sera en mesure de contrer.
L’activation du réacteur d’Arak, qui sera probablement reportée de quelques mois après la date limite prévue pour Mars 2014, va créer la situation irréversible d’un Iran nucléaire.
Netanyahu, qui considère qu’éliminer la menace nucléaire iranienne est sa mission historique, se rapproche dangereusement de l’enclos d’un abattoir. A l’entrée de l’enclos, se tiennent le président américain et le secrétaire d’État, qui sont bien plus attentifs au récit palestinien qu’à la position israélienne. Toutefois, ils n’hésiteront pas à menacer le camp palestinien avec le bâton du soutien international, Mahmoud Abbas se retrouvant actuellement, plus que jamais isolé au sein du monde arabe.
On ne sait pas si à ce moment là, Abbas sera assez mûr pour signer de son nom la fin du conflit. Quant à Netanyahou, rien ne nous dit qu’il sera prêt à faire les concessions nécessaires à l’obtention de cette signature. Cependant, le choix de Netanyahu sera cruel: Consentir à l’abandon de certaines précieuses parties de la Terre d’Israël ou se délester du
soutien américain dans la lutte contre la menace iranienne.
Le réacteur d’Arak, comme les usines d’enrichissement d’uranium à Natanz et Qom, rappelle à Netanyahu les fours d’Auschwitz : « Pouvons-nous imaginer assister à la construction des fours d’Auschwitz et attendre que des gens s’y trouvent pour attaquer ? » Les Etats-Unis l’obligent à affronter le moment de vérité : Il ne s’agit plus de parler mais d’agir, le gouvernement israélien doit décider entre attaquer (seul) ou renoncer (aux colonies).
Les officiers supérieurs de l’armée seront d’aucun secours dans ce cas. Netanyahu ne pourra les inciter à monter une attaque unilatérale contre l’Iran sans le soutien américain ou l’appui des grandes instances internationales, qu’ils n’accorderont pas à un pays rejetant la paix.
Pour de nombreux Israéliens, ceci pourrait ressembler à l’affaire du siècle : un accord avec les Palestiniens et l’élimination de la menace iranienne, tout en un. Pour Netanyahu, il s’agit en réalité d’un choix cornélien, dont l’issue sera sans doute capitale.

NOTRE DROIT LEGITIME A CETTE TERRE / DROR EYDAR – ISRAËL HAYOM
Le nombre de colonies ajoutées dimanche à la liste des priorités nationales pour les prestations de l’Etat n’est, en réalité, pas le cœur du problème. De nombreux kibboutzim et villes arabes y ont également été ajoutés, et ils sont tout aussi coupables d’avoir évincé Kiryat Gat et Ashkelon de cette liste. C’est en réalité le fait même que les colonies soient
admissibles à des prestations gouvernementales en tant que « zones de priorité nationale » qui tracasse certains.
« La colonie de vacances est terminée, vous pouvez rentrer maintenant ! »

Pendant de nombreuses années, nous n’avons cessé de mener une campagne de propagande toxique envers les pionniers sionistes de notre époque : les journalistes allant de l’éditorialiste du Yedioth Ahronoth, Nahum Barnea au commentateur Amnon Abramovich de Channel 2 n’ont cessé chaque soir de calomnier les colons et de nous convaincre de la menace de la colonisation en Judée-Samarie et Jérusalem-Est. Le monde gobe leurs salades.
L’Union européenne et les organisations mondiales de gauche, y compris l’association israélienne New Israel Fund, investissent des fortunes dans le but de chasser des habitants de leur seule patrie. Mais ici, en Israël, ils n’ont pas autant de succès dans leur entreprise de conviction.
Le grand public n’est pas dupe. Il sait que la colonisation en Judée et Samarie n’est pas seulement la police d’assurance d’Israël contre un état dirigé par le Hamas et gouverné par l’Iran, c’est-à-dire une menace constante pour Israël. La colonisation est surtout la preuve morale de notre droit légitime à résider sur notre propre terre.
Ce n’est pas un hasard si la Judée -Samarie, et Jérusalem constituent la plus intense de nos batailles. Nos voisins et ennemis estiment que s’ils parviennent à nous séparer du cœur de notre terre, ils auront prouvé au monde la véracité de leur revendication (celle là même qu’avait faite le député israélo-arabe Jamal Zahalka devant la Knesset la semaine dernière en affirmant «nous étions ici en premier»). Concrètement, si les Juifs abandonnent la Judée (racine de laquelle découle le mot « Juif »), cela voudrait dire que nous sommes tous des colonialistes, voleurs de terres qui ont dépouillé les Palestiniens de leurs terres.
Le gouvernement israélien a eu raison de décider – annonçant ainsi au monde – que la terre occupée par nos pionniers des temps modernes en Judée et Samarie – les Colons – est une véritable priorité nationale.

UNE NUISANCE APPELEE NAFTALI BENETT / EDITO (NON SIGNE) DU HAARETZ
Naftali Bennett est un multimillionnaire de Raanana qui a fait fortune dans la high-tech. Il a servi dans la prestigieuse unité d’élite Sayeret Matkal, et est actuellement le président du parti Foyer Juif et ministre de l’économie.
Ainsi, Bennett est beaucoup de choses à la fois, mais plus que tout, il est une nuisance. Une nuisance à un gouvernement qui semble aller vers un traité de paix; une nuisance à un état qui essaie, une fois de plus, de mettre fin à un conflit séculaire. Bennett est, en fait, une nuisance pour tout citoyen israélien qui aspire à une meilleure vie.
Il semble faire partie du courant israélien dominant, mais il n’est en réalité que le fier émissaire de ses fidèles partisans – les colons religieux. Officiellement, il est le ministre de l’économie, mais en pratique il est le ministre pour le développement des colonies.
Bennett feint souvent l’innocence, flirtant parfois avec la grossièreté et le racisme. Dans une réunion du Conseil des Colonies, il a dit qu’il ne comprenait pas « ceux qui osent dire que l’ «occupation corrompt », et parlent toute la journée de l’occupation, l’occupation, l’occupation. De quelle occupation parlez-vous? » Il a ajouté : « Un Etat palestinien n’a jamais existé ici», et a résumé la situation avec nos voisins en comparant le conflit à des « éclats d’obus dans le derrière. »
Au cours du débat public sur la libération de prisonniers palestiniens, il a déclaré que « Si nous capturons des terroristes, nous devons tout simplement les tuer », ajoutant que « j’ai déjà tué beaucoup d’Arabes dans ma vie – et il n’y a aucun problème avec cela » .
Bennett définit la décision de l’Union Européenne d’émettre de nouvelles directives sur ses contacts avec les colonies comme du « terrorisme économique », et a menacé de mettre fin à la coopération scientifique avec l’Europe.
Dimanche, dans une interview avec Arutz Sheva (chaine7), Bennett a promis que les appels d’offres pour relancer les constructions à Jérusalem-Est seront publiés dans les prochains jours. «Ironiquement, c’est à Jérusalem, que la construction a été interrompue, mais nous allons tout faire pour remédier à cela », a déclaré Bennett. « Nous avons insisté pour qu’il n’y ait pas de gel de la construction. La construction se poursuivra. … les nouveaux appels
d’offres seront lancés dans les prochains jours. » Sa déclaration allait à l’encontre de la promesse de Netanyahu au secrétaire d’Etat américain John Kerry, à savoir que pendant les négociations, Israël ne fera des appels d’offres pour les 1.000 nouveaux logements des grands blocs d’implantation de Judée Samarie.
Mais Bennett ne se soucie pas vraiment des promesses de Netanyahou. En collaboration avec un autre représentant du Foyer Juif au sein du gouvernement, le ministre du logement Uri Ariel, Bennett estime que sa mission est de faire respecter la souveraineté juive de la Méditerranée au Jourdain. Son parti ne «fera pas partie d’un gouvernement qui gèle la construction dans notre pays », a t-il dit. Il semble que Netanyahu n’ait pas le choix, mais de veiller à ce que Bennett, en effet, ne fasse plus partie de ce gouvernement.

LE FIASCO DE LA NOMINATION DU GOUVERNEUR DE LA BANQUE D’ISRAËL
Le processus de nomination d’un nouveau gouverneur pour la Banque d’Israël (succédant au Prof. Stanley Fisher dont le mandat s’est achevé le 30 juin dernier) s’est transformé en une vaste blague et ce, après que par deux fois, le candidat choisi pour le poste ait été forcé d’y renoncer dans des circonstances embarrassantes.
Au début de la semaine dernière, c’était l’économiste et ancien gouverneur de la Banque d’Israël, Prof. Ya’akov Frenkel, qui avait annoncé qu’il renonçait à la haute fonction qui lui avait été proposée par le Premier ministre Binyamin Netanyahu et son ministre des Finances, Yair Lapid. Frenkel a été poussé à renoncer au poste après la révélation d’une affaire dans laquelle il aurait été poursuivi pour le vol d’un porte-costumes au duty-free de l’aéroport de Hong Kong, en novembre 2006. Tout en niant les faits, arguant qu’il s’agissait d’un quiproquo, Frenkel a néanmoins décidé de retirer sa candidature après que le conseiller juridique du gouvernement, Yehuda Weinstein, ait ordonné d’éclaircir cette affaire avant de pouvoir approuver sa nomination.
Vendredi 2 août, le candidat désigné à la place de Frenkel, l’économiste Prof. Leo Leiderman, a choisi lui aussi de retirer sa candidature dans des circonstances semblables. L’émergence de nombreuses rumeurs dans les médias, notamment une présumée implication dans un cas de harcèlement sexuel commis lorsqu’il tenait une fonction importante au sein de la Deutsche Bank, l’habitude douteuse qu’il avait de consulter fréquemment un astrologue, ou encore sa responsabilité dans une nomination « népotiste » à la banque d’Israël (pour laquelle il travaillait dans les années 1990), ainsi que sur d’autres affaires dans lesquelles il aurait agi contre les règles, ont forcé Leiderman à déclarer forfait. Selon lui, bien que
certain de réussir le processus de nomination, il aurait préféré épargner sa famille du ‘bizutage’ médiatique désagréable qui l’accompagnait.
Suite à ce double fiasco, Netanyahu a fait savoir qu’il comptait réformer la procédure de nomination d’un gouverneur, en présentant à la commission Tirkel, chargée de vérifier les candidatures, plusieurs candidats dont il sélectionnera le meilleur parmi ceux qui auront passé l’examen préalable de la commission. A ce stade, un nouveau gouverneur n’a pas
encore été nommé. Quoi qu’il en soit, cette affaire a suscité un vif débat médiatique. Les 8 commentateurs se sont notamment interrogés sur l’entêtement de Netanyahu et de Lapid à nommer un économiste ayant de vastes contacts internationaux, ce qui limitait leur choix ; le manque de vérification suffisante du passé des candidats désignés ; et l’influence excessive des médias qui, selon certains commentateurs, ont torpillé des nominations dignes en raison d’incidents négligeables , susceptibles d’être présents dans l’histoire personnelle de toute personne si l’on creuse suffisamment bien.

TOUTE UNE HISTOIRE POUR TROIS FOIS RIEN / BEN DROR YEMINI – MAARIV
Il y a une chose sur laquelle il n’existe aucune controverse. Nous avons perdu tout sens des proportions. Ce n’est plus un fait marginal comme ça aurait du l’être, c’est devenu l’affaire de l’année dans laquelle trop de personnes ont été impliquées, jusqu’au ministre des Finances, Yair Lapid, et au Premier Ministre, Netanyahu. (…)
Lapid : « Et qu’en est-il de ce Professeur là ? »
Netanyahu : « Vérifions d’abord auprès d’Amir Oren » (Amir Oren est un journaliste du Haaretz qui a révélé les dessous des affaires Frenkel et Leiderman)

Cela a été et continue d’être un incident sans la moindre importance, un incident qui n’implique rien du tout. Ce n’est pas Moshé Katzav avec ses 10 plaintes. Dans le cas de Frenkel, il y a eu une défaillance qui s’est terminée au moment même de la clôture du dossier. Dans une société normalisée, à partir du moment où des éléments permettent de prouver l’innocence du prévenu, l’affaire est censée automatiquement être considérée comme réglée.
Mais pas en Israël. Ici, chaque mot et chaque phrase doit obligatoirement faire l’objet d’une enquête approfondie. Frenkel a-t-il vraiment dit que les autorités s’étaient excusées, ou ne l’a-t-il pas vraiment dit ? Quelle importance au fond ? On parle ici d’une affaire qui remonte à 2006, il est par conséquent évident que la mémoire humaine peut interpréter une lettre reçue des autorités comme une sorte d’excuses.
Et malgré cela, ça continue encore et encore. Les journalistes s’entêtent à raconter qu’il a été arrêté afin de créer l’impression qu’il s’agit réellement d’un crime. Seulement, le détail le plus important est tout de même que le dossier ait été clos après quelques jours seulement.
Il ne s’agit pas là d’un délinquant récidiviste, mais d’une défaillance ponctuelle. Il est possible que Frenkel eût été apte à gouverner la banque d’Israël, mais nous ne le saurons en réalité jamais. Le message que nous devons apprendre de toute cette chaîne d’évènements est que les personnes sensées finiront par fuir toute candidature à la fonction publique. En anglais, l’expression « fishing expedition » reflète bien l’état d’esprit de ce pays qui mène des enquêtes ininterrompues, jusqu’à ce que l’on trouve quelque chose.
Bien sur qu’il serait préférable qu’il n’y ait que des anges travaillant pour le service public. De ceux qui ne traversent jamais la rue en dehors des passages cloutés. Selon les critères ultra exigeants de notre pays, Barack Obama n’aurait jamais pu être président des États-Unis à cause de l’affaire de sa maison acheté grâce à l’aide étrange d’un millionnaire douteux. A propos des Clinton, on ne peut rien ajouter qui n’a déjà été dit. Presque tous les présidents des États-Unis et de la France auraient sans nul doute été écartés d’une potentielle candidature.

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