La nouvelle année tout juste commencée, Kippour approchant à grand pas, c’est le moment propice pour innover. Des bonnes résolutions, des nouveaux défis… C’est tout ce qu’il faut pour repartir sur de bonnes bases. Pour le sergent Segev, il a tourné cette page il y a déjà plusieurs années lorsqu’il a commencé son service militaire. Il s’est battu pour laisser derrière lui son passé sombre et laisser place à un futur plein d’espoirs rempli de responsabilités auxquelles il n’avait pas goûté auparavant. Découvrez son histoire qui peut donner espoir à quiconque aurait besoin d’un nouveau départ.

Une enfance pas comme les autres

Le sergent Segev n’a pas eu une adolescence comme les autres. À l’âge où il aurait du commencer son service militaire, il souffrait de problèmes d’alcool, de drogues et de violence. C’est pour toutes ces raisons, pour toutes ces difficultés qu’il a reçu une “dispense” militaire. Pour Segev, ne pas faire son service militaire était inenvisageable. Il voulait s’enrôler, il voulait être comme tout le monde et il s’est battu pour ça. L’armée devait constituer un tournant dans sa vie, une nouvelle page, pour enfin tout recommencer à zéro.

“C’était très important pour moi de faire mon service militaire. J’étais une sorte de “délinquant” à problèmes. J’étais convaincu que l’armée pourrait changer cette situation là.”

Segev a finalement réussi à se faire accepter au sein de l’armée. Ayant un profil médical mentionnant des potentiels problèmes d’intégration au système militaire, Segev a rejoint la base militaire de Havat Hachomer où les premières classes militaires sont adaptées mettant l’accent sur la discipline et où les commandants sont spécifiquement à l’écoute de chaque soldat.

le sergent segev
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Ce n’était pas encore gagné pour Segev. Il s’est vite rendu compte pendant la Tironout (premières classes) que la plupart des autres nouveaux soldats ne sont en fait que des personnes avec qui ils passaient auparavant ses journées. “Tous les autres qui étaient avec moi, je les connaissais. Ça ne m’a vraiment pas aidé à tourner la page aussi rapidement que je le pensais. Il y a eu des hauts et des bas, des rechutes, des améliorations incroyables puis de nouveau des périodes très difficiles…”, raconte t-il. “Mais pendant ces 3 mois de classes, je me suis investi, j’ai tout donné, je voulais m’en sortir. Cette période m’a malgré tout énormément aidé et a certainement été la clé pour me sortir de cette ancienne vie.” Comme l’a décrit Segev, c’est pendant ces mois qu’il a appris à s’adapter à ce nouveau système qu’est l’armée, à ces nouvelles règles, à ces nouvelles contraintes et à cette toute nouvelle autorité.

Une réussite assez inattendue

Terminant les premières classes avec distinction, Segev a réussi à passer les tests de sélection pour entrer dans la Brigade Parachutistes. Mais Segev a refusé la proposition. “Je voulais apporter mon empreinte à cet endroit, l’endroit dans lequel j’avais changé. Cette nouvelle ‘éducation’ que j’avais découverte m’avait donné envie à mon tour de donner aux autres. Je savais que j’y arriverais maintenant, je savais que je serais capable de parler aux jeunes soldats en difficultés car j’étais passé par là moi aussi”, raconte t-il le regard plein d’espoir.

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“Ma relation avec les soldats est beaucoup plus facile. Je viens aussi de l’obscurité.” Il a exercé ce poste pendant 6 mois. Dans son parcours à l’armée, Segev a reçu 5 diplômes d’excellence dont l’un d’entre eux décerné par le commandant du Corps Éducatif de Tsahal.

“J’ai appris beaucoup sur moi pendant la période où j’étais commandant à Havat Hachomer. Surtout, je me suis rendu compte que la relation qu’on apportait à ces soldats, l’attention qu’on leur portait était une chance, quelque chose que nulle part ailleurs ils auraient bénéficié. Si un jeune se retrouve à la rue, il y a peu de chance que quelqu’un vienne lui apporter son aide. À l’armée et en particulier dans ces bases spécialisées, tout est fait pour aider ces jeunes qui ont besoin de tuteurs pour retrouver le bon chemin et se reconstruire.”

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Après la première partie de son service, Segev a décidé de profiter des opportunités que donne l’armée d’obtenir son diplôme scolaire. Il avait en effet arrêter l’école à l’âge de 14 ans. Segev s’est ainsi retrouvé à la base militaire de Mihvé Alon pour poursuivre ses études. “Pendant 5 mois, je me suis retrouvé à apprendre avec des jeunes soldats, avec des commandantes moins gradés que moi, avec des institutrices qui avaient moins d’années de service que moi. Ce n’était pas tous les jours facile, loin de là. Mais c’était important pour moi, alors je l’ai fait.

Des meilleurs citoyens

“Il est évident que l’objectif du service militaire en Israël est la protection de notre pays, la protection de cet état qui a besoin de ses soldats pour veiller sur lui”, explique Segev. “Le deuxième objectif pour moi est l’éducation de ces jeunes qui deviennent soldats. Je parle ici en particulier de ces jeunes en difficultés, comme je l’ai été, qui commence l’armée avec des grosses difficultés d’intégration. Si l’on n’éduque pas et que l’on ne forme pas ces soldats, qu’on ne leur donne pas du nôtre, ils retourneront à la fin de leur service militaire au même endroit depuis lequel ils sont partis. Ils retomberont dans la délinquance ou pire, l’alcool, la drogue”, raconte t-il le regard dur.

“J’ai appris comment apprendre aux autres. J’ai appris comment orienter mes soldats, comment les rendre de meilleurs citoyens. C’est primordial selon moi.”

Segev est aujourd’hui responsable de la prise en charge des communautés ayant des besoins spécifiques à l’armée. Druzes, Éthiopiens, nouveaux immigrant. “J’essaie de leur ouvrir un maximum de portes au commencement de leur service militaire.” Les plus beaux exemples de réussite pour Segev sont ceux qui sont arrivées à l’armée comme lui, ont suivi ces formations et sont aujourd’hui commandants ou même officiers.

Pour tous ces jeunes qui sont sur le point de s’enrôler

En cette période de fête, Segev tenait à faire passer un message à tous ces jeunes qui, comme lui, ont l’âge de commencer leur service militaire mais voit cette nouvelle étape comme quelque chose d’insurmontable. À tous ces jeunes israéliens qui sont remplis de doutes à l’approche de leur enrôlement :

“Engagez-vous, faîtes votre service militaire, c’est primordial. Ne vous dîtes jamais que vous n’en êtes pas capables. Surpassez vous. Chaque citoyen de l’État d’Israël doit apporter une pierre à l’édifice. Chaque citoyen de l’État d’Israël doit donner quelque chose au pays”, explique t-il sereinement.

“Je tiens à dire que même si beaucoup le voit peut être comme un cliché, l’armée est une expérience unique à vivre, quelque chose de spéciale que vous ne pouvez vivre nulle part ailleurs dans la vie civile.”

http://tsahal.fr

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