logo Regionallogo revue de presseSemaine du 16 au 20 décembre 2013

INCIDENT A LA FRONTIÈRE LIBANAISE

Un sergent-major de 31 ans de l’armée israélienne a été tué par un soldat de l’armée libanaise dimanche soir alors qu’il roulait dans un véhicule non-blindé le long de la frontière israélo-libanaise. Le Premier ministre libanais Najib Mikatia a confirmé à un responsable de l’ONU qu’il s’agissait d’un soldat isolé et a exprimé l’espoir du maintien du calme à la frontière. Le conseil de sécurité de l’ONU a condamné l’incident et a appelé les deux parties au calme, indiquant que l’armée israélienne, l’armée libanaise et la FINUL allaient collaborer afin d’enquêter sur les circonstances de l’incident.

Cet incident a ravivé, chez les journalistes israéliens une époque pendant laquelle des soldats isolés de l’armée jordanienne tiraient délibérément sur des israéliens, l’armée israélienne ne sachant comment réagir. Pour certains commentateurs, le mouvement chiite libanais nourrissait des motifs de vengeance à l’encontre d’Israël notamment après l’assassinat, le mois dernier, d’un de ses chefs militaires dont la responsabilité avait été attribuée à Israël et
se vengeait ainsi. En effet, empêtré dans la guerre syrienne, le mouvement ne souhaitait pas attaquer Israël de front mais pourrait encourager des attaques discrètes, en agissant notamment par l’intermédiaire de soldats libanais. Ceci permettrait au mouvement de se venger sans pouvoir être officiellement accusé par Israël et éviter ainsi d’être entraîné dans une réelle confrontation militaire avec Israël.

LE SYNDROME DU SOLDAT FOU / DAN MARGALIT – ISRAEL HAYOM
Il est raisonnable de supposer que le Hezbollah ne cherche pas à voir s’embraser la frontière israélo-libanaise. Le mouvement est déjà bien embourbé dans la guerre civile en Syrie et la situation se répercute au Liban, provoquant la critique du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, toujours prompt à impliquer le Liban dans les problèmes qui ne le concernent pas.

Entre le cessez-le-feu de 1949 et le déclenchement de la guerre des Six-Jours en 1967, Israël a subi la perte de nombreux soldats dus à des actes isolés le long des frontières. Israël avait alors qualifié ces incidents de « syndrome du soldat fou ». Pour la plupart des cas, il s’agissait de soldats jordaniens qui décidaient de leur propre chef de tirer sur des israéliens le long de la frontière.

Nous ne pouvons accepter que ce syndrome ne refasse surface. Comment Israël peut-il savoir si un soldat est vraiment fou ou s’il agit secrètement pour le compte d’un Etat arabe voisin? Le nombre de ces actes isolés détermine la réponse à cette question.
Si la fréquence des attaques augmente, il ne sera plus possible de continuer à mettre ces incidents sur le compte du « syndrome du soldat fou ». Cependant, Israël devra mener une enquête approfondie avant de lancer toute attaque de représailles sur un pays voisin.

Avec la guerre civile en Syrie, le printemps arabe et la question du nucléaire iranien, l’ambiguïté règne sur les régions limitrophes d’Israël. Il est difficile de trouver les responsables. Cette situation conduit à des scénarios tels que celui survenu en août, lorsqu’en réponse aux tirs de roquettes depuis le Liban, l’armée de l’air israélienne a
bombardé le Front populaire pour la Libération de la Palestine-Commandement Général d’Ahmed Jibril, même si Israël pensait que l’organisation n’était pas impliquée dans les tirs de roquettes.

Il serait logique de présumer que les combattants du Printemps arabe en Syrie et au Liban n’aient pas d’intérêts à ouvrir actuellement un nouveau front avec Israël. Toutefois, le passé nous a enseigné que le sort du Moyen-Orient avait à maintes reprises été dicté par des agissements ne répondant pas toujours à la logique.

L’ARMEE DE DEFENSE DU HEZBOLLAH / AMIR RAPAPORT – MAARIV
Sur quelles informations s’est basée l’armée israélienne pour certifier que l’attaque de dimanche a été l’acte isolé d’un soldat rebelle. Cette déclaration a-t-elle été faite sur la base d’une enquête approfondie ou s’agit-il seulement d’une position accommodante pour l’armée. Si l’armée avait déclaré qu’elle était persuadée que le Hezbollah était à l’origine de l’attaque, peut-être aurait-elle du réagir ce qui aurait entraîné une escalade de la violence.

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse d’une personne agissant de son propre chef ou répondant aux ordres du Hezbollah, on reste en présence d’un soldat de l’armée libanaise. Cette même armée qu’Israël était si fier de voir se déployer le long de la frontière après la Seconde Guerre du Liban, ne serait autre que l’armée de défense du Hezbollah.

Sous la protection de l’armée libanaise, les combattants du Hezbollah n’hésitent pas à mettre au point des opérations et à construire un réseau de combattants les préparant pour le jour J. L’armée libanaise n’a rien fait non plus contre l’accumulation des roquettes dans les villages du Sud Liban, qui a atteint une quantité bien supérieure à celle détenue à la veille de la Seconde Guerre du Liban.

Pour l’armée israélienne, le Hezbollah est vraiment celui qui contrôle le Sud Liban. Mais jusqu’à présent, le Hezbollah n’avait pas de réelle raison d’attaquer l’armée. C’est d’ailleurs sans doute la raison principale pouvant expliquer le calme relatif qui règne le long de la frontière ces dernières années.

Mais comment l’armée va-t-elle bien pouvoir réagir. Si on maintient la version de l’acte isolé d’un soldat rebelle, cela permettra à ce qu’il n’y ait pas d’escalade de la violence avec le Hezbollah. Au moins pour cette fois-ci.

AFFRONTEMENTS EN CISJORDANIE

La presse israélienne a rapporté cette semaine la mort de deux Palestiniens par des forces de l’armée israélienne survenue au cours d’arrestations dans deux villes du nord de la Cisjordanie, Jénine et Qalqilya. Le bureau de Mahmoud Abbas a publié une vive déclaration de condamnation, indiquant qu’Israël tentait par ses actions de torpiller les efforts internationaux pour parvenir à la paix, et menait des actions maintenant les parties dans le
cercle de la violence. Pour Israël, les incursions de l’armée dans les territoires étaient nécessaires pour empêcher le développement de cellules terroristes en Cisjordanie.

Les médias ont souligné que les arrestations de routine effectuées par l’armée israélienne dans les territoires avaient dernièrement pris une tournure différente, les jets de pierres de la rue palestinienne s’étant transformés en tirs de mitraillette et jets de grenades, obligeant les forces de l’armée à riposter. Selon les commentateurs, ce changement d’attitude qui pouvait être du à l’impasse des négociations ou encore à la dégradation de la situation économique,
était avant tout le résultat d’une augmentation de l’activité terroriste dans les territoires.

ESCALADE DE LA VIOLENCE DANS LES TERRITOIRES / AMIR RAPAPORT – MAARIV
Les récents événements dans les territoires occupés sont la version réelle du film à succès « Bet Lehem » dans lequel les arrestations de Palestiniens recherchés par l’armée se compliquent et se transforment en fusillades. Ces arrestations sont problématiques car elles entraînent depuis quelque temps une escale de la violence. L’accumulation de ces incidents, dans lesquels des Palestiniens sont tués, ajoute à l’agitation déjà existante dans les
territoires.

La vague de violence dans les territoires a commencé à augmenter il y a environ un an. Pendant des mois, les incidents n’ont fait aucune victime des deux côtés. Mais, il s’agissait d’une question de chance. La chance a disparu ces deux derniers mois. De plus, le public est informé de ces incidents que lorsque les attaques terroristes aboutissent au meurtre d’une personne ou lorsqu’un bébé est blessé par des pierres palestiniennes. D’autres incidents, qui surviennent tous les jours sans faire de victimes, ne sont pas mentionnés dans les médias.

Les arrestations sont une routine pour les forces de Tsahal qui arrêtent chaque nuit de 3 à 5 personnes. Mais récemment toute arrestation devient une opération militaire complexe. Il n’y a pas de lien apparent entre les deux opérations qui ont été menées par deux différentes unités de l’armée dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le grand test est encore à venir. Selon les prévisions de sécurité, les négociations sur le processus de paix n’auront pas d’avancées significatives au printemps. La frustration attendue se traduira sans doute par une nouvelle vague de violence. Sera-t-elle nommée « troisième Intifada ? » Seuls les prochains mois nous le diront.

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