Rabbi Nahman de Bratslav (1772 – 1810) est l’un des personnages les plus énigmatiques de la grande saga de l’hassidisme.

Il mourut sans laisser de successeur et interdit qu’on lui en donne pour garantir l’expansion du piétisme hassidique. Ses disciples formèrent comme « une secte orpheline » qui aurait probablement disparu si Rabbi Nahman n’avait laissé des commentaires consignés par ses proches disciples, des considérations sur la réparation et sur le Messie ainsi que des contes kabbalistiques qu’on ne se lasse pas de lire et d’interpréter. Les maîtres hassidiques ont souvent recouru aux contes pour introduire leurs auditeurs dans les coulisses d’un monde étrange et merveilleux. Les maîtres excellaient dans l’art d’en composer pour parler à chacun selon son niveau. Les chercheurs présentent volontiers Rabbi Nahman comme l’un des précurseurs de la littérature juive du XXe siècle, représentée par des auteurs comme Franz Kafka, Chaï Agnon, Bashevis Singer. « Séparés par plus d’un siècle », écrit notamment Elie Wiesel, « Rabbi Nahman et Kafka semblent avoir en commun thèmes et obsessions : leurs héros vivent leur vie en l’imaginant et leur mort en la racontant ». Ou encore : « Étrange coïncidence : Rabbi Nahman et Kafka subirent des destins similaires. Tous deux moururent jeunes : le Rabbi, à trente-huit ans, l’écrivain, à quarante et un. Emportés par le même mal. Tous deux avaient exigé que l’on brûle leurs écrits. Leurs personnages, grands et petits, sont définis par leurs fonctions : on pourrait sans réelle difficulté les transférer d’une histoire à l’autre, d’un auteur à l’autre ».

Ce livre, préfacé par Dan Scher, propose les contes de Rabbi Nahman, traduits par Laurent Cohen, auteur de nombreux ouvrages.

Parution : Novembre 2013
Prix : 17,95

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