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“Le régime iranien nous obligeait à chanter ‘Mort à Israël’”

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“Le régime iranien nous obligeait à chanter ‘Mort à Israël’”

Le major M. est né en 1977 à Téhéran, deux ans avant la révolution islamique. Quelques années plus tard, le régime iranien le force à chanter ‘Mort à Israël’ alors qu’il était étudiant dans l’école juive de Téhéran. Ayant fait son Alyah dans le plus grand secret, il a aidé l’armée israélienne à traduire d’innombrables documents en perse et a formé des générations d’officiers des Renseignements. Aujourd’hui, il est officier haut-gradé des Renseignements de Tsahal. Voici l’histoire fascinante d’un soldat qui a choisi de changer le cours de sa vie.

M. grandit dans les quartiers juifs au nord de Téhéran, où son père est un homme d’affaires et membre très actif de la synagogue. À l’époque, sa famille fait véritablement partie des leaders de la communauté juive. “Je ne me souviens pas de la révolution islamique, j’étais trop jeune”, raconte M., mais la situation est devenue plus difficile pour sa famille. “On était habitué à vivre dans la discrétion, à ne pas trop montrer notre idendité juive. Même si je pouvais parfois entendre ‘Juif’ dans certains quartiers, nos voisins étaient tolérants et si nous n’enfreignions pas la loi et ne montrions aucun signe de sionisme, nous n’avions pas de problèmes”, poursuit t-il. Sa famille crée d’ailleurs des liens d’amitié avec des gens de la Garde révolutionnaire islamique qui habitent dans leur quartier.

“EFFACER ISRAËL DE LA CARTE” – UNE PHRASE QUI VA CHANGER SA VIE

Il étudie dans une école juive qui reste toutefois supervisée par des contrôleurs du régime islamique afin d’assurer que ni Israël, ni le sionisme n’y soit enseigné ou mis en valeur. Tous les matins, ils obligent les enfants à appeler à la mort d’Israël et des États-Unis. La célèbre phrase de l’ayatollah Khomeini – “Il faut effacer Israël de la carte” – était d’ailleurs inscrite sur l’un des murs de l’école.

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“Le lendemain, lorsque nous étions en rangs dans la cour, le directeur de l’école est venu parler. Il a dit que la veille, un acte anti-islamique avait été commis et qu’il savait qui l’avait fait. Il m’a appelé et m’a frappé devant tous les élèves. Il m’a ensuite emmené dans son bureau et m’a dit que ça n’allait pas s’arrêter là et qu’il fallait que les autorités s’en chargent.”

Heureusement, une fois que ses parents lui ont fait une offre financière et la promesse qu’ils réinscriront la phrase sur le mur, le directeur a laissé passer l’affaire. “Lorsque je suis sorti de l’école, c’est là que j’ai réalisé : je dois faire mon alyah”, se souvient M., chose loin d’être facile sous le régime de l’ayatollah. En 1988, sa famille décide de tenter sa chance. À l’époque, l’Iran ne permettait pas à toute une famille de quitter le pays, de sorte à laisser une personne utilisée comme ‘assurance du retour’ du reste de la famille. Son père est donc rester à Téhéran. “Ce matin-là, j’ai appelé mes deux meilleurs amis et je leur ai dit que je partais pour ‘Israez’, nom de code entre les Juifs pour dire que l’un d’entre nous partait en réalité en Israël. Je leur ai dit qu’on se reverrait bientôt. Je ne les ai jamais revus depuis”, raconte t-il.

Ils ont donc quitté l’Iran pour la Turquie. Une fois arrivés sur place, ils ont contacté l’ambassade et quelques jours après, ils ont enfin pris l’avion pour Israël. “C’est la première fois que je rencontrais mon grand frère”, raconte t-il. En effet, celui-ci avait quitté l’Iran alors que M. était encore bébé par crainte d’être recruté par l’armée iranienne – à l’époque en guerre avec l’Irak.

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Son père, après un premier échec où il a utilisé un faux passeport qui a failli lui coûter la vie, a traversé la frontière entre l’Iran et le Pakistan à dos de chameau. Là-bas, il a retrouvé des représentants de l’Agence juive qui l’ont envoyé en Suède avant d’enfin rejoindre Israël. Improbable et pourtant, toute l’histoire de M. ne tient qu’à un fil.

L’ENRÔLEMENT DANS L’ARMÉE

Après plusieurs année en Israël, M. est appelé à servir dans les rangs de Tsahal en 1995. Il doit dans en premier temps rentrer dans le Corps des Blindés pour devenir mécanicien de tanks. C’était avant que le Corps des Renseignements le repère et le recrute afin d’utiliser ses connaissances de la culture et de la langue perse. Il devient alors interprète. “J’ai traduit tout ce que nous arrivions à trouver”, explique le major.

Il décide alors de prolonger son service et a suivi la formation des officiers. Il y a dix ans, il a commencé à enseigner aux nouveaux soldats le perse car la demande de ce type de soldats était plus grande que l’offre. Avec son savoir, il a créé une formation proposée aujourd’hui aux soldats en service obligatoire et réserviste. Il a ensuite été assigné à différents postes de la formation des officiers des Renseignements.

“Pour quelqu’un né en Iran, qui a fait son alya et dont le principal rôle est de former des officiers qui continuent parfois dans le même domaine, c’est une grande sensation de fierté”, explique M. Il est aujourd’hui toujours soldat et occupe la position de vice-commandant d’un groupe des Renseignements dont l’identité ne peut être révélée.

UNE EXPÉRIENCE QUI L’A MARQUÉ À VIE

La dernière expérience forte de son service a été un voyage en Pologne dans les camps de concentration, dans le cadre de l’armée. “En Iran, la Shoah n’est pas enseignée et même en Israël, enfant et avec les difficultés d’intégration, c’était une cérémonie que l’on rendait une fois par ans. Je suis donc arrivé en Pologne et tout d’un coup, j’ai été frappé par les horreurs qu’a dû endurer le peuple juif. Regardant vers le passé, le pays dont je viens qui nie l’existence de la Shoah, cela donne un sens nouveau au service militaire. Cela te remotive. J’ai eu l’impression de m’engager à nouveau dans l’armée. Cela te fait comprendre l’importance de ta présence ici et maintenant”.

www.tsahal.fr

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