Article de l’agence de presse marocaine MAP publié sur International Maroc le 14 février 2014

Le documentaire ”Juifs marocains: Destins contrariés ?” du réalisateur, producteur et scénariste marocain  Youness Laghrari, consacré aux juifs marocains, jetant un éclairage sur leur histoire, les raisons de leur émigration, a été projeté, mardi soir au centre culturel de l’ambassade du Maroc à Berlin, dans le cadre d’une manifestation culturelle célébrant la culture juive marocaine.

Plusieurs juifs marocains qui ont émigré vers la France ou Israël ou qui sont restés au Maroc, de nombreux historiens, dont les témoignages ont été recueillis par le réalisateur du documentaire, mettent l’accent sur leur fort attachement à leur origine marocaine, à leurs racines marocaines et leur volonté de préserver la culture de leur pays imprégnant le mode de vie des marocains (meubles, costumes, musique).

Les témoignages ponctuant le documentaire, projeté en avant-première et qui s’appuie sur une sélection d’événements historiques liés à l’exode des juifs, démontrent que la coexistence entre musulmans et juifs marocains était exemplaires, se caractérisant par un partage des faits de la vie quotidienne (fêtes, afflictions, échange de visites et pratique du commerce empreinte d’une confiance mutuelle).

Les témoignages de juifs marocains toujours attachés à la mère patrie, prouvent qu’un grand nombre d’entre eux résidant à Israël n’hésitent pas à se rapprocher des Palestiniens, usant de ce recours pour revisiter leur culture d’origine, converser dans la langue arabe tout en écoutant souvent des chansons marocaines.

Le témoignage d’un juif marocain, qui interprète la chanson “Yak a jarhi” de la chanteuse marocaine Naïma Samih en s’accompagnant au luth, illustre le lien entre les juifs marocains et la culture de leur pays d’origine, signifiant que le Maroc demeure présent dans la mémoire des juifs quel que soit leur lieu de résidence et qu’ils se considèrent comme immigrés à l’instar des autres ressortissants marocains.

L’aggravation du conflit israélo-arabe a eu un impact sur la vie de la communauté juive au Maroc, plusieurs juifs marocains ayant décidé d’émigrer vers Israël, la France, le Canada, relèvent d’autres témoignages, notant que les juifs marocains n’ont pas oublié la position courageuse de feu SM Mohammed V à l’égard des juifs en s’opposant à l’application des lois de Vichy qui, lorsque la France était sous occupation allemande, son gouvernement ayant adopté une législation anti-juive ouvrant la voie à la déportation des juifs vers les camps d’extermination en Allemagne et en Pologne.

Les témoignages, notamment du ministre israélien de l’environnement, Amir Peretz, de feu Simon Levy, ancien secrétaire général de la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, de Driss Khrouz, directeur de la bibliothèque nationale du Royaume du Maroc rendent, aussi, hommage à la mémoire de feu Hassan II qui avait préconisé que l’exode des juifs marocains soit pris en charge par une organisation humanitaire.

Evoquant les raisons qui ont motivé sa décision de réaliser le documentaire, M. Youness Laghrari a précisé à la MAP que lors de sa visite à la région de Taznakht, son attention a été attirée par l’existence d’un cimetière juif bien entretenu et qu’il a appris que des juifs marocains ont vécu dans la région en parfaite harmonie avec les musulmans jusqu’en 1961. Aussi, a-t-il décidé d’approfondir la recherche sur une période de l’histoire du Maroc, a-t-il expliqué, indiquant que la réalisation du documentaire a nécessité trois années pour recueillir les témoignages des juifs marocains et s’informer sur des vérités historiques.

De son côté, Jean Levy, fils de feu Simon Levy qui a livré son témoignage quelques mois avant son décès, a estimé que l’initiative est née du grand intérêt porté, aujourd’hui plus que jamais, à un volet de la culture et de l’histoire du Maroc. (MAP)

Accueil

Laisser un commentaire