La fête de Chavou’ot tombe cette année (5774) – avec l’aide d’Hachem – mercredi 6 Sivan. Apprenons dès à présent l’historique de la transmission de la Torah.
Toutes les Mitsvot ont été données à Moshé Rabbénou au Mont Sinaï, accompagnées de leurs explications, comme il est dit : « je te donnerai les Tables de pierre, ainsi que la Torah et la Mitsva… » (Shemot 24), et le Zohar Hakadosh commente : « La Torah », c’est la Torah Ecrite (les 5 Livres de la Torah) ; « La Mitsva », c’est la Mishna, qui est la Torah orale.
C’est également le sens de la Bénédiction que nous récitons après être monté à la Torah : « Asher natan Lanou Ete Torato Torat Emete, Veh’ayé ‘Olam Nata’ Betoh’énou… » (« …qui nous a donné Sa Torah, une Torah de vérité, et qui a implanté en nous une vie éternelle… »), « Une Torah de vérité », c’est la Torah Ecrite ; « et « qui a implanté en nous une vie éternelle… », C’est la Torah orale. (Voir Shoul’han ‘Arou’h O.’H chap.139)
Il est rapporté dans le Midrach (Yalkout Shim’oni Parashat Vayeleh’, allusion 945) :
Moshé Rabbénou a écrit toute la Torah – dans son intégralité – de sa propre main juste avant sa mort, et a donné un Sefer Torah à chaque tribu.
Par contre la « Mitsva » – que l’on a défini plus haut comme étant la Torah orale, qui est l’explication de la Torah Ecrite – Moshé Rabbénou ne l’a pas mise par écrit, mais l’enseigna aux Anciens et à Yéhoshoua’ Bin Noun – son disciple – ainsi qu’au reste d’Israël.
C’est pour cela qu’elle se nomme « Torah orale ».
Et même si Moshé Rabbénou ne mis pas la Torah orale, par écrit, il l’enseigna dans son intégralité à son Beth Din – les 70 Anciens (c’est-à-dire, des Sages) –, ainsi qu’à Yéhoshoua’ Bin Noun, son disciple.
De nombreux Anciens ont reçu la Torah orale de la bouche de Yéhoshoua Bin Noun.
Du temps des Juges d’Israël, les Anciens de chaque génération reçurent la Torah de leurs maîtres, et la transmirent à leur tour à leurs disciples, jusqu’à l’époque du prophète Chémouel (en l’an 2700, ou en 1060 avant l’ère vulgaire) qui fut le 1er des Prophètes d’Israël. Chémouel reçu la Torah de la bouche des Anciens, et la transmis à son tour à ses élèves – les Prophètes – qui la transmirent eux aussi à leur tour – de génération en génération – jusqu’à ‘Ezra le Scribe, qui reçu la Torah orale de la bouche des derniers Prophètes (H’agaï, Zeh’arya et Mal’ah’i).
Les membres du Beth Din d’‘Ezra, se nomment « les Membres de la Grande Assemblée » (Anché Kenésset Haguédola), dont le dernier fut Chim’on Ha Tsaddik (en l’an 3580, ou en 180 avant l’ère vulgaire).
Shim’on Ha Tsaddik reçu la Torah orale de tous les Membres de la Grande Assemblée, et c’est de sa bouche que ses disciples et les disciples de ses disciples reçurent la Torah orale, durant 6 générations, jusqu’à Hillel et Chamaï (en l’an 3820, ou en 60 de l’ère vulgaire).
Hillel et Chamaï, leurs disciples, ainsi que les disciples de leurs disciples – durant 6 générations, jusqu’à Rabbi Yéhouda Ha Nassi – sont les Sages d’Israël que l’on appelle les « Tanaïm ». C’est Rabbi Yéhouda Ha Nassi – que nous appelons aussi Rabbénou Ha Kadoch – qui conclut la rédaction de la Michna (en l’an 3940, ou en 180 de l’ère vulgiaire).
Depuis l’époque de Moshé Rabbénou, jusqu’à Rabbénou Ha Kadoch, on ne mis jamais par écrit les enseignements de la Torah orale, pour les enseigner en publique, mais seulement, le Roch Beth Din (le chef du Beth Din) de chaque génération, ou le Prophète de la génération, écrivait pour lui-même – afin de s’en rappeler – les idées initiales des enseignements qu’il avait reçu lui-même de ses maîtres, et il les enseignait oralement. De même, chacun notait pour lui-même ce qu’il avait reçu de ses maîtres, et enseignait à d’autres personnes – oralement – aussi bien les enseignements qu’il avait reçu de ses maîtres, que les enseignements qu’ils avaient eux même innovés sans les avoir entendu de leurs maîtres, mais uniquement au moyen des 13 techniques d’analyse avec lesquelles la Torah est étudiée. Par exemple, au moyen de la Guézéra Chava (la mise en parallèle de 2 versets qui ont un mot en commun), ou bien ce que nous disons dans la Haggada de Pessa’h :
Rabbi El’azar Ben ‘Azarya dit : « Je suis comme un vieillard de 70 ans, et je n’ai pas encore mérité d’entendre un enseignement prouvant que la sortie d’Egypte doit être mentionnée (en lisant le 3ème paragraphe du Chéma’ de ‘Arvit), jusqu’à ce que Ben Zoma fasse l’analyse du verset… »
Ce qui veut dire qu’il n’avait pas d’enseignement qui leur avait été transmis par leurs maîtres, et dans lequel on pouvait apprendre qu’il fallait mentionner le 3ème paragraphe du Chema’ dans le Chema’ de Arvit, et les Sages d’Israël étaient partagés sur cette question. Jusqu’à ce que Ben Zoma fasse l’analyse d’un verset et que les Sages d’Israël acceptent ses propos, car sur l’analyse en elle-même, il n’y a avait pas de divergence, puisque les 13 techniques d’analyse avec lesquelles la Torah est étudiée, ont été acceptés explicitement depuis Moshé Rabbénou, génération après génération.
C’est ainsi que la Torah orale traversa toutes les générations, de façon constante, jusqu’à Rabbénou Ha Kadoch qui rassembla toutes les lois ainsi que toutes les explications et les commentaires que l’on avait entendu depuis Moshé Rabbénou, et que ses disciples et les disciples de ses disciples avaient transmis à chaque génération.
Rabbénou Ha Kadoch rédigea la Michna, et l’enseigna à d’autres Sages en public, jusqu’à ce qu’elle se propage dans tout Israël.
Qu’est ce qui motiva Rabbénou Ha Kadoch à agir ainsi ? Pourquoi ne laissa t-il pas la Torah orale dans l’état où elle était ?
Parce qu’il constata que les disciples se faisaient rares, que les persécutions se renouvelaient sans cesse sur Israël, que l’empire Romain s’étendait sur le monde entier en devenant très puissant, et que le peuple d’Israël se dispersait jusqu’aux extrémités du monde.
C’est pourquoi, il rédigea un ouvrage dans lequel les gens apprendront, et ainsi, la Torah ne sera pas oubliée d’Israël.
Bien qu’il était normalement interdit de mettre par écrit, la Torah orale (comme nous l’apprenons dans la Guémara Guittin 60b), Rabbénou Ha Kadoch leva cet interdit parce qu’il estima que le moment était un moment d’urgence et qu’il fallait agir pour Hachem, afin que la Torah ne soit pas oubliée d’Israël.
Rabbénou Ha Kadoch se consacra toute sa vie – lui et les membres de son Beth Din – à enseigner la Torah en public.
Parmi les grands sages de son Beth Din, nous trouvons Rabbi H’iya, Rabbi Hosha’ya, Rav et Chemouel, et Rabbi Yoh’anan.
Rav rédigea le Sifra et le Sifri, dans le but d’éclaircir et de faire connaître les principes de chaque Michna, ainsi que son origine.
Rabbi H’iya rédigea la Tossefta, dans le but d’expliquer les sujets de chaque Michna.
Rabbi Hosha’ya rédigea les Béraïtot qui expliquent également les propos de la Michna.
Les sages qui se levèrent après Rabbénou Ha Kadoch – aussi bien ceux d’Israël, durant 4 générations (environ 150 ans), que ceux de Babylone, durant 7 générations (environ 300 ans) – sont appelés les Amoraïm, qui sont les Sages de la Guémara (le Talmud).
Parmi les premiers Amoraïm d’Israël, nous trouvons Rabbi Yoh’anan et Rabbi Shim’on Ben Lakich (Rèch Lakich), grâce auxquels 3 générations reçurent la Torah, jusqu’à l’achèvement du Talmud Yéroushalmi (le Talmud de Jérusalem), qui eu lieu environ 300 ans après la Destruction du 2ème Temple de Jérusalem.
En parallèle, nous trouvons à Babylone, Rav et Chémouel grâce auxquels 6 générations reçurent la Torah, jusqu’à Rav Ashi et Ravina, avec lesquels s’achève la rédaction du Talmud de Babylone, environ 400 ans après la Destruction du 2ème Temple de Jérusalem.
Si l’on remonte de Rav Achi (qui est le dernier des Amoraïm) jusqu’à Moshé Rabbénou, nous ne trouvons pas moins de 40 générations qui ont toutes acceptées la Torah orale, l’une après l’autre, durant environ 1700 ans. Or, Moshé Rabbénou lui, a reçu la Torah de la Bouche d’Hachem. Ce qui revient à dire que toutes ces générations l’ont reçu eux aussi de la Bouche d’Hachem.
Toute la Torah orale a été donnée de la Main d’Hachem, par Moshé Rabbénou.
Sur cette Torah orale, nos maîtres ont ajoutés certaines institutions et barrières, afin de ne pas arriver à transgresser les paroles de la Torah.
Ils ont également ordonnés certaines Mitsvot, comme on l’expliquera plus tard.
Le tout fait partie de la Torah orale (comme la Guémara Yoma 28a l’explique en disant qu’Avraham Avinou a accomplie même le ‘Erouv Tavshilin, comme il est dit : « … et mes Torot », la Torah Ecrite et la Torah orale).
La Guémara a pour vocation d’expliquer les passages de la Mishna qui nécessitent une clarification, et d’expliquer également d’autres lois innovées par chaque Beth Din, depuis Moshé Rabbénou. De même, elle sert aussi à expliquer les traditions et les institutions des Sages de chaque génération, parmi les choses qui n’ont pas été données à Moshé Rabbénou au Mont Sinaï.
Tout les juifs ont acceptés et se sont engagés – eux, ainsi que leur descendance après eux – à ne jamais dévier des enseignements de la Guémara.
Il ne s’agit pas ici de différence de rites ou de coutumes, mais uniquement d’un engagement collectif à suivre les décisions et les enseignements de la Guémara.
Aussi bien pour ce qui est des Mitsvot de la Torah – comme par exemple, ce que nous enseignent nos Sages sur les 4 espèces de Soukkot, en nous disant que le « Péri ‘Ets Hadar » dont il est question dans la Torah, est l’Etrog – aussi bien pour ce qui est des Mitsvot Dérabbanann (instaurées par nos maîtres) – comme la Mitsva d’allumer la H’anoukya ou le ‘Erouv tavshilin ou autre …
Dans la période qui suit l’achèvement de la rédaction du Talmud, les Sages d’Israël se nomment les Saboraïm, qui insérèrent dans le Talmud, des explications concises, ainsi que des décisions sur des lois pratiques. La période des Saboraïm s’étend sur environ 115 ans.
Les Sages qui se levèrent ensuite furent les Guéonim, durant environ 400 ans.
Parmi eux, nous trouvons Rav Sa’adya Gaon, Rav Nétrounaï Gaon, Rav Haï Gaon, Rav Ah’aï Gaon et d’autres …
Ce sont eux qui ont maintenus la Torah à Babylone, comme en Israël, et certains parmi eux occupèrent le poste de Rosh Yéshiva, et diffusèrent la Torah publiquement.
Ensuite, le peuple d’Israël se dispersa à travers le monde, et d’autres Sages se levèrent après les Guéonim.
Ces Sages sont les Rishonim qui ont vécus à l’époque médiévale.
Parmi eux, nous trouvons le RIF ou Rabbi Its’hak El Fassi, Rashi ou Rabbi Chélomo Itsh’aki, et jusqu’aux derniers d’entre eux, comme le Rann ou Rabbénou Nissim, le Rashbets ou Rabbenou Shim’on Bar Tsema’h, ainsi que les autres Sages d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Pologne, ou d’autres pays.
Ces Rishonim rédigèrent des livres de Shou’t ou Sheelot OuTeshouvot (Responsa) à partir des problèmes Halah’ique qui leur étaient soumis, et ont commentés également les enseignements du Talmud. Ils ont aussi rédigés des ouvrages de morale, de discours rabbiniques (Daroush) et de Kabbala (mystique).
Les Sages qui se levèrent après eux, sont les Ah’aronim.
Parmi eux, nous trouvons MARAN ou Rabbi Yossef KARO (l’auteur du Beth Yossef et du Choulh’an ‘Arouh’), ainsi que ses compagnons d’étude ; notre maître le H’YDA ou Rabbénou H’aïm Yossef David AZOULAÏ ; Rabbénou Yossef H’AÏM de Bagdad (l’auteur du Ben Ich ‘Haï), jusqu’aux décisionnaires contemporains.
Tout les juifs sont tenus de marcher selon les décisions de ces Sages, selon leurs institutions et usages, dans les lieux où ils résident, et en conformité avec les principes fondamentaux de la décision Halah’ique, transmis aux Sages d’Israël – comme par exemple le fait que nous allons d’après la majorité des décisionnaires lorsqu’il y a divergence d’opinion, ou autre…
C’est pour cette raison que les traditions d’Israël – lorsqu’il ne s’agit pas de principes de la Torah – diffèrent d’un pays à l’autre, car nos maîtres de ces différents pays – après l’achèvement de la rédaction du Talmud – ont opposés leurs opinions sur tout ce qui n’était pas explicité dans le Talmud.
Tous ces Sages ont maîtrisés les chemins de la Guémara, et ont mis à la lumière toutes ses complexités et ses sujets, car les chemins du Talmud sont très profonds, et l’homme doit véritablement souffrir sous la tente de la Torah durant toute sa vie, pour arriver à mériter d’innover dans la Torah, à en expliquer ses secrets, pour extraire une loi des paroles du Talmud, ainsi que des enseignements des Sages qui l’ont précédés, tel que l’ordonne Hachem.
http://www.halachayomit.co.il/

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