Un amendement de la loi Sapin II a été adopté pour compléter l’interdiction des publicités en ligne de sites de trading.

Trading en ligne et sport ne font pas bon ménage. C’est en tout cas l’avis de l’Assemblée nationale : certains députés, réunis en commission des Finances, ont adopté un amendement à la loi Sapin II visant à interdire aux sites de trading en ligne de sponsoriser des clubs de football français. Avec en ligne de mire des contrats entre des plate-formes et des clubs figurant parmi les meilleurs de la Ligue 1, dont le PSG et l’AS Monaco. Si l’amendement a été adopté, la loi doit encore être votée .

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Dans le détail, le texte prévoit « l’interdiction des opérations de parrainage et de sponsoring qui visent à promouvoir des produits financiers hautement risqués […] L’exposition médiatique que le parrainage permet est considérable, et il serait vain d’interdire les publicités transmises par voie électronique sans interdire également le sponsoring promouvant les mêmes produits risqués. »
90% des spéculateurs du dimanche perde de l’argent

L’amendement fait référence à une partie du loi Sapin II qui veut plus globalement s’attaquer aux dérives sur le marché du trading de devises. Selon le texte, les publicités vantant les mérites de produits toxiques sur des sites de trading pourraient être frappées d’interdiction. Le but de la mesure étant de protéger les épargnants. En effet, le Parquet de Paris évalue l’ensemble des escroqueries financières à 4,5 milliards d’euros sur six ans. Et l’Autorité des marchés financiers, le gendarme boursier, assure que 90 % des personnes s’adonnant à de telles pratiques perdent de l’argent .

Cette partie du projet de loi cible les publicités par voie électronique, mais l’un des rapporteurs du texte Romain Colas (PS) juge nécessaire de compléter la mesure par une interdiction du sponsoring. En sponsorisant de grandes équipes de foot, des plate-formes opérant sur le Forex se sont assurées « une visibilité massive » auprès de particuliers d’autant plus vulnérables qu’ils étaient attirés par le logo de leurs clubs préférés, a-t-il expliqué.

Cinq contrats sont en cours entre des clubs de football français du haut du tableau (Paris Saint-Germain, Monaco, Saint-Etienne, Lyon et Nice), et ces sites. Ceux-ci sont souvent autorisés en France car ils se sont immatriculés dans un autre pays de l’Union européenne, à Chypre, où les règles de protection des consommateurs sont moins strictes. Deux d’entre eux ont néanmoins écopé d’amendes infligées par la Cysec, le gendarme boursier locale. Il s’agit d’EZ Trader qui sponsorise l’AS Monaco et de 24Option qui travaille avec l’Olympique lyonnais.

Les Echos avec AFP

 

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